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  • Damien CAREME

    Damien CAREME

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CONTRIBUTION SD/RM :BESOIN DE GAUCHE

Posté par toulouse2008 le 29 juin 2008

Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, les Français ont la gueule de bois.sdrm.jpg

On leur avait promis croissance et pouvoir d’achat : ils n’ont ni l’une, ni l’autre. Le

coût de la vie augmente, les rémunérations stagnent, la vie est plus dure. La

précarité, loin de reculer, s’étend, à mesure que la droite poursuit son entreprise de

casse du modèle social et du droit du travail. Aucune perspective d’amélioration ne

se fait jour, la défiance s’installe : l’indice de mesure du moral des ménages vient

même d’atteindre son plus bas niveau depuis sa création, en 1987.

Déçus par un pouvoir brouillon qui leur a menti, nos concitoyens nourrissent

de vives inquiétudes pour leur avenir et celui de leurs enfants, dans un contexte

international de ralentissement économique majeur et de crise écologique et

alimentaire sans précédent. Alors que chaque jour illustre les excès d’un capitalisme

déréglementé, notamment l’hypertrophie financière au profit d’une hyperclasse

mondiale qui s’enrichit à coup de stock-options et de parachutes dorés d’un montant

démesuré, la gauche peine à proposer, en Europe et dans le monde, une alternative

qui soit économiquement crédible et durable sur le plan environnemental,

socialement juste et électoralement viable.

« Où est la gauche ? », entend-on de toute part. « Que propose-t-elle ?

Réglerait-elle mieux que la droite les problèmes qui se posent ? »

La gauche française, alors qu’elle est devenue la championne des scrutins

locaux, vient pour la seconde fois de perdre les élections générales. Sa dernière

victoire à l’élection présidentielle remontera, en 2012, à près d’un quart de siècle.

Au-delà d’une alternative à l’UMP, que beaucoup de nos concitoyens

espèrent et attendent, c’est la nouvelle gauche européenne qu’il faut faire émerger.

Pour tracer les chemins d’une société moins dure, plus juste, plus solidaire, tout en

répondant à la crise écologique par une préservation et une meilleure gestion des

ressources naturelles ou non renouvelables, il s’avère indispensable de penser le

monde et de prendre l’exacte mesure de l’expansion, depuis trente ans, du

capitalisme globalisé. Les rapports entre les forces du travail et un capital en

mutation accélérée doivent être conçus à partir d’une nouvelle articulation entre le

cadre national et le cadre géopolitique pertinent qui, pour nous Français, sera

nécessairement européen. Il s’agit de dégager de nouvelles marges de manoeuvre,

d’encourager l’innovation dans les secteurs de l’économie confrontés à la

concurrence internationale, d’aller vers une croissance plus respectueuse de

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l’environnement tout en recherchant, dans les espaces non marchands, un haut

niveau de services.

Tel est l’enjeu pour toute une génération de socialistes.

Notre Congrès doit surprendre. L’heure n’est plus aux accommodements, aux

faux semblants, aux clivages dépassés ou aux querelles de personnes. Le temps qui

s’ouvre est celui du renouveau. Nous voulons une nouvelle donne globale, pour

offrir aux Français, bientôt, une nouvelle gauche.

Nous disposons désormais d’un socle commun : la déclaration de principes.

Le Parti socialiste s’y accepte comme réformiste, attaché à la transformation sociale,

écologiquement responsable, européen, laïque et féministe. Pour lui, les conditions

de vie des êtres humains sont essentielles. C’est à partir de ces valeurs qu’il nous faut

travailler, dans les deux prochaines années, à apporter des réponses concrètes aux

problèmes de nos concitoyens.

Plus que jamais, l’effort qu’il nous faut fournir est celui de l’adaptation de

notre analyse de la société, de nos orientations et de nos moyens d’action à

l’époque et au monde d’aujourd’hui. L’avenir de la France, de l’Europe et de la

planète est ouvert : il va nous offrir des chances nouvelles mais aussi nous exposer à

des menaces. A nous de tirer le meilleur parti des premières tout en nous

prémunissant efficacement contre les secondes.

A la fatalité, à la résignation qui inspirent le retrait de l’action publique

prôné par les libéraux, nous devons opposer notre volonté collective de prendre à

bras le corps les défis du moment. Nous devons dénoncer le discours par lequel la

droite se présente comme réformatrice quand nous serions les conservateurs. Contre

le parti de l’ordre établi, nous devons à nouveau incarner le mouvement. Contre ceux

qui prônent une troisième voie supposée exister entre socialisme et capitalisme, nous

réaffirmerons nos idéaux de toujours : la solidarité et la justice, le bien-être et

l’autonomie pour tous, la paix et le développement par la coopération, la

préservation des ressources naturelles et des équilibres écologiques de la planète.

Nous y ajouterons une exigence : proposer les moyens d’assurer la réalisation

concrète de ces idéaux en ne se contentant pas d’une proclamation de principes.

Il est clair qu’il existe, aujourd’hui, un besoin de gauche. Des émeutiers de la

faim à ceux qui, en Europe ou en France, se mobilisent pour défendre la protection

sociale, l’accès de tous aux biens essentiels et les services publics, tous appellent à

une plus forte régulation des marchés et à une intervention publique renouvelée au

service de la justice sociale.

Méfiants par tradition à l’égard de la personnalisation du pouvoir qui est au

fondement même de la Cinquième République, nous refusons la présidentialisation

du régime qu’accentue encore le mode d’exercice du pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Cette présidentialisation, nous en constatons tous les jours le caractère néfaste, voire

choquant. Certes, le quinquennat a fait de l’élection présidentielle le scrutin qu’il faut

remporter : sans cette victoire, un succès aux élections législatives est devenu

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inconcevable. Mais cet impératif ne nous contraint nullement à choisir notre candidat

plus de trois ans à l’avance.

Nous refusons donc la présidentialisation du parti, qui est étrangère à notre

culture. Nous sommes convaincus que, dans la situation actuelle, elle nuirait

fortement à l’élaboration d’une doctrine, au nécessaire renouvellement des équipes et

à l’efficacité de l’organisation, qui sont aujourd’hui nos priorités.

Le Congrès de Reims doit être le point de départ d’un travail dans la durée,

qui vise à rendre à la gauche sa crédibilité. Respectons les échéances. L’urgence,

pour nous, est de définir un programme de travail sincère. C’est ce que nous

proposons. Il reviendra au prochain Premier secrétaire et à l’équipe dont il

s’entourera de le mettre en oeuvre, en s’attachant à mobiliser l’énergie de tous les

adhérents.

Menons la réflexion de fond, en nous appuyant sur ce qui a toujours fait

notre richesse : le débat collectif. Ouvrons-nous sur la société. Recréons une offre de

gauche. Et surtout, faisons mentir l’idée selon laquelle le Parti socialiste ne serait

qu’une machine à désigner des candidats, incapable de concevoir un projet au point

qu’il en sous-traiterait le soin aux clubs et fondations qui sont proches de lui.

Ce n’est que lorsque nous aurons accompli, ensemble, ce travail, que le

moment viendra de choisir celle ou celui qui portera notre projet à l’élection

présidentielle. Dès à présent, nous proposons que ce choix s’opère dans le cadre de

primaires qui seront organisées par le Parti socialiste au printemps 2011, après son

congrès, et auxquelles pourront prendre part, sans exclusive, tous ceux qui se

reconnaissent dans les idées de progrès que nous portons. Nous pensons que c’est

ce calendrier qui garantira à la fois la richesse de notre projet et la meilleure

articulation entre le Parti et son candidat à l’élection de 2012.

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Quels objectifs

le Congrès de Reims doit-il fixer ?

Les enjeux auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés doivent nous

conduire à poursuivre quatre grands objectifs.

I – Définir un nouveau modèle de développement

A l’heure où le pilonnage médiatique de la droite tend à faire assimiler course

à la modernité et acceptation de la supériorité du marché, nous affirmons que la

modernité consiste, au contraire, à inventer le modèle de développement qui

intégrera le mieux la justice sociale et la préservation de l’environnement. Car

comment pourrions-nous nous satisfaire d’un marché qui, lorsqu’il n’est pas encadré,

est aveugle à long terme, perverti par les oligopoles, asservi par les effets conjoints

des évolutions technologiques et de la spéculation ?

Si nous reconnaissons depuis longtemps l’utilité du marché pour produire les

richesses nécessaires au développement des sociétés, nous plaçons depuis toujours

au coeur de notre action la lutte contre les déséquilibres économiques, les dégâts

écologiques et les injustices sociales et territoriales engendrées par le capitalisme.

Loin d’avoir perdu sa raison d’être, ce combat retrouve toute son acuité face à la

mondialisation financière et aux nouvelles formes de domination qu’elle engendre.

Or nous refusons l’alignement de notre modèle social sur les standards

néolibéraux que la droite voudrait nous imposer. Socialistes, et donc

internationalistes, nous militons plus que jamais pour une autre répartition des

richesses à l’échelle planétaire et ne pouvons nous résoudre à l’approfondissement

de la fracture entre le Nord et le Sud.

Il est temps pour nous de tirer toutes les conclusions que suscite un modèle de

croissance qui n’a pas démontré sa capacité à permettre une bonne allocation des

ressources et une bonne répartition des richesses créées, car les limites de la capacité

de portage de la planète et des écosystèmes sont atteintes ou en passe de l’être.

En rupture avec la thématique du déclin, de nombreuses expériences

apparaissent dans le monde, qui prouvent qu’il est possible de restaurer des

écosystèmes dégradés et de rétablir leur capacité à se régénérer. Il est temps, pour le

Parti socialiste, de travailler à ce que les idées rattrapent le réel, pour faciliter,

demain, l’orientation de l’action publique vers la solidarité, la démocratie, la

préservation des écosystèmes et des ressources nécessaires au développement des

sociétés humaines. En d’autres termes, d’aller vers ce que le PSE appelle la «

croissance verte ».

Car nous considérons, avec les socialistes européens, que le développement

durable est le seul principe de base responsable pour l’action politique et

économique. Il impose de préparer l’avenir, en résistant au primat du court terme et

à la suprématie de la logique du marché.

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Il nous faut être attentifs aux conditions de création des richesses, car on ne

pourra jamais redistribuer que ce qui est produit. Nous devons ainsi répondre à

l’enjeu de la croissance et de la compétitivité française en réhabilitant le volontarisme

économique. Et nous ne désignons pas par cette expression l’incantation à la

croissance économique dont le chef de l’Etat ponctue ses rodomontades, et qui est

dépourvue de toute concrétisation politique. Aux antipodes du désengagement

néolibéral, nous pensons au contraire que la puissance publique – Etat et collectivités

territoriales –doit retrouver un rôle stratégique pour encourager le développement

de l’investissement productif et de la recherche, la diffusion des progrès

technologiques, la prospection des marchés internationaux, l’essor de nouveaux

services, de l’économie sociale et solidaire, mais aussi pour favoriser la reconversion

des territoires fragilisés. L’investissement dans l’éducation et la recherche est, du

reste, une condition de la survie de nos économies, concurrencées par des pays

émergents capables de former, chaque année, des centaines de milliers de chercheurs

et d’ingénieurs hautement qualifiés, mobiles et moins coûteux.

Par opposition à la spéculation financière, qui détourne le capital des

investissements indispensables, par opposition à la politique de la droite, qui, en

France, privilégie la rente, la gauche doit soutenir la prise de risque

entrepreneuriale. Après un cycle qui fut favorable aux salaires durant les Trente

Glorieuses, la répartition des gains de productivité est devenue exagérément

favorable au capital, au détriment du travail et de l’investissement. Nous devons

parvenir à une répartition plus juste, mais aussi plus efficace, entre les facteurs de

production.

La mondialisation étant aujourd’hui déréglementée et dérégulée, nous

voulons en retrouver la maîtrise par une réglementation négociée, adossée à toutes

les formes de régulation. Nous plaidons notamment pour un commerceinternational régulé. Les échanges ne peuvent continuer à se faire au détriment des

pays du Sud. Au nécessaire respect des clauses sociales et environnementales

oubliées du Traité fondateur de l’OMC, il s’agira d’ajouter de nouvelles garanties

sociales et environnementales, afin d’assurer la loyauté dans les échanges mondiaux

et une démocratisation des instances de régulation internationale, dans le cadre

d’une stratégie diplomatique alternative à l’alignement sarkozyste sur le bloc anglosaxon.

La révolution écologique oblige à une solidarité planétaire. Pour la première

fois, l’impératif environnemental prévaut sur la force des marchés : il va constituer

un levier puissant pour imposer par la voie de l’action politique des disciplines à

cette économie suicidaire qui puise sans aucune limite et sans aucun frein dans les

ressources de la planète. Cette nouvelle donne écologique renouvelle plus

fondamentalement encore notre vision même des besoins humains. Aux antipodes

d’une approche purement matérialiste du bien être, nous accordons aux questions de

santé, de qualité de vie, de préservation des cadres naturels, une importance

décisive. Nous croyons nécessaire d’enrichir la notion et la mesure même de la

croissance, pour faire une place aux dimensions qualitatives, aux enjeux sanitaires et

éducatifs, au développement des services à la personne, à l’économie sociale et

solidaire et à la sphère non marchande.

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La crise énergétique mondiale affecte directement la répartition des fruits de la

croissance : la hausse des prix de l’énergie et celle des produits de base élimine,

quand elle ne les dépasse pas, les faibles progressions des revenus des ménages les

moins favorisés. La baisse du pouvoir d’achat est une perspective qui risque de durer

et de frapper de plus en plus de nos concitoyens. L’expérience des deux chocs

pétroliers de la fin du XXème siècle nous a enseigné qu’il n’y avait pas d’alternative

macroéconomique à l’absorption par les ménages du surcoût de l’énergie et des

produits de base. C’est ce qui rend d’autant plus nécessaire le changement de

modèle de développement, la lutte contre la dépendance au pétrole et le soutien à

la relocalisation de certains circuits économiques.

Nous proposons que la France mette en oeuvre une nouvelle politique

énergétique fondée, dans l’ordre, sur les économies d’énergie, la promotion de

l’efficacité énergétique et le développement massif des énergies renouvelables,

déconcentrées et décentralisées. Cette politique de recherche systématique

d’amélioration de l’efficacité énergétique du pays est la seule voie crédible pour

traiter sérieusement la crise climatique et apporter une vraie réponse à la crise du

pétrole.

Le vieillissement de la population induit de profondes mutations sociétales,

dont le politique doit se saisir. Les questions de l’augmentation de la population

active par le soutien à la natalité et à l’immigration, de l’accessibilité des services

publics, des temps de formation, de travail et de loisirs tout au long de la vie, des

objectifs quantitatifs et qualitatifs des régimes de solidarité entre les générations,

doivent être abordées sans tabou.

Enfin, le souci que nous avons du bien-être des générations qui nous

suivent impose de ne pas leur léguer une montagne de dettes qui obérerait, voire

annihilerait l’action publique. Nous devrons lutter contre les déficits, notamment

par la remise en cause des avantages fiscaux d’autant plus injustes qu’ils sont

injustifiés, tout en stabilisant les prélèvements obligatoires par une réforme de l’Etat

audacieuse et concertée et un investissement social plus efficace. Pour la droite, la

réforme est purement comptable : elle consiste à paupériser les services publics pour

en justifier, ensuite, la privatisation. Proposons au contraire d’améliorer leur

efficacité et leur qualité – qualité de gestion, transparence des dépenses, qualité du

service rendu aux usagers – pour réaffirmer leur légitimité. Qu’il s’agisse de la lutte

contre le chômage, de l’éducation, de la police ou de la justice, nous militons pour

un Etat efficient dont les actions soient mieux ciblées sur les besoins réels.

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II – Promouvoir l’égalité réelle.

Nous doutons que les Français aient quoi que ce soit à attendre de la fausse

radicalité d’une rupture annoncée avec le capitalisme dont on sait ce qu’elle a

humainement et socialement coûté. Adeptes d’une politique qui s’appuie sur les

réalités, nous ne nous résignons pas pour autant à réduire le socialisme à un

pragmatisme gestionnaire ou à un réformisme purement défensif, qui ne feraient que

combattre les dégradations de l’Etat social et du modèle républicain. Nous pensons

que la gauche doit continuer à oeuvrer à la concrétisation de l’utopie qui est, depuis

la Révolution française, au coeur de sa vocation.

Notre nouvel horizon de transformation sociale réside dans une lutte

massive contre les mécanismes de « reproduction sociale » qui font perdurer les

privilèges de naissance. Face à une droite qui se dit libérale alors qu’elle est

banalement conservatrice, reproduisant de génération en génération les inégalités de

patrimoine et de savoir, nous devons incarner la recherche de l’égalité réelle des

chances, en affirmant notre volonté de donner à chacun les moyens d’accéder au «

capital culturel », de déployer ses talents et de trouver sa juste place dans la société.

Notre projet pour l’école, l’université et la formation professionnelle devra donc

occuper un rôle central.

Nous revendiquons la « valeur travail » comme vecteur d’émancipation et

d’accomplissement de l’individu. Mais l’émancipation par le travail, loin d’être un fait

acquis pour tous, demeure un combat. Au « travailler plus » de Nicolas Sarkozy,nous opposons le « travailler mieux » : le refus de la précarisation de l’emploi, la

protection de la santé au travail, la participation des salariés à la gouvernance de leur

entreprise, l’accroissement de la mobilité professionnelle par la valorisation des

compétences, l’articulation entre les temps consacrés au travail, à la famille ou à la

culture sont nos préoccupations constantes.

La volonté d’étendre les libertés et de permettre à chaque individu de

s’émanciper en lui fournissant les moyens de choisir sa façon de vivre, ses liens, ses

affiliations, ses références et ses pratiques culturelles demeure un principe directeur

de notre action. Elle rejoint la nécessité de tenir compte du processus

d’individualisation sociale et culturelle qui travaille en profondeur notre société et

remodèle les classes traditionnelles. Qu’il s’agisse des retraites, de l’éducation, des

conditions de travail, nous pensons que le socialisme doit mieux prendre en

compte la diversité des situations et des attentes qu’elles créent. Il ne doit pas

craindre à nos yeux de contourner le niveau trop homogénéisant du groupe social ou

du territoire pour faire désormais davantage descendre, quand c’est possible, l’action

correctrice de la politique au niveau même de l’individu.

Cet engagement en faveur des libertés ne nous rend pas sourds à la

demande d’autorité et de règles qui émane de la société contemporaine. Si elle

résulte pour une part essentielle des effets déstructurants de la crise économique et

sociale, la montée des phénomènes d’insécurité au cours des dernières décennies

nous a rappelés aux nécessités d’une liberté ordonnée, d’une meilleure articulation

des droits et des devoirs.

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Cette prise en compte des réalités et des aspirations individuelles ne nous

conduit pas pour autant à cautionner les dérives de l’individualisme contemporain.

Nous refusons la généralisation de la concurrence entre les individus. Nous

combattons la réduction de la politique au consumérisme et à la juxtaposition des

revendications catégorielles. Nous pensons ainsi que pour endiguer la dérive

communautariste qui nous menace, il faut faire de la lutte contre les discriminations

un axe central de la politique sociale. En clair, nous travaillons à une société

d’individus où ne pèseraient plus les privilèges de naissance et les déterminations de

classe, où chacun aurait tous les moyens de réussir et de s’accomplir sans

l’intervention de la collectivité. Attachés au pari des Lumières et à la force des

solutions collectives, nous refusons la perspective d’une société atomisée et

défendons la nécessité de construire et de faire vivre des institutions communes au

service de la justice sociale.

Loin d’épouser les antagonismes internes à notre base sociale, loin de vouloir

jouer à notre tour sur la division des « inclus » et des « exclus », nous souhaitons au

contraire que la gauche élabore dans les années qui viennent un nouveau pactesocial et territorial pour relever le défi de la société « fragmentée ». Celui-ci devra

afficher des thèmes fédérateurs (protection contre les effets négatifs de la

mondialisation, sauvegarde de la protection sociale, promotion individuelle) et

indiquer aux couches populaires et moyennes, aux habitants des cités comme à ceux

du monde rural et périurbain ce qu’ils peuvent attendre de la gauche. Nous pensons

notamment que la gauche doit continuer à faire de la lutte contre l’exclusion et la

pauvreté une priorité politique tout en veillant à ne pas alimenter la critique contre

« l’assistanat ». Elle doit mieux répondre que ne le fait la droite à l’enjeu du

pouvoir d’achat, en priorité lorsqu’il porte sur les biens premiers que sont le

logement, la santé et l’éducation. Elle doit permettre à tous ceux qui résident en

France, d’où qu’ils viennent, d’y vivre dignement. Elle doit aussi rechercher une

répartition plus juste des charges publiques par une réforme fiscale courageuse qui

pénalise la rente, encourage l’effort et le travail et épargne les plus démunis.

III – Réaffirmer notre engagement européen.

L’avenir de la France est indissociable de celui de l’Europe. Cette conviction

profonde a conduit, depuis 60 ans, les socialistes à s’engager dans la construction

européenne, à souvent lui insuffler son orientation politique dans des moments

décisifs voire cruciaux, comme l’ont fait tous les gouvernements de Gauche depuis

1981.

Mais l’Europe connaît une crise d’identité et un divorce avec ses citoyens.

Entre l’Etat nation et l’espace-monde, comment l’Europe peut-elle être un échelon

pertinent de régulation, un lieu de protection et de création de richesse ? Pourquoi,

d’ailleurs, vouloir construire une Europe politique ? Alors que la réponse à cette

question était évidente au lendemain de la seconde guerre mondiale, chacun perçoit

qu’il faut, aujourd’hui, redonner un sens à l’aventure européenne.

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Nous avons perdu du temps et une précieuse énergie sous les derniers

gouvernements de droite. Or, le reste du monde bouge, se transforme. De nouvelles

puissances s’affirment et bousculent l’ordre des choses. L’Union doit sans tarder se

remettre en ordre de marche, retrouver un rythme sauf à être condamnée à

l’effacement.

C’est la volonté de bâtir des solidarités politiques transnationales qui

permettent de faire face au déploiement du capital qui justifie notre engagement

résolu dans l’unification politique européenne. Nous voulons une Europe unifiée et

puissante, qui pèse dans les négociations sur le commerce mondial et soit en mesure

d’établir en son sein des formes de gouvernance économique et d’harmonisation

sociale. Cette conviction nous conduit à militer pour des transferts de compétence,

des procédures de décision simplifiées, l’affirmation de principes sociaux, des

institutions plus fédérales et parlementarisées.

Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, les Européens se sont dotés, en 2000,

d’un ensemble d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Cette

démarche doit être revisitée et un nouveau contenu doit lui être donné. Les

engagements pris par les Etats devront faire l’objet d’un mécanismes de contrôle par

l’Union qui devra, pour sa part, définir plus clairement ses objectifs et clarifier les

moyens à mettre en oeuvre, à son niveau, pour accompagner les efforts accomplis.

Renouons avec la démarche qui a prévalu quand Jacques Delors dirigeait la

Commission européenne, et agissait aux côtés de François Mitterrand et Helmut

Kohl.

Cela suppose d’abord de travailler avec ardeur pour susciter des synergies en

matière de recherche, car l’Europe doit être capable de rivaliser avec les meilleurs,

notamment les Etats-Unis. Il faut encourager, d’ici à dix à quinze ans, la création de

structures européennes disposant d’une masse critique et d’un niveau d’excellence

propres à attirer les meilleurs étudiants au monde.

L’apport des technologies de l’information et de la communication à la

croissance doit être vigoureusement encouragé et la réduction des inégalités d’accès

au numérique doit devenir un chantier européen prioritaire. De même, l’Union

européenne doit utiliser les contraintes qu’elle s’impose en matière environnementale

pour en faire un puissant levier en matière de croissance solidaire et responsable

(fixation d’objectifs nationaux et européens ambitieux, création d’un prix du carbone

pour internaliser le coût de cette pollution)

Il est impensable de relancer l’Europe sans une nouvelle répartition de

l’effort budgétaire consenti et sans revoir à la hausse son niveau. Il doit être doublé

et porté à 2 % du PIB des Etats membres, le cas échéant par la création d’un impôt

européen qui pourrait être assis sur le bénéfice des sociétés.

Nous ne devons pas négliger, car il est fort, le besoin de protection de nos

concitoyens. En ce domaine, nous devons avoir une exigence de vérité. Il y a absence

de consensus, sans doute durable, au sein des Etats membres. Dans ces conditions, le

chemin que nous privilégions est celui de la solidarité. Il suppose d’intensifier

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plusieurs politiques européennes : des services publics de qualité qui contribuent à la

croissance ; une formation professionnelle qui retienne notre approche d’un parcours

professionnel nécessairement divers mais sécurisé, l’égalité réelle des chances en

luttant dans toute l’Europe contre les inégalités dès la petite enfance. Nous devons

aussi faire oeuvre de pédagogie, et convaincre les Français que les nouveaux Etats

membres, loin de constituer une menace, sont un atout pour l’Europe dans la

compétition internationale.

Nous devons aider l’Union à jouer pleinement son rôle, et à l’assumer sans

complexe en matière de sécurité. Les débats sur le sens de la puissance européenne

sont derrière nous. L’Union a déjà construit, dans certains domaines, des mécanismes

efficaces : la politique commerciale commune, la prééminence incontestable qu’elle

exerce dans la définition des régulations internationales dans de nombreux domaines

économiques en témoigne. Elle joue un rôle central dans d’autres domaines cruciaux,

comme la lutte contre la prolifération des armes de destruction massives. Ces

mécanismes ne suffisent cependant pas. Sans négliger ses alliés et partenaires,

l’Union doit pouvoir compter sur ses propres capacités quand ses intérêts sont en jeu

La montée en puissance de la capacité de l’Europe en matière de défense et

de sécurité est une priorité. La mise en oeuvre des potentialités du traité de Lisbonne

concerne également l’Europe de la défense : elle pourrait devenir la référence

mondiale. Le premier seuil à franchir est d’ordre capacitaire, avec la création de

moyens propres qui n’existent pas, l’Union se reposant toujours sur les capacités des

Etats membres. Elle serait la manifestation d’une solidarité européenne effective et

une incitation à une réflexion commune, ne serait-ce que pour définir une doctrine

d’emploi. Nous plaidons pour la création d’un corps d’armée européen sous

commandement européen. Le second seuil est d’ordre éminemment politique. Il

s’agit de la défense commune. Pour nous socialistes, même si nous savons que la

démarche ne sera pas aisée, c’est une priorité qui s’inscrit dans le droit fil de ce que le

gouvernement de Lionel Jospin avait entrepris avec nos camarades travaillistes

britanniques à Saint-Malo.

Mais la sécurité des citoyens passe aussi par l’approfondissement de

l’espace de liberté et de justice. Dans ces domaines, la création d’outils communs

doit être poursuivie car sa valeur ajoutée est indéniable. La nécessité de préserver des

mécanismes démocratiques dans nos sociétés est toujours là. Quand on songe à

l’agression de la droite actuelle sur nos droits fondamentaux, l’échelon européen est

pour les citoyens une garantie que leurs libertés foulées au pied dans l’espace

national trouveront un juge.

Pour mener une stratégie véritablement ambitieuse, pour faire face au défi de

la mondialisation et renforcer les capacités de l’Europe à défendre ses intérêts dans le

monde, nous devons tabler sur la cohésion et la solidarité entre les Etats membres. Or

la solidarité européenne ne se décrète pas : elle se construit peu à peu, par les

politiques communes.

La politique agricole commune doit être refondée pour répondre aux défis

du présent. Elle doit être élargie à des objectifs nouveaux (alimentation, santé

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humaine et animale, aménagement du territoire, environnement). L’environnement

est un domaine où la solidarité européenne est évidente : aucun pays n’accepte de

handicaper ses entreprises pour lutter seul contre la pollution, mais la taille de

l’Union européenne permet de négocier des normes applicables assez largement

pour que l’impact sur la concurrence soit limité, surtout si ces normes deviennent la

base d’accords internationaux.

De nouvelles formes de solidarité sont donc possibles, de nature à susciter une

volonté particulièrement forte d’intégration chez les nouveaux Etats membres.

En réaffirmant ces finalités, nous ne voulons pas ignorer les insatisfactions

engendrées par la construction européenne telle qu’elle s’est exprimée en dernière

date lors du référendum en Irlande, ni occulter les débats qui ont surgi lors du

processus de ratification du Traité Constitutionnel Européen. Mais nous croyons

nécessaire de dépasser ces divergences et de travailler ensemble à la définition

d’une stratégie politique des socialistes européens pour faire avancer leurs

objectifs communs sur le continent. Nous veillerons à ce que les prochaines

élections européennes soient détachées des polémiques franco-françaises et nous

porterons le programme du PSE. C’est la condition d’une clarification des enjeux et

de la démocratisation des décisions de l’Union, que nous voulons plus proche des

citoyens et compréhensible par eux.

IV – Reconstruire le Parti socialiste.

Le Parti socialiste a pris du retard. Depuis dix ans, il ne s’est pas préparé à

maîtriser les nouveaux enjeux de la période. La tactique a pris le pas sur la projection

dans l’avenir, la synthèse a prévalu sur les indispensables choix stratégiques. La

réflexion a cédé le champ à la communication, le travail collectif a été éclipsé par la

gestion des écuries et des clans.

La conviction qu’en dépit de tout cela, l’exaspération d’un peuple suffirait à

garantir la défaite de la droite a été cruellement démentie par les faits. Nous avons

déçu les millions de femmes et d’hommes qui nous espéraient à la hauteur des

enjeux, parce que nous avons oublié que, dans ce pays, la gauche n’est jamais

parvenue à ravir le pouvoir aux conservateurs qu’au terme d’un travail en

profondeur. L’imagination s’en est allée, le leadership s’est émietté, la fraternité s’est

abîmée, l’énergie du socialisme s’est réfugiée dans les collectivités territoriales.

Et pourtant le Parti socialiste a en lui et autour de lui de formidables

ressources. Il se compose de militants dévoués, pour qui l’engagement collectif au

service d’un idéal de progrès conserve tout son sens. Ses élus, nombreux et d’une

exceptionnelle qualité, sont confrontés chaque jour aux souffrances de la société

française, auxquelles ils s’attachent à apporter des solutions de toutes les générations.

Les experts, les intellectuels qui sont proches de nous n’attendent qu’à être

remobilisés. Tous ont conservé intacte leur capacité de révolte et d’indignation, et ne

supportent pas que la réforme serve de prétexte à la multiplication et à

l’approfondissement des injustices.

Parti Socialiste – Congrès de Reims

Besoin de gauche – Contribution Générale présentée par Socialisme & Démocratie et Rénover Maintenant

12

Valoriser nos atouts, nous redresser sur le plan intellectuel, nous remettre

au travail, ensemble : c’est ainsi que nous réussirons ce Congrès, que nous le

rendrons utile à la gauche et aux Français.

Rassembler les gauches demeure évidemment l’objectif. Mais quelles

gauches ? La situation est profondément différente du moment d’Épinay, où deux

grands partis structuraient pour l’essentiel l’électorat de gauche. Le Parti socialiste

n’a jamais été plus fort qu’aujourd’hui. Pourtant, avec des alliés électoralement

faibles, le Parti communiste et les Verts, et de petits partis, le PRG et le MRC, il peut

être durablement impuissant à construire un rapport de forces majoritaire. Et ce

paradoxe est encore renforcé par la double concurrence que font peser, à l’extrêmegauche,

un gauchisme protestataire et compassionnel qui n’entend pas participer à

une alternative politique réelle, et, sur la droite, un centrisme présidentiel qui

apparaît de plus en plus comme une aventure solitaire.

Dans ces conditions, il n’y a pas d’autre solution pour les socialistes que

d’atteindre une masse critique indispensable à une dynamique victorieuse. La

visée d’un parti de toute la gauche est utile. Mais elle s’avère trompeuse si, par là,

nous entendons seulement un accord avec quelques morceaux d’appareils. C’est bien

une mutation qu’il nous faut accomplir, et qui suppose un profond renouvellement.

Nous avons besoin d’un parti beaucoup plus proche de son électorat, qui

donne à ses militants un rôle d’animation politique, et qui, à côté de ses fonctions

traditionnelles et essentielles – la définition du programme, la sélection des candidats

– développe de nouvelles pratiques.

Nous devons concevoir et construire un parti-réseau, qui associe en

permanence les citoyens et les associations à ses définitions programmatiques, qui

organise ses relais dans le monde économique et social, pas seulement sous la forme

de la section « thématique », mais en acceptant aussi des associations temporaires

autour de telle ou telle tâche, de tel ou tel projet. Notre parti doit profondément

revoir sa communication, qui ne s’est pas suffisamment adaptée à l’évolution des

médias et à l’essor des technologies modernes.

Nous devons également développer des services pour les militants et notre

base sociale, en réinventant l’éducation populaire. Surtout, il nous faut accorder

toute sa place au travail d’analyse pour comprendre et anticiper les évolutions du

monde et de la société, ce qui suppose de revoir les modes de fonctionnement de la

Fondation Jean Jaurès, promouvoir des initiatives ouvertes au monde de la

recherche, renouer avec la pratique des conventions thématiques.

Mais notre Parti ne se modernisera pas s’il ne devient pas plus

démocratique. Pour y parvenir, nous proposons de changer le mode de

fonctionnement des instances de direction nationales, en redonnant au Conseil

national son rôle d’instance de débats et d’orientation ainsi que son pouvoir de

contrôle, en refaisant du Bureau national un lieu de mise en oeuvre des décisions. La

transparence des travaux de ces instances sera assurée par la création d’une

télévision sur Internet et la retransmission de leurs travaux. Enfin, au niveau local,

Parti Socialiste – Congrès de Reims

Besoin de gauche – Contribution Générale présentée par Socialisme & Démocratie et Rénover Maintenant

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nous entendons réformer les conseils fédéraux, pour qu’ils soient de réelles instances

de délibération politique respectant l’expression des différentes sensibilités en même

temps que la représentativité des secrétaires de section.

Parti Socialiste – Congrès de Reims

Besoin de gauche – Contribution Générale présentée par Socialisme & Démocratie et Rénover Maintenant

14

Quel programme de travail pour les socialistes

dans les deux années qui viennent ?

Pour trancher les grandes orientations, nous proposons que soient

organisées sept grandes conventions dans le cadre d’ateliers de l’alternative

ouverts à nos partenaires et à la société civile.

Sept conventions nationales pour 2009-2010 :

Imaginer un modèle de croissance qui tienne pleinement compte de

la nouvelle donne écologique.

Placer au coeur de notre politique la qualité de vie de l’homme au

travail

Développer un nouveau modèle d’Etat social.

Promouvoir une démocratie renouvelée.

Garantir la liberté de choix du destin individuel

Construire une Europe unifiée et puissante

Mettre la France au service d’un monde moins déséquilibré.

Ces conventions devront impliquer les militants et déboucher sur des

orientations claires et des réponses concrètes aux problèmes des Français. Elles

devront aussi se nourrir de l’expérience et de la réflexion des autres partis socialistes

et sociaux-démocrates en Europe et dans le monde.

Imaginer un modèle de croissance qui tienne pleinement compte de

la nouvelle donne écologique.

Comment retrouver des marges de manoeuvre pour l’Etat ? Quels sont les

leviers de la croissance ? Les socialistes doivent redéfinir leur corpus doctrinal sur ce

sujet, avec pour objectif prioritaire l’économie de l’intelligence, le soutien à

l’innovation et à la recherche, une réforme profonde de la formation professionnelle

et une remise à plat du rôle de la puissance publique dans l’aide aux territoires

fragiles et aux secteurs en difficulté.

Parti Socialiste – Congrès de Reims

Besoin de gauche – Contribution Générale présentée par Socialisme & Démocratie et Rénover Maintenant

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Mais ne commettons pas une nouvelle fois l’erreur de croire que l’efficacité

gestionnaire est un but en soi. C’est à un partage plus équitable des fruits de la

croissance que nous aspirons, à l’inverse de la tendance qui, depuis les années

1980, réduit la part des salaires dans le revenu national.

Alors que la droite agit pour construire une économie de la rente, la priorité

du Parti socialiste doit être un partage plus juste de la valeur ajoutée, l’inversion du

processus de smicardisation qui tire les salaires vers le bas et une mobilisation pour

enrayer la précarisation des salariés.

Nous devons aussi rendre la croissance compatible avec l’impératif

écologique. Au-delà des principes et des déclarations d’intention dont il a sans doute

abusé, le Parti socialiste doit répondre précisément à la question que nous posent les

Français : comment assurer la satisfaction des besoins humains sans exposer les

moins favorisés aux dommages liés à la crise environnementale ? Réduire les

prélèvements sur les ressources non renouvelables comme sur les écosystèmes,

favoriser la restauration de leur capacité à se régénérer, sont deux axes de la

croissance durable, de la croissance verte que nous voulons. Ils fondent l’espace pour

conquérir de nouveaux droits sociaux et environnementaux au bénéfice du plus

grand nombre.

La gauche doit agir contre les intérêts industriels et financiers qui

entretiennent le statu quo et aider les citoyens à faire face au défi écologique, avec

davantage de transports collectifs, une aide à la restructuration des filières

dépendantes du pétrole, et, d’une manière générale, une remise à plat de toutes les

politiques publiques conçues pendant la période d’euphorie pétrolière (urbanisme,

autoroutes, etc.).

Surtout, il faut rompre avec l’idée selon laquelle la prise en compte des

impératifs environnementaux serait un frein à la croissance. Elle doit au contraire

constituer un facteur de développement, par la mise au point de technologie de

pointe, plus propres et réduisant de manière drastique les prélèvements sur les

ressources. Nous voulons une société de la connaissance stimulée par le principe de

précaution, ce qui exigera une intensification de la recherche et de l’innovation, au

service du progrès humain.

Placer au coeur de notre politique la qualité de vie de l’homme au

travail

Dans une économie en mouvement incessant, les salariés ne savent plus

pour qui, pourquoi ni jusqu’à quand ils travaillent. La concurrence règne entre

eux : entre chômeurs et stagiaires, entre salariés, chômeurs et stagiaires. Elle est

attisée par la recherche sans fin d’économies, par l’injonction de performance et par

l’instabilité du travail. La pression augmente, engendrant pour certains la

démotivation et pour d’autres le stress et la souffrance au travail. Sont maintenus

dans la pauvreté des travailleurs jeunes, précaires, des femmes, tandis que les

rémunérations de certains cadres dirigeants atteignent des niveaux record.

Parti Socialiste – Congrès de Reims

Besoin de gauche – Contribution Générale présentée par Socialisme & Démocratie et Rénover Maintenant

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La protection et les réponses des syndicats, des prud’hommes, de l’inspection

du travail et de la médecine du travail débordés ou bâillonnés sont devenues

largement insuffisantes.

Nous devons repenser notre politique d’allègements fiscaux et sociaux de

sorte qu’elle ne facilite ni la stagnation des bas salaires, ni l’envolée des hautes

rémunérations. Nous devons rendre effectifs les droits élémentaires des citoyenssalariés : celui de ne pas souffrir, de se défendre efficacement, d’être préparés aux

évolutions des métiers et de l’entreprise, d’être valorisés pour leurs apports. Une de

nos toutes premières priorités sera de repenser les méthodes, le rôle, le jeu et les

moyens des acteurs, de renforcer la présence et le rôle des syndicats, de valoriser les

entreprises citoyennes qui respectent les salariés tout en travaillant à l’harmonisation

progressive de nos politiques au niveau européen.

Développer un nouveau modèle d’Etat social.

Un nouvel ordre libéral s’est mis en place qui rompt avec la tradition de

l’Etat social. Il ne se contente pas de faire l’apologie de la propriété et de la liberté du

marché mais il limite autant que possible l’intervention publique. Il ne s’agit plus de

gouverner à cause du marché mais de gouverner par le marché. L’économie de

marché n’est plus le principe de limitation de l’Etat mais le principe de régulation de

son action. C’est un Etat sous surveillance du marché et non plus un marché sous

surveillance de l’Etat. On passe de l’échange à la concurrence érigée en principe

constituant. L’individu est considéré à partir de ses intérêts économiques en tant que

consommateur et non plus en tant que producteur. Le résultat, c’est un activisme

juridique qui produit un Etat procédural et une dépolitisation de la vie sociale.

C’est dans ce contexte que le modèle français d’Etat-Providence, issu du

compromis social de l’après-guerre, soulève désormais un problème d’efficacité et

d’équité. Il doit être refondé sur des bases plus universelles et plus égalitaires.

Avant de proposer de nouvelles prestations, une remise à plat d’ensemble s’impose

pour mieux répondre aux attentes de la population.

Nous devons reformuler nos objectifs et nos propositions dans l’ensemble des

secteurs où la population attend une intervention publique. Logement social,

hôpitaux, transports publics… : rien ne doit échapper à l’analyse et à la recherche de

solutions plus innovantes et plus efficaces.

A l’opposé du discours catastrophiste et culpabilisant de la droite qui conduit

une réforme comptable et aveugle de l’Etat, le Parti socialiste doit définir les

ambitions du service public et les moyens d’une mise en oeuvre efficiente et équitable

pour l’ensemble de la population et des territoires. C’est le coeur du projet socialiste

qui est en jeu, à savoir notre capacité à provoquer et nourrir une énergie collective

créatrice de lien social, contre la logique d’atomisation de la droite.

Promouvoir une démocratie renouvelée.

Parti Socialiste – Congrès de Reims

Besoin de gauche – Contribution Générale présentée par Socialisme & Démocratie et Rénover Maintenant

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Les citoyens en ont assez de l’unilatéral : ils aspirent à davantage d’écoute,

de respect et de partage. Nos institutions sont à bout de souffle et désormais

directement menacées par l’hypertrophie présidentielle et la violence de pratiques

que l’on croyait d’un autre temps.

Faute de revenir sur le principe même de l’élection présidentielle au

suffrage universel direct, le Parti socialiste doit engager nos institutions vers une

VIème République avec un contrat de législature fondé sur la responsabilité

réciproque entre le Premier ministre et sa majorité parlementaire. Cette République

doit être dotée de véritables contre-pouvoirs : Parlement renforcé, justice et presse

indépendantes, limitation du cumul des mandats.

La démocratie locale doit également prendre sa part dans ces évolutions. Elle

a convaincu, mais il reste à effectuer le saut décisif pour faire entrer la

décentralisation dans le XXIème siècle, en visant en priorité la démocratisation des

instances de coopération intercommunales, qui doivent être élues au suffrage

universel, l’engagement pour une régionalisation de niveau européen et la

clarification des compétences, s’appuyant sur la réforme de la fiscalité locale et un

nouveau contrat entre l’Etat et les collectivités locales.

Au-delà des questions institutionnelles, le Parti socialiste doit redonner un

sens aux principes républicains, contre la persistance des discriminations et contre le

retour du religieux dans la vie publique. Tirons les leçons des échecs passés et

ouvrons-nous à davantage de diversité pour retrouver une parole convaincante et

crédible sur le sujet.

Garantir la liberté de choix du destin individuel

La possibilité d’être maître de son destin est au fondement du projet

socialiste. L’éducation et la culture doivent occuper une place centrale dans nos

propositions, avec la volonté de dépasser les discours convenus et théoriques et de

tracer une action efficace dans la lutte contre les inégalités.

La promesse républicaine de l’égalité scolaire et la démocratisation de

l’accès à la culture sont autant de chantiers dont le Parti socialiste doit

profondément renouveler l’analyse et les solutions.

Par ailleurs, la gauche perdrait son âme à croire que l’aspiration de la

population à davantage de sécurité est une aspiration au retour à un certain ordre

moral. Le Parti socialiste doit poursuivre le combat pour l’émancipation et laliberté de chacun de choisir sa vie. Il doit aussi oeuvrer pour que les conséquences

potentiellement dramatiques du changement climatique n’exposent pas les sociétés

humaines à la perte du sens, qui conduirait à la disparition de la démocratie. Avant

que ne survienne l’effondrement d’une société, l’Histoire nous enseigne que

l’intensification des conflits d’accès aux ressources vitales conduit inéluctablement à

l’élimination des plus faibles. Cette perspective est intolérable pour des socialistes.

Parti Socialiste – Congrès de Reims

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Construire une Europe unifiée et puissante

Le non irlandais confirme, pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, le

danger que fait courir à l’Union européenne le déficit démocratique dans lequel elle

ne cesse de s’enliser. En sus des orientations proposées dans cette contribution, le

Parti socialiste doit, avec la gauche européenne, proposer rapidement des

institutions plus fédérales et plus parlementarisées. Sans cela, l’objectif

fondamental de l’harmonisation sociale et les avancées dans les domaines de

l’environnement, de l’énergie, de la défense, etc. relèveront du voeu pieux, quand ce

n’est pas de l’hypocrisie.

Même si cette évolution nécessite de créer un noyau restreint d’Etats

déterminés à aller de l’avant vers des Etats-Unis d’Europe, le Parti socialiste doit

reprendre l’initiative. Il renouera ainsi avec la culture profondément européenne

qui fut longtemps la sienne.

Mettre la France au service d’un monde moins déséquilibré.

La réduction des inégalités entre le Nord et le Sud est notre objectif, selon

trois priorités : la nécessité, pour répondre à la nouvelle donne agricole, de repenser

nos propres politiques et nos aides aux pays en développement, la recherche d’un

principe de loyauté dans les échanges commerciaux avec l’édiction de normes

sociales et environnementales, et une meilleure prise en compte des mouvements

migratoires.

Nous devons répondre à la demande de nouvelles régulations face aux excès

de la mondialisation, en commençant par le secteur bancaire et celui des marchés

financiers, où la crise actuelle appelle l’adoption urgente de nouvelles règles.

______________________________

La contribution que nous proposons n’est pas une motion, un programme ou

un catalogue. Elle s’attache seulement à affirmer la conviction qui s’est imposée à

nous, après l’analyse de notre défaite l’an passé, que pour redevenir majoritaire en

France, le Parti socialiste doit poursuivre un chemin en trois étapes : penser sur la

base de la déclaration de principes, mettre en oeuvre un vrai programme de travail

collectif et renvoyer au printemps 2011 le choix, par des primaires, de celle ou celui

qui portera devant le peuple les propositions qu’il aura conçues dans les deux ans et

demi qui viennent.

Ce chemin est pour nous le seul à même de rendre possible la victoire aux

scrutins de 2012. Toute autre démarche nous conduirait à la division ou nouscondamnerait au statu quo. Notre responsabilité est immense : des millions de

femmes et d’hommes attendent et espèrent que le projet de société que nous

porterons soit à la hauteur des enjeux et permette de définir le socialisme du

XXIème siècle.

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FEUILLE DE ROUTE

Posté par toulouse2008 le 29 juin 2008

Les strauss-kahniens et proches d’Arnaud Montebourg ont à leur tour présenté leur contribution commune pour le prochain congrès du Parti socialiste à Reims.

Pierre Moscovici

Pierre Moscovici

(c) AFP 

Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis ont présenté, dimanche 29 juin à Paris, leur contribution commune pour le congrès du PS à Reims. Un texte présenté comme un « discours de la méthode » en vue des prochaines échéances électorales.
Les strauss-kahniens et amis d’Arnaud Montebourg, menés par le député du Doubs Pierre Moscovici, ont voulu proposer un texte qui soit « une vraie force », « un discours de la méthode » pour « proposer un chemin pour gagner en 2012″.
Pierre Moscovici a insisté sur les « trois écueils » qu’il entend éviter : « présidentialisation du parti, immobilisme et combinaisons ».

« Feuille de route »

Cette présentation intervient au lendemain de celle de Ségolène Royal. La contribution Moscovici-Montebourg se veut un « premier rassemblement » et non pas « un catalogue » ou encore « le pré-programme d’un présidentiable ». Le député du Doubs a souligné qu’il s’agit de « proposer une cohérence ».
Le député Arnaud Montebourg a pour sa part qualifié cette contribution de « feuille de route de la mutation du PS ».
Jean-Christophe Cambadélis a lui affirmé qu’il voulait un « contrat de gouvernance avec un plan de travail, des tâches extrêmement précises et non pas un vague blanc-seing pour une équipe ». « Le PS ne va pas bien », a-t-il estimé, avant d’ajouter que le parti est « une coordination de barons et une coordination de barons, ça ne fait pas un parti ».
Il s’est aussi félicité du « succès » de la contribution, signée par « plus de 35 parlementaires, 12 premiers fédéraux, 8 présidents de conseils généraux, 3 présidents de région, près de 2.000 signataires, plus de 40 signatures du Conseil national ».

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UN SOCIALISME « JOYEUX »

Posté par toulouse2008 le 28 juin 2008

Le Monde 

L‘un après l’autre, les chefs de file des « reconstructeurs » socialistes dévoilent leurs contributions en vue du congrès de novembre. Après Laurent Fabius, la veille, c’était au tour de Martine Aubry, mercredi 25 juin, de livrer sa « vision » de l’avenir du monde, du pays et du PS. La maire de Lille, qui souhaite « restaurer les valeurs historiques du socialisme » avait choisi le Café Rouge, à Paris, pour présenter la « contribution nationale des fédérations du Nord et du Pas-de-Calais », selon les termes de Pierre Mauroy, assis à sa droite.

La région Nord – Pas-de-Calais, qui fournit, avec Paris, les plus gros bataillons de militants au congrès, s’était déplacée en force. Une quinzaine de parlementaires, dont le député du Pas-de-Calais, Jack Lang, le président du conseil régional, Daniel Percheron, les présidents des conseils généraux des deux départements, Bernard Derosier (Nord) et Dominique Dupilet (Pas-de-Calais), les deux secrétaires fédéraux, Gilles Pargneaux et Serge Janquin entouraient Mme Aubry. Pierre Mauroy a exprimé son « appui total » à la maire de Lille, selon lui « la principale originalité de cette contribution », « bien placée dans les sondages et qui s’est installée au centre du débat pour rassembler la gauche ».

Consciente de cette position « centrale » qu’elle occupe, au moins au sein du pôle des « reconstructeurs » – où se côtoient fabiusiens, strauss-kahniens et proches d’Arnaud Montebourg -, Mme Aubry a opté pour le grand angle. Son texte balaie une vingtaine de thèmes – de l’école aux institutions en passant par la famille, l’immigration, l’économie, l’entreprise, l’Europe et les pays du Sud. « Avec cette contribution, on ne gèle rien, on ne neutralise personne, on s’ouvre au maximum », justifie François Lamy, député (PS) de l’Essonne, proche de Martine Aubry.

L’ancienne ministre de l’emploi propose d’instaurer « une véritable sécurité sociale professionnelle ». Avec la création d’un « crédit-étude » à la sortie du système scolaire et d’un « compte-formation » alimenté tout au long de la vie professionnelle. « L’enjeu de la formation est indissociable du débat sur le temps de travail, a précisé Mme Aubry, qui veut laisser à la droite les combats d’arrière-garde sur les 35 heures. » « Oui, a-t-elle, déclaré, les 35 heures sont là et elles le resteront parce que les Français y sont attachés. Mais au-delà, il faut repenser le temps de travail en y intégrant la formation, le chômage mais aussi les modalités de départs en retraite. »

 

« UN SOCIALISME JOYEUX »

 

Mme Aubry veut aussi « prendre à bras-le-corps la question du pouvoir d’achat ». Elle propose « une action volontariste sur le smic » par des exonérations de charges conditionnées à la conclusion d’accords salariaux et la création d’une CSG patronale. Pour obliger les entreprises à « modifier leur comportement », plusieurs pistes sont tracées, déjà explorées pendant la campagne présidentielle de 2007 : modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réinvestis, taxation des entreprises qui abusent des emplois précaires, suppression des stock-options pour les cadres dirigeants…

Mme Aubry veut restaurer « un socialisme joyeux », uni par « un pacte de confiance » et représentant « la majorité la plus large possible ». Elle refuse toujours de se prononcer sur sa candidature à la succession de François Hollande. En revanche, elle se déclare prête, dès aujourd’hui, à faire partie de « l’exécutif resserré » qui devra, estime-t-elle, « animer le parti » après le congrès de Reims.

Christine Garin

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REMOBILISER LE PARTI

Posté par toulouse2008 le 27 juin 2008

PS : Moscovici et Montebourg présentent leur contribution

NOUVELOBS.COM | 26.06.2008 | 13:58

Les strauss-kahniens et les amis d’Arnaud Montebourg ont présenté le texte de leur contribution en vue du congrès du PS. Ils appellent les socialistes à « faire descendre l’action correctrice de la politique au niveau même de l’individu ».

Pierre Moscovici (Sipa)

Pierre Moscovici (Sipa)

Les strauss-kahniens et les amis d’Arnaud Montebourg ont présenté mercredi soir 25 juin le texte de leur contribution commune en vue du congrès du Parti socialiste. Ce texte de neuf page, présenté par le député Pierre Moscovici devant des militants d’Ile-de-France, appelle les socialistes à « faire descendre l’action correctrice de la politique au niveau même de l’individu ».
Les signataires de la contribution affirment que, « qu’il s’agisse des retraites, de l’éducation, des conditions de travail, le socialisme doit mieux prendre en compte la diversité des situations et des attentes qu’elles créent ».
Il faut « faire désormais davantage descendre, quand c’est possible, l’action correctrice de la politique au niveau même de l’individu », ajoute le projet de contribution, baptisé « Besoin de gauche ».

Régulation

S’inscrivant dans « un rapport critique au capitalisme » et critiquant une « mondialisation aujourd’hui déréglementée et dérégulée », strauss-kahniens et « montebourgeois » prennent position pour « un commerce international régulé ».
« Une puissante régulation doit imposer des garanties sociales et environnementales afin d’assurer la loyauté dans les échanges mondiaux et une démocratisation des instance de régulation internationale », écrivent les amis du directeur général du FMI.
Au niveau européen, ils « encourageront l’adoption par le parlement européen d’un pacte économique écologique et social continental ».
Ils souhaitent également que « la puissance publique retrouve un rôle stratégique » d’appui au développement économique.
« Contre le parti de l’ordre établi, nous devons à nouveau incarner le mouvement (…) en ne (nous) contentant pas d’une proclamation de principes », affirme encore le texte.

Sept grandes conventions

Concernant les alliances, la contribution affirme qu’ »il n’y a pas d’autre solution pour les socialistes que d’atteindre une masse critique indispensable à une dynamique victorieuse », écartant ainsi l’idée d’une entente avec François Bayrou.
Le congrès de Reims, ajoutent Pierre Moscovici et ses amis, doit servir à préparer un programme de travail d’ici la désignation en 2011 du candidat à la présidentielle. D’ici là, « nous proposons que soient organisées sept grandes conventions dans le cadre d’ateliers de l’alternative ouverts à nos partenaires et à la société civile ».
Arnaud Montebourg a réitéré mercredi son soutien à la candidature de Pierre Moscovici au poste de premier secrétaire, estimant qu’il était « exactement ce qu’il nous faudrait, c’est-à-dire un mécano, un chef, un super-mécano qui fasse travailler tout le monde ».

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CONVERGENCES?

Posté par toulouse2008 le 25 juin 2008

Source :Libération 

 

Le député PS de Seine-Maritime Laurent Fabius a présenté aujourd’hui sa contribution au congrès de Reims en novembre, intitulée «reconstruire à gauche», qui prône un «socialisme solide, crédible, audible» avec une forte présence de la puissance publique.

Laurent Fabius a exposé ses idées lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, entouré de ses amis, dont le président de la commission des finances Didier Migaud, et avec le soutien de non-fabiusiens qui l’avaient rejoint en 2005 (les ex-ministres Marie-Noëlle Lienemann et André Laignel, le député des Landes Alain Vidalies, issu du courant poperéniste).

Selon le texte de la contribution, «le libéralisme économique, loin d’être une solution, aggrave les crises» et il faut emprunter un autre chemin que «la social-démocratie traditionnelle» qui «est en difficulté», à en juger par ses résultats électoraux récents.

Laurent Fabius reprend à son compte le concept de Dominique Strauss-Kahn de «socialisme de la production». «Nous ne pouvons répartir correctement les richesses si nous ne parvenons pas à mieux – et parfois davantage – produire».

Il préconise une puissance publique active: création d’«un Fonds souverain France» qui prendrait des participations dans «les industries stratégiques» et, au niveau européen, lancement de «grands emprunts» pour des projets dans les transports et l’énergie, «protection commerciale ciblée pour rééquilibrer les conditions de concurrence entre pays émergents et européens».
 
L’ex-Premier ministre défend la mise en place d’«écluses écologiques», taxes énergétiques pour les produits polluants et d’une «clause de sauvegarde sociale, qui interdise qu’une directive européenne puisse avoir pour conséquence un recul social dans un pays».

Rappelant que Ségolène Royal avait, dans l’entre-deux tours de la présidentielle, envisagé de nommer le centriste François Bayrou Premier ministre en cas de victoire, Laurent Fabius se prononce plutôt pour «une stratégie de rassemblement de la gauche».

Il estime que les contributions parallèles des Reconstructeurs – celles des strauss-kahniens et d’Arnaud Montebourg d’une part, de Martine Aubry d’autre part, outre la sienne – «ont vocation à converger au moment du dépôt des motions», à la mi-septembre. «Nous voulons un congrès de débat, et pas un congrès de pugilat» entre présidentiables, a encore affirmé Laurent Fabius.

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CAFE ROUGE POUR MARTINE AUBRY

Posté par toulouse2008 le 25 juin 2008

Source : Nouvelobs martetpierre.jpg

Martine Aubry veut se placer « au centre » du débat socialiste. Après Laurent Fabius, la maire de Lille, chef de file pressentie par les « reconstructeurs », a présenté mercredi sa contribution pour le congrès du PS, intitulée « une vision pour espérer, une volonté pour transformer ».L’ancienne ministre de l’Emploi avait choisi le lieu symbolique du Café rouge dans le IIIe arrondissement de Paris. L’endroit-même où Bertrand Delanoë avait présenté son projet en janvier dernier pour son second mandat comme maire de la capitale.

Martine Aubry était entourée de ses premiers soutiens, élus de sa région pour la majorité d’entre eux, dont Jack Lang et Pierre Mauroy. Le Nord-Pas-de-Calais est « la région qui connaît le mieux le socialisme », selon elle. Mais aussi les deux premières fédérations du PS, incontournables dans tout congrès socialiste.

Sa contribution, longue de 54 pages -le double du maximum admis par le PS-, reprend les grands fondamentaux du PS. « Ce que nous voulons, ce n’est pas un marché », attaque le texte. Convaincue que « la France n’est pas devenue à droite » du fait de l’élection de Nicolas Sarkozy, Mme Aubry prône « une société d’autonomie, de responsabilité et de solidarité », adaptée aux enjeux du XXIe siècle. Pour ce faire, elle entend « repenser en profondeur » le modèle social français.

Dans cet esprit, la « dame des 35 heures » propose de « repenser le temps de travail sur toute la vie professionnelle » pour permettre aux salariés de reprendre des études, de s’occuper de leurs enfants et parents ou de se consacrer à un engagement associatif. « Les 35 heures, c’est une mesure moderne », a lancé l’ancienne ministre de l’Emploi en citant le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.

Martine Aubry souhaite aussi la création d’une « véritable Sécurité sociale professionnelle », où chaque citoyen serait doté dès sa majorité d’un compte-formation régulièrement alimenté au cours de sa vie professionnelle, et d’un « crédit-étude » pour ses études supérieures.

Au chapitre école, la maire de Lille propose une individualisation des parcours pédagogiques et des parcours scolaires, ainsi que l’école obligatoire dès l’âge de trois ans, au lieu de six.

Ces nouveaux droits s’accompagneraient de nouveaux devoirs. Mme Aubry souhaite notamment que chaque jeune consacre un millier d’heures à des tâches d’intérêt général, comme à Lille où ils s’occupent de la propreté des squares.

L’ancienne ministre de l’Emploi, dont la mésentente avec Ségolène Royal est notoire, a taclé le concept « d’ordre juste » de sa rivale: « il n’y a pas d’ordre sans justice », a-t-elle répliqué.

La maire de Lille a aussi affiché son refus de toute alliance nationale avec le MoDem de François Bayrou, sauf si celui-ci condamne la politique de Nicolas Sarkozy, accepte le projet du PS et son alliance avec les autres composantes de la gauche. Des conditions réunies dans sa ville mais pas au plan national.

Favorable à l’émergence d’une majorité « la plus large possible » au PS, Mme Aubry a préparé le terrain à une alliance avec Laurent Fabius, qui fait partie comme elle du pôle des « reconstructeurs » de ceux qui ne veulent ni de Ségolène Royal, ni de Bertrand Delanoë. Ainsi, sur l’Europe, elle s’est prononcée comme l’ancien Premier ministre pour un changement des statut de la Banque centrale européenne pour ajouter la croissance et l’emploi à ses objectifs.

Elle a refusé, là encore à l’image de M. Fabius, la « présidentialisation » du PS. « Beaucoup ont des idées sur le bon candidat en 2012. Moi personnellement je n’ai pas d’idée », a glissé celle qui est pourtant citée parmi les présidentiables depuis sa réélection confortable à Lille. AP

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DE LA LAICITE

Posté par toulouse2008 le 23 juin 2008

Convention nationale du Parti socialiste, samedi 14 juin 2008 : LAÏCITE: intervention de Christian BATAILLE

Chers camarades, la constitution de notre République est finalement plus laïque que la déclaration de principe que nous apprêtons à voter. Elle nous dit en son article premier : «La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion, elle respecte toutes les croyances.»
On ne saurait dire mieux en moins de mots. Et, en regard de cela, nous avons, nous, une déclaration de principe avec des formules que je trouve un peu tarabiscotées, un peu alambiquées, voire même dangereuses : «La laïcité entend promouvoir et organiser un espace commun respectant les religions dès lors qu’elles s’exercent dans le cadre de la loi et ne sont pas un obstacle pour les libertés individuelles et collectives. »
On pouvait faire plus léger. Et j’ai la faiblesse de penser que l’amendement que la fédération du Nord avait préparé, diffusé avec les moyens du bord, c’est-à-dire avec mon secrétariat parlementaire, ce qui n’est quand même pas très normal pour préparer une circonstance nationale. Nos revues n’ont absolument pas diffusé les amendements qui ont été préparés et les militants avaient, en somme, la possibilité de voter oui ou non à la déclaration de principe. La mécanique d’amendement qui a été mise en œuvre dans certaines fédérations, un peu parfois dans l’improvisation, est venue s’ajouter après.
J’ai la faiblesse de penser que l’amendement que nous avions présenté disait les choses avec plus de forces et plus de tonus. Certes, la commission des résolutions qui s’est réunie a parsemé ici ou là des mots, laïcité, a indiqué la laïcité dans le préambule, c’est une amélioration satisfaisante, mais qui n’est pas, quand même, entièrement satisfaisante. Et je crois que nous devrions savoir aujourd’hui, étant donné que ce débat est remis au cœur du débat politique par la droite et par la volonté sournoise du Président de la République et d’un certain nombre de ses séides, nous devrions savoir que la laïcité va redevenir un enjeu central, et ce n’est pas un enjeu sectaire, ce n’est pas un enjeu de fanatiques comme certains voudraient le laisser à penser, cela tombe bien, la laïcité est venue naturellement dans notre culture politique grâce à des républicains modérés, Jules Ferry ou Aristide Briand, rapporteur(s) de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’État.
Je termine, Adeline, je pense que nous n’aurions pas le temps, aujourd’hui, de débattre à l’infini de cette importante question, mais je trouve qu’elle est un peu escamotée dans le débat et je voulais faire un suggestion : nous avions dans le passé, plusieurs camarades avant moi l’ont dit à la tribune, des conventions thématiques. Je pense qu’une convention thématique sur la laïcité, thème central pour les républicains et pour les socialistes, serait la bienvenue dans l’avenir. Je vous remercie.

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LA POSITION DE RENOVER MAINTENANT

Posté par toulouse2008 le 23 juin 2008

Montebourg : « Nous avons le devoir de nous rassembler, réunifier les personnes mais aussi les idées afin que le Parti Socialiste redevienne une force enfin audible »arnaud.jpg

23 juin

Dans cette lettre, Arnaud Montebourg expose la démarche de la contribution « Besoin de gauche ».

Chères et chers camarades,

Lors de notre dernier Conseil d’Administration, nous avions proposé un cadre pour aborder le prochain congrès avec en mémoire les leçons de nos échecs de 2002 et 2007, avec également en bandoulière nos mêmes objectifs de rénovation du parti que nous portons ensemble depuis la création du NPS :

  Réconcilier la gauche avec les classes populaires ; logo.jpg
  Faire prévaloir le politique sur l’économie de marché ; 
  Porter la question démocratique dans le cœur du projet des socialistes en soutenant l’avènement d’une VIème République ; 
  Assumer une juste réforme de l’Etat providence en rapport avec nos valeurs de justice sociale et fiscale ; 
  Bâtir l’Europe en marchant vers le noyau dur fédéral que nous avons appelé la République Européenne ; 
  Construire les nouvelles politiques écologiques comme outil pour la création d’un nouveau modèle de développement économique ; 
  Poursuivre notre lutte contre la présidentialisation du régime, du pouvoir et surtout du parti.

A ces exigences de rénovation que nos défaites de 2002 et 2007 font peser sur tous les socialistes, s’est ajoutée la crainte d’un parti balkanisé en de multiples chapelles (dont nous sommes), incapables désormais de se rassembler, les uns refusant de travailler avec les autres et inversement. Cette situation de division persistante promet aux socialistes et à la gauche de cruelles déconvenues, si le congrès de Reims n’y remédie pas sérieusement.

En plus de devoir faire muter le parti, il nous revient aussi la lourde responsabilité de participer à la reconstruction de son unité ainsi que celle indispensable de toutes les gauches, seule porteuse de possibilités de victoires.

Peut-on réussir à poursuivre notre travail de rénovation en le mettant au pouvoir et en se rassemblant avec d’autres. Je le crois.

Ce texte, intitulé « Besoin de Gauche » est le résultat de plus de 9 mois de discussions politiques entre Socialisme et Démocratie et Rénover Maintenant. Il reprend nos thèmes rénovateurs, les élargit et les place dans une perspective nouvelle que détermine la nouvelle période politique. Il nous place ainsi que nos idées par le vaste rassemblement qu’il propose au cœur du congrès en faisant de nous un acteur majeur.

Cette contribution entend rassembler en entrant dans le congrès avec la première force. L’un des points de clivage avec d’autres de nos camarades est le refus de la présidentialisation du parti en évitant un duel Delanoë Royal, mortifère pour notre parti, en réaffirmant notre volonté de désigner notre candidat à l’élection présidentielle lors d’une primaire ouverte sur la société à toute la gauche, qu’il conviendra d’inventer. Ce point est l’un des points durs de ce congrès car ces primaires à l’extérieur du parti nous débarrassent du poison des luttes internes liées à la présidentielle, et nous permet enfin de nous consacrer a la construction du projet. Car les Français attendent de nous un projet dont cette contribution dessine les contours plutôt que des candidats qui se battent !

Nous avons le devoir de nous rassembler, réunifier les personnes mais aussi les idées afin que le Parti Socialiste redevienne une force enfin audible. Nous devons travailler afin d’apporter des réponses précises sur la mondialisation, le développement durable, le partage des richesses, les questions sociales, les solidarités. Le chantier de reconstruction est immense, nous devons nous rassembler pour peser dans ce congrès. Nous vous demandons de lire attentivement ce texte, de l’amender dans les 72 heures, de nous faire part de votre avis, de le signer ou de le faire signer.

Amitiés rénovatrices,

Arnaud MONTEBOURG 18 juin 2008

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LA NOUVELLE DECLARARATION DE PRINCIPES DU PARTI

Posté par toulouse2008 le 22 juin 2008

Déclaration de principesdeclarationprin.jpg

La déclaration de principes du Parti socialiste, qui avait été déjà approuvée par les militants, a été adoptée par les délégués de la convention le 14 juin par 518 voix, avec trois contre et 17 abstentions.

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité, proclamées par la Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il revendique le souvenir de 1848, avec l’abolition de l’esclavage, de la Commune, l’héritage de la République, de son œuvre démocratique, et de son combat pour la laïcité, les grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 68, de mai 81 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé depuis. Il participe des grandes batailles politiques et intellectuelles pour la liberté et la justice, de l’Affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort. Il fait sienne la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Ces ambitions sont plus que jamais d’actualité. Pour les socialistes, l’être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les potentialités. C’est pour cela que les conditions dans lesquelles il vit sont essentielles. Bâtir un monde nouveau et meilleur, respectant la dignité de la personne humaine et assurant la sauvegarde de la planète est la tâche première des socialistes, celle qui motive un engagement renouvelé pour le progrès au fil des générations, par-delà les moyens mis en œuvre, qui, eux, se formulent différemment  dans le temps selon les enjeux et les problèmes.

Le socialisme démocratique veut être explication du monde, une pédagogie de l’action, une promesse d’avenir pour l’humanité. Sa nature est «d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.

I – NOS FINALITES  FONDAMENTALES

Art 1

Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la société. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine.

Art. 2

L’égalité est au cœur de notre idéal. Cette volonté n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire, fraternelle. Elle porte un message universel, dès lors qu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux de chacun et de tous. Pour les socialistes, ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société. La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, réduire les écarts de condition et combattre la pauvreté.

Art 3

Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les finalités du socialisme démocratique portent pleinement la volonté de préserver notre planète aujourd’hui menacée particulièrement par les risques de changement climatique et la perte de la biodiversité, de protéger et de renouveler les ressources naturelles, de promouvoir la qualité de l’environnement. Cette nécessité demande des réponses qui ne privilégient pas la rentabilité immédiate, mais concilient l’intérêt général et les intérêts particuliers. Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes, les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités fondamentales que la promotion du progrès et la satisfaction équitable des besoins.

Art 4

Le progrès, synonyme d’amélioration des conditions de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes. Ils pensent que l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. Ils promeuvent la connaissance, la recherche, la culture.

Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. Celles-ci posent des questions essentielles pour l’avenir de l’humanité. Les socialistes défendent le principe de précaution qui permet d’effectuer des choix collectifs par l’arbitrage démocratique et subordonne l’acceptabilité des risques, inséparables du développement de la science, à l’utilité des innovations et à la légitimité de leurs utilisations.

Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide d’indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus.

Art 5

La démocratie représente, à la fois, une fin et un moyen. Elle incarne une valeur et un combat universels. Elle conditionne la nature même de l’action socialiste. Elle ne se résume pas à une méthode. Être socialiste, c’est penser que les femmes et les hommes décidés à agir ensemble peuvent influer sur l’évolution de leur vie, de leur société et du monde. Notre socialisme est une conception et une pratique de la citoyenneté dans tous les domaines et sous toutes ses formes. Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative forment un tout pour permettre la délibération et la décision collectives.

II – NOS OBJECTIFS POUR LE XXIème SIECLE

Art 6

Les socialistes portent une critique historique du capitalisme créateur d’inégalités, facteur de crises, et de dégradations des équilibres écologiques, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier.

Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire.

Les socialistes affirment que certains biens et services ne doivent pas relever du fonctionnement du marché quand ils concernent les droits essentiels. Ils font de la création et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.

Art 7

Les socialistes défendent un nouveau modèle de développement, à l’échelle de la planète, qui conjugue la croissance, l’innovation, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production. Les socialistes agissent pour que la croissance économique et la production de richesses s’effectuent en réduisant les prélèvements sur les ressources non renouvelables et en renforçant la cohésion sociale.

Art 8

Le travail humain est un enjeu  et un droit fondamental, c’est un moyen individuel et collectif d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation. Les socialistes refusent et combattent une société duale où certains tirent leurs revenus de l’emploi et d’autres sont enfermés dans l’assistance ou l’exclusion. Ils défendent le principe d’une société qui donne à tous les moyens de vivre dans la dignité et lutte contre les handicaps de la vie. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale, un droit à la santé au travail. Le travail doit aller de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre, l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun la possibilité de construire sa vie et de participer à la vie publique, et fait toute sa place au secteur non marchand.

Art 9

Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’État social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. Celui-ci privilégie d’abord l’investissement productif au détriment de la rente et de la spéculation. Il doit être un État qui investit et émancipe en privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture. Il assure une protection contre les risques sociaux. Il repose sur une redistribution assumée et la mise en œuvre d’une fiscalité progressive. Il doit garantir pour tous, la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle. La régulation est un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale et territoriale.

Art 10

Lutter pour la paix, la sécurité collective, le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. Le combat pour une communauté internationale pacifique est indissociable de la défense des droits de l’Homme, et de la lutte pour la justice sociale. Il demande également de reconnaître les intérêts propres des États et des peuples, de travailler à dégager les intérêts communs pour construire un monde équilibré, juste et sûr. Il exige aussi un double effort pour conforter, réformer et démocratiser les institutions internationales. Il demande enfin une gestion solidaire des biens publics mondiaux au premier rang desquels le climat, l’eau, la bio-diversité. C’est pourquoi, nous avons besoin du renforcement des Nations unies, et du poids de l’Union européenne et de sa détermination.

Art 11

La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable. La France est, de par son histoire, à la fois, singulière et universaliste, elle doit être fidèle à ce double héritage. Elle doit combattre les discriminations et protéger les droits fondamentaux des immigrés.

III – NOTRE PARTI SOCIALISTE

Art 12

Le Parti socialiste est un  parti républicain. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la  Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité. Il prône la séparation des pouvoirs, garantie d’un régime de responsabilité politique. Il défend le pluralisme et l’indépendance de l’information dans les médias. Pour lui, la Nation n’est pas une juxtaposition de communautés, mais un contrat entre citoyens libres. Elle respecte les droits de toutes celles et de tous ceux qui vivent sur son sol, et veille à ce que chacun accomplisse ses devoirs vis-à-vis d’elle. Le Parti socialiste se donne pour ambition de favoriser l’adhésion de toutes et de tous aux valeurs de la République.

Art 13

Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État et le caractère laïque de l’école publique. Il veille à la liberté de conscience. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes, tous les intégrismes, et tous les sectarismes. Elle entend promouvoir et organiser un espace commun, respectant les religions, dès lors qu’elles s’exercent dans le cadre de la loi et ne sont pas un obstacle pour les libertés individuelles et collectives. La laïcité est une condition de notre vivre ensemble dans la République.

Art 14

Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il entend exercer les responsabilités de gouvernement, à tous les niveaux, afin de changer la société. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire. Le Parti socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat. Il ne considère jamais les rapports de force d’un moment comme figés ou indépassables. Il entend lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d’injustices et d’inégalités.

Art 15

Le Parti socialiste est féministe. Il agit en faveur de l’émancipation des femmes. Il œuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la parité et la mixité de la société. Il garantit aux femmes l’accès aux droits fondamentaux qui assurent la maîtrise de leur corps. Il défend  l’égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes.

Art. 16

Le Parti socialiste est un parti humaniste. Il lutte contre toutes les formes de discriminations quelles que soient les origines et les causes. Il condamne la marchandisation du corps humain et du vivant. Il combat toutes les atteintes à l’intégrité et à la dignité humaines en raison de l’orientation sexuelle.

Art 17

Le Parti socialiste est un parti décentralisateur. Il met le respect de la diversité des territoires, au cœur de ses valeurs. Il veut allier la présence d’un Etat régulateur, garant de l’égalité républicaine et de l’équilibre – y compris financier- entre les territoires, à une démocratie locale vivante et innovante.

Art 18

Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la  Justice. Il veille à la protection des libertés tant publiques qu’individuelles. La justice est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun. Elle doit être accessible, indépendante et égale pour tous. Elle a pour mission de sanctionner mais aussi de contribuer à la prévention et d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.

Art 19

Le Parti socialiste met la culture et l’éducation au centre de ses valeurs.

La culture permet à la fois, de rassembler et de libérer. Face au danger de l’uniformisation et la marchandisation, la culture, avec l’apport irremplaçable des artistes et des créateurs, contribue à construire un monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. Les technologies numériques peuvent y concourir à condition d’en préciser le cadre démocratique et les règles pluralistes.

L’éducation et la formation sont une condition majeure de l’émancipation de chacun, et de la démocratisation de notre société. Elles décident de l’avenir de notre pays. Le Parti socialiste doit veiller à ce que tous aient le même accès à l’éducation et à la formation.

Art 20

Le Parti socialiste est un parti européen. Il agit dans l’Union européenne qu’il a non seulement voulue de longue date, mais contribué à fonder. Il revendique le choix historique de cette construction et la place dans la perspective d’une Europe politique, démocratique, sociale et écologique. Pour les socialistes, celle-ci doit avoir pour mission, par ses politiques communes d’assurer la paix sur le continent et d’y contribuer dans le monde, de favoriser une croissance durable et le progrès social, de conforter le rôle des services publics, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d’aider à relever les défis planétaires par l’exemple d’association qu’elle offre. Engagé au sein du Parti socialiste européen, le Parti socialiste entend tout mettre en œuvre pour le renforcer dans ses structures afin que soit porté un message socialiste en Europe.

Art 21

Le Parti socialiste est un parti internationaliste. Il condamne toutes les oppressions et exploitations et les formes modernes d’esclavagisme. Il œuvre pour le respect du droit des enfants. Il reconnaît pleinement le droit d’asile. Il combat la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme.

Le Parti socialiste milite pour un ordre international juste et respecté, pour une coopération entre les peuples, pour une vraie politique de développement. Il défend le rôle de l’ONU et des institutions internationales. Il souhaite que l’Internationale Socialiste devienne un véritable mouvement progressiste, à l’échelle du monde.

Art 22

Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menés depuis le XIXème siècle pour plus de justice et d’égalité sociales. Ouvert sur la société, il entend exprimer l’intérêt général du peuple français.

Art 23

Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il prend en compte dans un dialogue permanent les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementales, dans le respect de leur indépendance. Le Parti socialiste est un parti qui défend une éthique politique dans l’engagement militant. Il repose sur une adhésion volontaire qui demande que les décisions, les textes et les règles, délibérés et adoptés en commun, soient respectés.

Art 24

Le Parti socialiste veut rassembler toutes les cultures de la gauche. Il ne se résigne pas aux divisions héritées du passé. Organisant en son sein depuis toujours un libre débat, il appelle tous les hommes et toutes les femmes qui partagent ses valeurs à rejoindre ce combat.

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Les premiers signataires

Posté par toulouse2008 le 18 juin 2008

Les premiers signataires


damien.jpg Damien CAREME, Maire de Grande Synthe , Conseiller régional  
013.jpgOlivier CAREMELLE , Conseiller Municipal Lomme, Secrétaire Fédéral   

  dsire.jpg Désirée DUHEM, maire d’Hantay     fredsite.jpg Frédéric DIVINA, Conseiller Municipal Hautmont , Député Suppléant

eliseovart.jpg      Elise OVART-BARATTE, Secrétaire section Vieux-Lille                                                       

 n6g99491.jpg    Thierry COIGNION, secrétaire de section Provin      

 

 Yahia BENASAID, Armentières (CM, DF) Jacques GRUSON, Capinghem (AM) Jean pierre LAVIEVILLE, Sequedin, Christophe DERONNE  La chapelle ( CM, SDS), Bernard DELVAL Roncq (SDS) , Didier JACQUEMIN, Claude et Michèle CREPIN, Haubourdin Jean pierre HOUZET, Saint andré  Michel et Annie DORCHIES,Solre le chateau  Jean francois LOUVEGNEZ , Vieux-Lille Pascal DOUCHET, Lille Gérald CORMIER, Grande Synthe( AM, SDS), Aziza MAKHLOUK, Grande Synthe, Cédric JAMET Vieux-lille, Gillène BARATTE Vieux-Lille, Bernard CATTO Vieux-Lille, André MILLE Lomme (CM),Raymond MASSAL Halluin ,Nadine DEBACKER , Jean françois HOUZET Saint André, Dominique LEFEBVRE (AM), Thomas STELMASYK (CM), Jacques SANNIER(CM), Jean pierre BOUSSEKEY  Capinghem (CM), Gérard HANOUS Lomme, Alexandre DI BARTOLO , Eric ZAJDA Roncq, Patrick ANTONNIOL, Jean Yves DETOURBE, Marie Christine DETOURBE, Jean marie RAUSENBERGERHautmont (SDS), Frédéric FONTAINE Hautmont , Marie Hélène CORMIER, Claude EVRARD, Kamel et sabrina KHELLAF Grande synthe, Jacques et Evelyne HAEGMAN, Patrick PACCOU, Gondecourt (SDS), Jacques et renée ADAMCZAK, René et Marie thérése CAREME, Guy AUTE, Jeanine DELHOMEY, Dominique LEROUX, Yannick NICODEME, Tabibou M’HAMA,Emile HAEGAERT, Claudine AUTE, Kurt ROHR, Olivier et Jocelyne BERTHE, Bernard CABOCHE  Grande Synthe, Michèle DESPREZ Roncq, Joelle GILLOTEAU Grande SyntheSylvie TOURNANT Avesnes (SDS), René LOMBARD, Michele CLOS HAUTMONT, Guillaume BLANC Lille, Caroline MANIER Wattignies, Jean pierre BLANQUARD Seclin, Frédéric LECOCQ Capinghem (SDS), Frédéric SZYMAK Orchies…

 

AM, Adjoint maire  CM, conseiller municipal  BF, Bureau Fédéral  DF, Délégué fédéral  SDS, secrétaire de section

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