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  • Damien CAREME

    Damien CAREME

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UN PREALABLE: DES PRIMAIRES

Posté par toulouse2008 le 26 août 2008

 

Un préalable : des primaires

En faisant un double choix ; désignation par une primaire organisée et large

ouverture de notre réflexion sur la société ; nous nous donnerons enfin des

chances de réussir notre rénovation en réinventant un parti qui se battra pour

ses convictions. À cette condition seulement, nous aurons des chances de

gagner une élection présidentielle.

Premiers signataires :

Thierry MANDON (91), Maire de Ris-Orangis, Président délégué CG91, CN

Arnaud MONTEBOURG (71), Député, Président CG71, BN

Christian PAUL (58), Député, 1er VP CR, CN

Flora LABOURIER (91), MJS, CN

Eric LOISELET (52),1er fédéral, CN

epuis 1962, chaque élection présidentielle est, pour

nous, un échec. Battus sept fois sur neuf, nous ne

devons qu’à François Mitterrand d’avoir remporté une

élection qui a été conçue pour nous échapper. Ces

échecs ne sont pas liés au hasard, bien au contraire. Tel qu’il est

organisé, notre parti est incompatible avec la logique de l’élection

présidentielle. La personnalisation de l’enjeu présidentiel – sans

même parler de sa dérive « pipolisante » – est d’autant plus

éloignée des traditions de notre parti que celui-ci, parlementaire de

culture, s’est construit il y a plus de 30 ans contre la logique

présidentielle de la Ve République.

Adapter notre parti aux réalités institutionnelles et politiques de la

Ve République doit être notre principal objectif de congrès. Car tout

en découlera : la remise au travail collectif, l’adoption d’une

plateforme programmatique ancrée dans le réel sur fond de

convergence idéologique entre nous, la sélection dynamique de

notre candidat, et finalement, la possibilité d’envisager de gagner

une élection présidentielle.

D

 

Incompatibles avec la Ve

République

mmense chantier tant notre organisation actuelle est en

contradiction avec les contraintes nées de l’élection du

président de la République au suffrage universel. Ainsi, nous

prétendons choisir librement notre candidat à l’élection

présidentielle sans pression de l’opinion, élaborer en nousmêmes

un projet de société et négocier des alliances avec les

partis partenaires du moment. Marqués par le modèle de la contre

société, nous croyons pouvoir bâtir entre nos murs notre

programme et préparer les responsables de l’alternance. Nous

fonctionnons comme au temps des partis politiques souverains de

la IIIe République parlementaire, étanches à la société pour ce qui

est du choix des dirigeants ou de la doctrine.

Cette culture du parti souverain est notre code génétique, elle nous

conduit à sublimer l’importance de nos enjeux internes et à

concevoir notre parti comme l’institionalisation de nos conflits :

représentation proportionnelle en interne de courants plus

soucieux de se disputer des parts de marché idéologiques que de

fédérer autour d’un projet commun, ce qui rappelle les modes de

cohabitation des sept sensibilités socialistes qui, en 1905,

constituèrent la Ire SFIO ; unité qui ne s’exprime que dans

l’opposition au pouvoir (et encore !), défiance à l’égard du candidat

investi, tenu à l’observation stricte de la ligne du parti. Avec de tels

fers aux pieds, le plus agile des candidats présidentiels est

condamné par avance : impossible unité, conflits

programmatiques et organisationnels récurrents entre le candidat,

le parti et ses sensibilités, difficulté à assumer collectivement un

projet courageux de gouvernement. Plusieurs échecs

présidentiels, et pas seulement le dernier, trouvent leur explication

dans ces maux.

I

 

Fatalité des échecs

vec une organisation inchangée, cette fatalité de l’échec,

née de la contradiction entre logique présidentielle des

institutions et tradition parlementaire de notre parti, se

reproduira. Elle condamne par avance celles ou ceux

d’entre nous qui souhaitent être candidat à l’élection, leur

investiture par le parti découlant de stratégies impossibles.

Soit, pour s’imposer, ils décident de s’engager tête baissée

dans les délices de nos luttes internes, contribuant à fractionner un

peu plus un parti qui n’en a pas besoin. Maximisant leurs

différences avec leurs concurrents au prix d’inconfortables

contorsions, ou, au contraire, préférant émasculer le projet de

réforme qu’ils peuvent incarner pour se revendiquer de la fidélité

aux dogmes, ils sont assurés de perdre deux fois : en audience

dans le parti puisqu’ils se sont singularisés, et en crédit dans

l’opinion publique du fait de leur préférence pour nos combats

singuliers.

Soit, au contraire, pour émerger nos candidats délaissent les

luttes de congrès pour prendre appui sur l’opinion publique et

faciliter ainsi leur investiture. Mais, sitôt désignés, ils sont

confrontés à un impossible dilemme : faire campagne en

acceptant d’être « sous contrôle » du parti, c’est se renier donc

perdre. S’y refuser c’est ne pouvoir faire campagne. Donc perdre.

Nous avons vécu tous ces cas de figure.

Cette fatalité de l’échec n’est pas une vue de l’esprit. C’est notre

réalité d’aujourd’hui. Nous sommes devenus la plus formidable

machine à désigner un candidat qui est condamné par avance, la

plus belle fabrique du perdant de la présidentielle. Notre culture

A

 

collective et notre fonctionnement nous rendent inaptes à agir dans

un système politique fondé sur le présidentialisme. Seul F.

Mitterrand, investi de fait avant même la création du parti socialiste,

a pu juguler cette contradiction, n’ayant jamais eu à demander

autre chose au parti que de ratifier une investiture « naturelle »

quelques fussent ses oppositions. Depuis, nos procédures

d’investiture paralysent notre capacité à élaborer une plateforme et

transforment notre candidat en éclopé.

En l’état, nous sommes « faits » pour les systèmes politiques

parlementaires. Pour avoir une chance de remporter une élection

présidentielle, nous devons donc repenser notre rôle et adapter

notre fonctionnement à cette réalité présidentielle.

Quelle stratégie pour s’adapter à la logique présidentielle :

Se soumettre ou se réformer

ans les débats préparatoires au congrès, deux voies

s’opposent :

Plusieurs proposent que le parti se soumette

entièrement à la logique présidentielle, qu’il se

réorganise pour faciliter l’émergence puis le travail du chef élu. La

vie entière du parti devrait donc être repensée autour de ce seul

objectif : se doter d’un leader. Dès lors, celui-ci naturellement chef

du parti serait nécessairement le futur candidat à l’élection

présidentielle (désignation du 1er secrétaire et investiture

présidentielle étant, de fait, un seul et même vote) ; sitôt désigné et

investi, ce 1er secrétaire devrait avoir tous les moyens pour diriger

le parti comme il l’entend. Les débats, la discipline, tout serait

second à la volonté de « notre président(e) » pour lui permettre de

devenir un jour celui du pays. Inéluctablement, le fait majoritaire,

s’imposerait peu à peu dans la direction du parti.

D

 

Nous ne partageons pas cette vision. Elle consiste à

présidentialiser le parti afin d’espérer y voir naître un président

pour le pays. Contraire à la tradition de débats qui est celle du parti,

elle conduit à recopier les dysfonctionnements d’une Vème

République autoritaire et à les appliquer à notre propre

fonctionnement, sacrifiant au passage au culte du chef que nous

dénonçons en tout point. Ce faisant, le Parti socialiste serait privé

de toute perspective stratégique d’élargissement crédible :

l’intégration d’identités nouvelles et de militants (écologistes,

gauche sociale…) serait rendue impossible dans les faits par la

mise en place du fait majoritaire autour du 1er

secrétaire/présidentiable qui empêcherait tout apport idéologique

nouveau. Nous aurions le présidentialisme et ses inconvénients,

rien que ses inconvénients. Plus d’ordre peut-être. Mais un

supplément d’ordre n’a jamais créé un supplément d’âme.

L’autre voie, celle que nous proposons, vise à rebâtir le Parti

socialiste, en intégrant pleinement la logique de l’élection

présidentielle, mais en refusant d’y soumettre nos

fonctionnements internes. S’y résoudre, sans se perdre.

Elle fait le pari que la force des débats qui s’engagent dans la

société, au moment de l’élection présidentielle, est un point

d’appui essentiel pour donner un souffle nouveau à nos idéaux et

repenser notre parti. Pour cela, nous entendons confier une

élection primaire organisée par le parti, rassemblant largement

tous les électeurs de gauche et écologistes qui voudront participer

à cette désignation (moyennant cotisation très modeste), la

désignation du candidat à l’élection présidentielle.

Organisée 12 mois avant l’élection, cette désignation

« populaire » (il faut viser un collège électoral de plusieurs millions

d’électeurs de gauche), outre la dynamique qu’elle créera, libèrera

 

le Parti socialiste des combats sclérosants de l’investiture.

Soulagé des incessantes querelles de positionnement tactique

entre écuries présidentielles, le parti pourra travailler plus

librement son programme et consacrer toute son énergie à la

rénovation afin de devenir le fer de lance idéologique et

programmatique du futur candidat. Pour cela, il devra se doter

d’outils pour s’ancrer davantage dans la société à partir d’une force

militante renouvelée (organisation de ses relais dans le monde

économique et les services publics ; réappropriation de la

coordination directe de ses élus locaux ; développement des liens

avec les acteurs associatifs) ; travailler à penser les évolutions de

la société à moyen terme en créant un outil de réflexion ambitieux ;

créer un outil d’évaluation et de généralisation des politiques

menées localement par nos élus ; développer des services pour

sa base sociale, voire aider à la constitution d’outils financiers

d’investissements sociaux lui permettant de prendre des

participations financières minoritaires pour contribuer à l’innovation

et l’expérimentation sociale (émergence de nouvelles formes

économiques, pluralisme dans les médias). À côté de ces

missions nouvelles, il continuera bien sûr à définir les orientations

et à investir les candidats pour les élections locales et législatives.

Reprécisant aussi en profondeur son rôle et ses moyens

d’actions, le Parti Socialiste pourra engager un renouveau militant

et devenir durablement le pôle qui tirera l’ensemble de la gauche

vers les succès, s’élargir progressivement pour devenir le parti de

toute la gauche et rester ainsi la pépinière d’où émergera le futur

candidat.

Disons-le clairement : dans sa forme actuelle, c’est la question

de l’utilité même du Parti socialiste que la succession des échecs

présidentiels oblige à affronter. Une formation politique créée il y a

plus d’un siècle, forte d’une histoire riche, de milliers d’élus locaux

 

et pivot indispensable d’une alternance politique, n’a pas à

craindre d’être sans objet.

Mais, par manque de courage de se transformer, ou en réduisant

le changement à la seule émergence d’un chef, elle encourt le

risque d’être durablement réduite à analyser les causes de ses

défaites électorales nationales successives et de se contenter

d’être une collection de puissances politiques locales. A défaut de

se transformer en prenant pleinement en compte le fait

présidentiel, notre parti est confronté aux risques de son propre

effacement.

Rompre avec ce cycle de l’échec, tel est l’enjeu de Reims. Notre

congrès doit décider l’organisation d’une élection primaire

organisée par le Parti et ouverte à tous les électeurs de gauche qui

voudraient s’y inscrire début 2011. D’ici là, il doit se concentrer sur

l’organisation de conventions ouvertes pour clarifier notre

plateforme programmatique en y associant largement les acteurs

intéressés dans la société et adapter sa gouvernance à cet effort

collectif.

En faisant ce double choix, désignation par une primaire

organisée, large ouverture de notre réflexion sur la société, nous

nous donnerons enfin des chances de réussir notre rénovation en

réinventant un parti qui se battra pour ses convictions. A cette

condition seulement, nous aurons des chances de gagner une

élection présidentielle.

Signataires :

Kheïra GENC (91 – Sec section, CF), Marc LEBRET (75, CF), Sandra

CHÉLÉLÉKIAN (75 – MA, Sec section), Philippe BAUMEL (71 – VP CR, CN), Maya

AKKARI (75 – MA), Dominique ANGONIN (71), Daniel AUDUC (71), Daniel

BARRIERE (92), Benjamin BAUDRY (44), Nathalie BELLITY (95), Albert BERNARD,

Vivien BERNARD (34), F. BERTERA (01), Jean-Marie BERTHOD (25), Pierre-Henry

BLANC (30), David BLONDEAU (71), Alexandre BORDERIES (75 – BN MJS), André

9

BOSTSARRON, Amina BOUDI (75), François BREE (27), Sylvain BROTHIER (75),

Damien CAREME (59), Olivier CAREMELLE (59), Damien CHARLET (25), Valérie

COURIER (75), Martine CUCCARONI (13), Christophe DERONNE (59), Damien

DESCHAMPS (91), Michèle DILLY (71), Martine DOUART (75), Emmanuel

DUMONT (25), Jérôme DURAIN (71), Anne-Eugénie FAURE (92), Jean-Paul

FAVRE (26), Laurence FLUTTAZ (71), Régina GARCINI (75), Guy GAUJACQ (40),

Christian GAUTIER (35), Stéphane GELIN (25), Florence GENESTIER (71), Jean

GIORGETTI (71), Grégory GOBRON (91 – CF), Paul GOOSSENS (75), Cyril

GUELLE (25),Guy HUCHET (71), Stéphane JURANICS (71), Pierre-Ambroise

LACOURT (25), Julien LAGALICE (25), Thierry LASSABATERE (75), Jean LAUNAY,

Pierre LAURENT (77), Christophe LAVIALLE (45), Franck LECETRE (75), Jean-

Yves LECONTE, Janus LELIEVRE (71), Philippe LEPAGE (75), Bruno LUCAS (46),

René MARTIN (71), Frank MONNEUR (25), Florence MORETTI (75), Marie-Claude

MOUSSEUX (75), Sylvain MULARD (95), Philippe NIVET (17), Elise OVARTBARATTE

(59), Martine PAGE (94), Jean-Marie PANAZOL (37), Jean-Jacques

PASCAL (75), Brigitte PASQUES (91), Daphna POZANANSKI, Christian RICHOMME

(91), Fabien ROUSSEL (95), Yasmin ROUXEL (75), Vivien SAULNIER (71), Alice

SEGGAB (91), Thierry SOTHER (68), Jean-Yves TONDOUX (71), Frédéric VILCOCQ

(47),…

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