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  • Damien CAREME

    Damien CAREME

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REPOLITISER LA QUESTION EDUCATIVE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

De Dunkerque à Maubeuge : un congrès utile ! 

Militants et élus de la fédération du nord, nous souhaitons par ce texte contribuer à 2 points essentiels, l’évolution de notre fonctionnement interne comme toute organisation démocratique et la promotion du projet républicain, pierre angulaire du fait socialiste.

PROJET REPUBLICAIN

« Aprés le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple » 

Danton 

 Cœur du projet émancipateur de la gauche et du parti socialiste en particulier, l’Ecole de la république est en danger ! 

1)Une école fragilisée 

De la massification à la démocratisation 

Fragilisée car à la massification de l’école n’a pas, pour l’heure, suivi la nécessaire  démocratisation comme l’attestent encore trop souvent les inégalités qui se creusent dans et par l’école. Ces «  exclus de l’intérieur », minorité silencieuse, sont les victimes d’un système scolaire qui a de la peine à rétablir de l’égalité quant les inégalités sociales, matérielles et culturelles prédominent dans les familles. De multiples enquêtes et études de l’Inspection Générale brossent le portrait d’une école qui tout en élevant le niveau de formation d’une génération à une autre laisse aussi, contradiction insupportable, de plus en plus d’élèves sur la route, le poids de l’illettrisme en France et dans notre région  en est l’indicateur le plus criant (respectivement 9 et 15 % de la population !)  Aux difficultés internes du système ( lourdeur du ministère malgré la décentralisation, absences de réformes d’envergure et de lisibilité à long terme, corporatisme quelquefois exacerbé, manque de pilotage dans les académies) s’ajoute une pression externe de plus en plus élevée de la société, preuve , de l’importance de l’école dans la conscience des familles. Aujourd’hui non plus appréhendée comme un outil d’égalité et d’émancipation, l’école est avant tout perçue par son utilité quant au devenir légitime de chacun, la marchandisation du savoir en filigrane.  Le poids de l’école privée, considérée  comme porte de secours ou école alternative,  reste symptomatique des attentes des français, du nomadisme qui peut les caractériser avec son corollaire la montée en charge des officines de toutes sortes sur le champ du soutien scolaire et des stages commandos préparatoires aux examens. La rupture scolaire 

 Si cela ne suffisait pas, la droite radicale impose depuis 2002 sa nouvelle vision et conception quant à l’école, la fin annoncée du modèle de l’école républicaine créé sous la 3 éme république et développé depuis plus de 100 ans

La suppression des postes, 40 000 en 5 ans, a touché la peau, attaqué les tissus, menace l’os avec un nouvel adage populaire pour les naïfs, « faire mieux avec moins ». 

De la même façon, toutes les orientations prises depuis 2002 et amplifiées depuis 2007 vont dans la même direction, celle d’un affaiblissement du rôle d’éducation renvoyant à la responsabilité individuelle voire à la culpabilité. Les propos du  recteur de   l’académie sont en cela révélateurs : «Arrêtons de dépenser autant pour si peu de résultats ! ». Le reste suit, généralisation des bac pro en 3 ans pour gagner une année de cours de formation, réforme des programmes du primaire avec des horaires allégés ( samedi matin), attaques préventives sur le statut des fonctionnaires et des enseignants en particulier par le recours aux vacataires et au privé, développement de l’aide à l’enseignement privé qui répondrait  à « une demande sociale… ».  De la même manière, l’instauration du service minimum répond à des fins idéologiques, non pas la volonté de marquer la continuité du service public d’éducation mais celle de pointer du doigt les enseignants, la mobilisation syndicale, en balayant d’un revers de main les raisons profondes des conflits générés par la politique gouvernementale.

 2)Un enjeu essentiel pour le parti socialiste 

Repolitiser 

Ce rapide constat choque d’autant plus que le parti socialiste ne s’est pas suffisamment saisi au niveau national de l’enjeu éducatif.  Nous avons sur ce sujet comme sur d’autres, oublié nos fondamentaux, répugnant à repolitiser le sujet en nous contentant trop souvent d’en faire un débat contradictoire sur les moyens.  Grave erreur alors que nous portons dans nos régions, dans nos départements et dans nos villes, partout ou nous le pouvons, le projet éducatif, le cœur de nos préoccupations, d’élus. La réussite du Projet Educatif global à Lille, Lomme, Hellemmes en est le meilleur exemple avec l’implication de tous les acteurs d’éducation et notamment la prise en compte du rôle important des parents. 

Retravailler 

Le parti socialiste doit se remettre au travail et trouver les moyens de repolitiser la question éducative. Nous proposons à ce titre trois dispositions :  La création autour du premier secrétaire d’un vrai pôle d’animation politique, de propositions et de ripostes qui se saisira de ces questions avec le souci d’alimenter constamment notre réflexion.   La tenue effective, prévue pourtant dans nos statuts, de conventions annuelles pour nous remettre collectivement et politiquement au travail. (Rencontres avec parents d’élèves, forces vives, audit du groupe des experts, débats militants…)  Enfin, il nous faudra revoir nos argumentaires les enrichir, dépasser le seul problème des moyens accordés à l’école (même s’il est vital) pour poser la seule vrai question qui vaille :   ∙→Comment résoudre l’échec scolaire et construire l’école de la réussite pour tous ?

 3) Pour une nouvelle école 

●Pour une politique de l’ éducation ambitieuse  Le volontarisme des Socialistes doit clairement s’afficher pour répondre aux attentes. Volontarisme pour un plan de mandature de 5 ans permettant un recrutement de personnels enseignants et non –enseignants ( notamment infirmière, personnel d’éducation…) qui travailleront à la démocratisation de l’Ecole.

Qui peut aujourd’hui prétendre que l’Education Nationale ne connaît pas une situation de pénurie organisée? 

Humaniser l’Ecole, remettre partout où cela est nécessaire, de la présence, de l’encadrement. Comme le gouvernement Jospin avait lui-même décidé de créer les emplois-jeunes, aides éducateurs œuvrant à diverses tâches (soutien et aide scolaire type RASED, accompagnateur de projets au niveau local, P.E.G, encadrement des salles pupitres aujourd’hui désertées faute de troupes !) , nous devons prendre l’engagement de procéder à un vaste plan de recrutement d’aide-éducateurs pour compenser les trous béants puis s’attaquer à l’aspect qualitatif. 

▪Reconsidérer le métier et le statut des enseignants. La communauté éducative, au sens large, est aujourd’hui confrontée à une crise de défiance et à de nouvelles problématiques qui ont changé de manière considérable son travail. La question du temps et de l’organisation du travail mérite une véritable concertation pour redéfinir les missions et améliorer les conditions d’exercice. Dans le même temps, la formation continue largement défaillante devra être impérativement consolidée offrant la possibilité aux enseignants de se former tout au long de leur carrière (lien avec les associations, les collectivités ou les entreprises) 

 ●Ouvrir l’Ecole 

Nous avons aussi besoin d’élargir notre vision de l’Education. 

Celle-ci ne revêt plus simplement un âge fixe de la vie des français mais déborde sur tous les temps de vie : le temps familial, le temps scolaire, le temps social.  L’Education doit s’ouvrir vers les villes, les quartiers dans lesquels elle s’insère pour garantir effectivement la mixité sociale mise à mal par la carte d’implantation de l’enseignement privé. Nous reviendrons sur la suppression de la carte scolaire et stopperons la mise en concurrence des établissements en ayant l’objectif de garantir à chacun le meilleur accueil de proximité. 

Il est de plus en plus contestable de concevoir l’Ecole comme isolée du reste de la société (ce sanctuaire, cher à M.Bayrou) mais bien comme un élément interdépendant de nos politiques de la ville, de la culture, de la jeunesse et des sports. 

 Une Ecole ouverte dans laquelle la présence d’intervenants extérieurs ne serait plus l’exception mais la règle à travers des partenariats actifs et efficaces avec les équipes pédagogiques. 

Le rôle des familles est à reconsidérer notamment pour les parents délégués auquel il faudra accorder des autorisations d’absence ainsi qu’ une place plus significative. La véritable démocratisation de l’Ecole, l’accès à l’égalité des chances, le combat contre l’illettrisme et la sortie précoce du système supposent un effort massif de la Nation, convaincue de la nécessité de construire une nouvelle Ecole. 

●L’Ecole au plus près

 ∙Un effort très sensible, déjà entrepris par les conseils généraux et régionaux, devra être amplifié afin de doter les élèves de manuels scolaires gratuits, de matériels informatiques tandis que les CDI et l’accès aux TIC seront eux aussi redimensionnés. Les politiques de transport et leur prise en charge mériteront là aussi d’être revues pour tendre à la gratuité alors que l’accès aux bourses devra être plus largement ouvert.

 Un bilan rapide et complet des politiques d’actions vers les REP et ZEP devra être entrepris afin d’évaluer les besoins et reconsidérer les seuils, 15 élèves en primaire, 25 maximum au collège…  ∙Des moyens supplémentaires seront à dégager en lien avec les politiques communales (Contrat Educatif local), départementales (Contrat Educatif Départemental) et régionales            (Contrat Educatif Régional) pour améliorer les efforts au plus prés du terrain tout en veillant aux effets de substitutions par rapport à la politique de l’état.  [1]  ∙La politique de mixité sociale inscrite dans la loi SRU doit impérativement être complétée par celle de la mixité scolaire refusant définitivement les ghettos scolaires comme nous refusons les ghettos urbains.   

●Fermer la porte 

La droite a choisi sciemment de favoriser l’enseignement privé qui trépigne d’impatience pour ouvrir de nouvelles classes prétextant l’attente des familles.  N.Sarkozy s’est engagé pendant la campagne présidentielle à remettre de l’équité entre les 2 systèmes estimant injuste la différence de traitement contre le privé. Ces choix contestables déstabiliseront à court terme le public. Sur ce constat, nous rétablirons la préférence pour le service public d’éducation en lui donnant tous les moyens pour une ambition retrouvée. Aucun moyen supplémentaire pour l’enseignement privé ne pourra être décidé tant que le service public d’éducation n’aura pas retrouvé sa place ! Nous contestons le choix politique, clientéliste, de vouloir confier, dans le cadre du plan « espoir banlieue », de nouveaux moyens à l’enseignement catholique quand, dans le même temps, est démantelé le service public d’éducation ! Nous reviendrons sur l’amendement Charasse et le financement des écoles privées par les collectivités, double peine pour les communes ; contraintes de voir partir les enfants vers le privé et de financer dans le même temps les structures « libres »…  ●Garantir la laïcité  

Enfin, attaquée et fragilisée de toute part, la laïcité ; notre laïcité sera réaffirmée, revivifiée alors que la droite en défend une conception décalée et que la marchandisation de l’école menace ses fondements ainsi que toutes les pressions religieuses. 

Notre laïcité est rappelons-le une dimension fondamentale du socialisme Elle fixe le périmètre du vivre ensemble pour garantir à chacun le respect de ses convictions et croyances alors que les services publics et notamment l’école sont quelquefois malmenés.  Les tentatives de la droite de revisiter ou redéfinir la loi de 1905  nous engage à la vigilance. 

Non pas une laïcité ouverte ou positive mais une laïcité permettant de vivre ensemble sans communautarisme, pour l’émancipation de tous.

Le reste de notre contribution est pour l’heure en débat. La semaine prochaine , la partie économique et sociale

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