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  • Damien CAREME

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Nous devons nous retrouver

Posté par toulouse2008 le 20 septembre 2008

Présentation contribution « Besoin de Gauche » 

Fédération du Nord du Parti socialiste – Lille 04/09/08 

 Par Damien CAREME

La dernière élection présidentielle fut, pour le Parti Socialiste, beaucoup plus qu’une défaite électorale. Elle fut, d’abord et avant tout, une défaite idéologique : tout au long de la campagne, le candidat de droite multiplia les emprunts au socle idéologique traditionnel de la gauche et prétendit incarner la réforme alors que nous en garantirions au mieux, le conservatisme.  Et comme si cela ne suffisait pas, il y eu deux pertes de crédibilité supplémentaires après l’élection :        

  - Quand notre candidate déclara qu’elle ne croyait pas elle-même au projet qu’elle défendait dans la campagne.       

   - Puis, la mode récente, qui vise à démolir telle ou telle part de notre identité quand on veut se faire un nom. 

Mais cela faisait aussi suite à deux congrès, celui de Dijon en 2003 et à celui du Mans en 2005 où le parti n’a pas su écrire de ligne idéologique forte.  Le parti socialiste, comme embourbé dans ces querelles internes, est aujourd’hui compétemment aphone pour les millions de françaises et de français qui souffrent de plus en plus, dans notre pays où Sarkozy, sans opposition forte et crédible, démantèle toutes les protections et avancées sociales acquises durant les 50 dernières années.  Inutile donc d’insister sur notre actuel désarroi idéologique à cette situation, notre congrès de Reims, doit avoir pour premier objectif de poser les bases d’un nouveau socle idéologique pour la gauche.  

Celui-ci ne peut se résumer à la reconnaissance du marché au moment où la crise financière internationale démontre ses limites et où ceux qui, il y a peu, exigeaient la plus grande libéralisation possible, réclament aujourd’hui avec autant de force l’introduction de l’Etat pour limiter la casse.  Il ne peut pas plus se résigner au capitalisme total dont les habituels défenseurs reconnaissent aujourd’hui qu’il « marche sur la tête ».  Notre congrès devra donc donner un contenu concret à la perspective d’une économie sociale et écologique de marché dont nous avons fait notre horizon dans notre nouvelle déclaration de principe.  Cette nécessité implique plusieurs pistes de travail :  Tout d’abord, réaliser l’intégration des préoccupations écologiques à notre programme et penser, dès à présent, les contours d’une société sans pétrole à moyen terme.  Ensuite, il nous faut définir notre périmètre de la réforme, c’est-à-dire les axes sur lesquels les socialistes doivent retrouver le flambeau de la réforme, pour permettre l’émergence d’un nouveau modèle social, compatible avec l’écologie et la réalité des finances publiques. 

Parmi ces axes figurent :  

 - le travail : sa valorisation, sa rémunération 

- la protection sociale 

- l’efficacité de la machine publique 

- l’éducation partout 

- les moyens de la cohésion territoriale 

Enfin, il faut proposer une nouvelle lecture de la Mondialisation : l’émergence de nouvelles puissances industrielles et de plus en plus financières, les difficultés du multi-libéralisme, les nouvelles tentations protectionnistes aux Etats-Unis et l’explosion des coûts logistiques, impliquent de réinterroger les coûts de la libéralisation des échanges mondiaux, les stratégies de localisation et de relocalisation des firmes et de sortir du tout ou rien dans laquelle nous sommes depuis longtemps vis-à-vis de la mondialisation. 

Pleinement européens pour les politiques qui doivent renforcer les régulations du commerce mondial et renforcer les structures de notre offre industrielle, nous devrons définir le cadre financier et institutionnel qui musclera notre appareil de PME/PMI, développera toutes les coopérations industrie- recherche et encouragera la création d’entreprises innovantes.  Dans cette compétition mondialisée qui risque de durer, la puissance de l’appareil éducatif primaire–universitaire, et la force de notre recherche publique, sont des avantages comparatifs qu’il faut consolider. 

Notre analyse de la mondialisation doit aussi intégrer la nécessité de puissantes politiques correctrices des aberrations de la mondialisation libérale qui ont entraîné pauvreté, pandémies, conflits et guerres pour les ressources naturelles et l’énergie. Cela doit être fait au niveau européen.  Intégration entière des préoccupations écologiques, plateforme réformatrice véritable, nouvelle approche de la mondialisation : si notre congrès doit traiter de ces questions il ne saurait, en quelques mois, prétendre que nous disposerons dès à présent des réponses complètes et définitives.  Bien au contraire, à partir d’éléments de cadrage idéologique, nous devrons avoir pour volonté de dessiner un programme de travail de 24 mois pour le parti, afin d’élaborer nos positions pour le débat avec la société, par un véritable effort de réflexion et en analysant sérieusement les plateformes des autres partis de la sociale démocratie européenne. 

 C’est là que nous voulons que le parti Socialiste devienne le nouveau Parti de toute la Gauche  Depuis 1962, chaque élection présidentielle est un échec pour le Parti socialiste. Battu sept fois sur neuf, il ne doit qu’à François Mitterrand d’avoir emporté une élection qui semble avoir été conçue pour lui échapper.  Il n’y a là aucun hasard, bien au contraire. Tel qu’il est organisé, notre parti est incompatible avec la logique de l’élection présidentielle. La personnalisation de l’enjeu et la pipolisation envahissante du débat sont d’autant plus éloignées des traditions de notre parti que celui-ci, parlementaire de culture, s’est construit contre la logique présidentielle de la Ve République.  Voila pourquoi s’en tenir à la simple rénovation du Parti socialiste, pourtant revendiquée à l’unisson, c’est consolider la machine à perdre. Car la seule rénovation de la plateforme programmatique et la redéfinition d’une ligne politique claire seront vaines tant que n’aura pas été tranchée la question de l’adaptation même du Parti socialiste à la Ve République présidentielle, tant, au moins, que nous n’aurons pas instauré la 6e République. Pour avoir une chance de remporter une élection présidentielle, le Parti socialiste devra donc repenser son rôle et adapter son fonctionnement à cette réalité. Dans les débats préparatoires au congrès, le parti semble hésiter entre deux voies. Certains proposent que le parti se soumette entièrement à la logique présidentielle et qu’il se réorganise pour faciliter l’émergence puis le travail du chef élu. 

La vie entière du parti serait donc repensée autour de ce seul objectif : le chef du parti serait nécessairement le futur candidat à l’élection présidentielle; le mode de scrutin majoritaire en interne remplacerait l’actuelle proportionnelle afin de donner au 1er Secrétaire les moyens de diriger comme il l’entend le parti. Nous ne partageons pas cette vision. Contraire à la tradition de débats qui est celle du parti, elle conduit à recopier les dysfonctionnements d’une Vème République ultra autoritaire et à les appliquer à notre propre fonctionnement, sacrifiant au passage au culte du chef que nous dénonçons en tout point. Ce faisant, le Parti socialiste serait privé de toute perspective stratégique d’élargissement crédible : l’intégration de militants et d’identités nouvelles (écologistes, gauche sociale …) serait rendue impossible dans les faits par la mise en place du soutien majoritaire qui empêcherait nécessairement tout apport idéologique nouveau. L’autre voie, celle que nous proposons, vise à bâtir un nouveau Parti Socialiste qui, tout en intégrant pleinement la logique de l’élection présidentielle, refuse d’y soumettre nos fonctionnements internes. Pour cela, nous entendons confier à des élections primaires à la française qu’il faut inventer, c’est-à-dire rassemblant largement tous les électeurs de gauche et écologistes qui voudront participer à cette désignation, la désignation du candidat à l’élection présidentielle. 

Organisée 12 mois avant l’élection, cette désignation « populaire », outre la dynamique qu’elle créera, libèrera le Parti socialiste des combats sclérosants de l’investiture.  Ces primaires seront le levier, l’outil, pour construire le parti de toutes les gauches, celui qui rassemblera et convaincra les électeurs qui se laissent aujourd’hui circonvenir par le chant des sirènes de Besancenot qui ne mènent à rien et celles de Bayrou qui mènent à droite.  Pour cela, il devra faire ce qu’il a compétemment négliger depuis des année, il devra se doter d’outils pour s’ancrer davantage dans la société par l’organisation de ses relais et le développement de ses liens avec le monde de la recherche, de l’économie, du milieu associatif et syndical et dans les services publics et par la réappropriation de la coordination directe de ses élus locaux. 

Il devra travailler à penser les évolutions de la société à moyen terme en créant un outil de réflexion ambitieux  ou encore développer des services pour sa base sociale. C’est pourquoi nous proposons l’organisation de 7 grandes conventions dans le cadre d’ateliers de l’alternative ouverts à nos partenaires et à la société civile. Elles devront impliquer les militants et déboucher sur des orientations claires  et des réponses concrètes aux problèmes des Français. Elles porteront sur plusieurs points : -    imaginer un modèle de croissance qui tienne pleinement compte de la nouvelle donne écologique -    placer au cœur de notre politique, la qualité de vie de l’homme au travail -    développer un nouveau modèle d’Etat social -    promouvoir une démocratie renouvelée -    garantir la liberté de choix du destin individuel -    construire une Europe unifiée et puissante -    et enfin, mette la France au service d’un monde moins déséquilibré. Reprécisant aussi en profondeur son rôle et ses moyens d’actions, le Parti  Socialiste pourra engager  un renouveau militant et devenir durablement le pôle qui tirera l’ensemble de la gauche vers les succès, s’élargir progressivement pour devenir le parti de toute la gauche et rester ainsi la pépinière d’où émergera le futur candidat. Dans tous les cas, ce travail à engager dépasse de beaucoup la rénovation et s’apparente beaucoup plus à une refondation. Par manque de courage de se transformer, ou en réduisant le changement à la seule émergence d’un chef, notre parti encourt le risque d’être durablement réduit à analyser les causes de ses défaites électorales nationales successives. Pour rompre avec ce cycle de l’échec et incarner l’esprit de réforme dans la société nous voulons d’abord nous l’appliquer à nous-mêmes.

 Vous comprendrez, Mes Chers Camarades, que dans ce contexte, et ce sera ma conclusion, les débats actuels du Parti socialiste peuvent nous paraître, parfois, bien dérisoires.    Les batailles rangées d’écuries présidentielles, même lorsqu’il n’y a pas d’élection présidentielle, sont en train d’achever le Parti socialiste.    Les Français n’attendent pas du Parti socialiste de connaître quatre ans à l’avance le nom du candidat battu à l’élection présidentielle de 2012.   Les Français veulent connaître nos propositions, nos orientations, notre vision, pour convaincre et donc pour gagner !    Le Parti socialiste doit donc sortir de cette immobilité. Notre responsabilité est immense. Des millions de femmes et d’hommes attendent et espèrent que le projet de société que nous porterons soit à la hauteur des enjeux et permette de définir le socialisme du 21ème siècle. Travaillons dès lors, tous ensemble, à cela. Alors Martine, en ce qui nous concerne, nous ne nous posons plus la question. 

Nous l’affirmons : nous devons nous retrouver… 

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