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  • Damien CAREME

    Damien CAREME

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RENOUER AVEC NOTRE BASE SOCIALE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

« Une certaine idée de la gauche » 

L’unité est un combat. L’Histoire du parti socialiste a souvent été celle d’un combat, d’une longue marche vers une unité politique réalisée par deux fois, en 1905 avec la création de la SFIO et en 1971 avec l’émergence du parti socialiste.

Du POF de Jules Guesde, aux Jauressistes en passant par le parti révolutionnaire de Vaillant et au POSR d’Allemane et Herr, les différentes tendances, clans, courants d’action et de pensée eurent le courage et le mérite, au delà de leurs divergences, d’engager la bataille unitaire dés 1899, avant l’unification définitive à la salle du globe en avril 1905.

L’ Histoire de la gauche, du socialisme était en marche, fil conducteur qui nous ramène au présent.

Juin 2008. Le parti est à la recherche une nouvelle fois de son unité et de son identité.  C’est dans ce contexte et dans un état d’esprit constructif que les rénovateurs du Nord ont décidé de porter une contribution thématique autour d’un thème a priori fédérateur : le projet républicain. 

Ce projet républicain vise à recentrer les socialistes sur l’essentiel, le bien commun qui nous unis et sur lequel les français attendent, nous attendent…fermement.

Le projet dont le Ps a besoin, riche d’une doctrine rénovée, pour lui permettre de renouer avec toutes les catégories sociales et notamment celles qui se sentent abandonnées.

Désespérés de nos positionnements et de nos absences, nombreux ont été ceux qui se sont réfugiés au mieux dans l’abstention ou pire dans le vote à droite, dupés par le discours fallacieux de N.Sarkozy : ouvriers, employés, salariés et enseignants…

L’enjeu du projet républicain n’est pas de générer toutes formes de compromis mais de tracer une nouvelle voie, une troisième voie, entre le dogmatisme d’hier et le néo-réalisme d’aujourd’hui. 

Evoluer sans se renier, ®évolution sur laquelle de nombreux socialistes pourront demain se retrouver à la condition de tracer une ligne politique claire.

Bâtir en définitive un projet collectif qui prends pieds dans la réalité, entre en résonance avec les citoyens, l’idée qu’une troisième voie, qu’une alternative est possible… inévitable.

1)Renouer avec notre base sociale 

P.Mauroy a eu ces mots lors de la campagne de 2002 : «  Quand même ! Ouvrier n’est pas un gros mot ». De la bouche de Pierre, cette remarque prend tout son sens et reste d’actualité.

Oui, le PS, nous l’avons dit en préambule, à vocation à renouer avec les citoyens et en priorité  avec sa base politique et sociale. 

Ouvriers d’aujourd’hui, sous toutes leurs formes et statuts, précaires de tous horizons, de l’hôtesse d’accueil de nos hypers  aux intérimaires du monde automobile, chômeurs et Rmistes… la liste est longue de tous ceux et celles qui pour des raisons diverses sont fragilisés.

Phénomène de masse, la pauvreté s’est installée dans notre pays, confortablement et quasi-uniformément  chez les citoyens défavorisés, avec la naissance en particularité des travailleurs pauvres.

Travailleurs pauvres : ceux qui ont assez de chance pour avoir un emploi sinon deux mais qui ne peuvent vivre décemment de leur revenu !

Tous les indicateurs sont au rouge : nombre de chômeurs, de rmistes, de précaires, de ceux qui vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté ( 730 euros/mois)…

Enquêtes et études brossent cette France fragmentée, cette société dissociée, une France à 2 vitesses…

Réassocier ces populations à un projet d’avenir, redonner confiance en la démocratie à ces travailleurs pauvres, ouvriers et employés, telle doit être notre priorité.

A)Le droit au travail et au salaire 

La montée profonde et durable du chômage depuis 1973 et notamment dans notre région ( 10 % des actifs) , encore très fragile malgré nos efforts ,n’en fini plus d’inquiéter et de désespérer.

Pourtant la gauche n’a pas de complexe ou de problème avec le travail ou l’emploi ayant démontré tout au long de son histoire qu’elle pouvait assumer ses responsabilitès .

Ainsi entre 1997 et 2002 , les politiques économiques et sociales menées par L.Jospin et M.Aubry nous ont permis d’obtenir de bons résultats, combinant à la fois le soutien ( trop mesuré) à la consommation, le développement des emplois aidés ( fort utile dans de nombreux secteurs) et le partage du temps de travail, mesure emblématique.

3% de croissance par an, 930 000 chômeurs en moins, 2 millions d’emplois créés…les chiffres parlent d’eux mêmes. 

Sur ces bases positives, il nous faudra reprendre et amplifier ces politiques alors que la droite a choisi de leur tourner le dos avec l’adage «  travailler plus pour gagner plus ».

Oui, les 35 heures restent une bonne idée, oui elles méritent d’être généralisées avec conviction pour offrir à tous une part de travail réclamé à défaut d’être obtenu.  Dernière grande mesure issue des luttes sociales, du combat acharné à trouver un équilibre entre le travail et le salaire, les lois Aubry  sont les héritières de l’interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans ( 1841), de la loi limitant la durée du travail journalier ( 10h par jour en 1900), de la limitation de la semaine de travail (48h en 1919), des 40 heures et des congés payés de 1936, de la 3 ème et 4 ème semaine de congés payés ( 1956 et 1963), des 39 heures et de la 5 ème semaine de congés en 1982… 

Chronique d’une mort annoncée, les 35 h comme hier les 48h, les 40 h… sont stigmatisées et instrumentalisées politiquement pour dénoncer la France paresseuse et les errances de la gauche ayant commis l’irréparable, «  erreur majeure de la politique économique et sociable menée entre 1997 et 2002 ».  10 ans, une éternité, nous sépare de la mise en œuvre, certes difficile mais volontaire, de la réduction du temps de travail au bénéfice de tous. 

Abaissement des heures travaillées avec contreparties, flexibilité et modération salariale négociées, mais, rappelons- le aussi, lutte de tous les instants contre le chômage afin de ramener à l’emploi les trop nombreux demandeurs.  Le consensus trouvé après d’âpres négociations par branches, par entreprises a permis à l’époque aux syndicats et aux chefs d’entreprises de construire des accords pour pérenniser l’emploi, le densifier sans pénaliser ni les entreprises  ni les salariés, trouvant  dans la réduction du temps de travail, un temps de repos, de loisirs ou de famille. Juger aujourd’hui les 35 h par les seuls filtres de la modération salariale et du coût pénalisant pour les entreprises ou les finances publiques constituent une  faute politique nous conduisant sur le chemin de cette nouvelle pensée unique. 

 A l’heure où la pression sur les salariés est réaffirmée ( retour aux 40 heures chez Continental), à l’heure où la maxime vertueuse du « travailler plus pour gagner plus » pénètre les esprits se déconstruit lentement mais sûrement un siècle d’efforts et de luttes politiques. 

C’est sans conteste un  revirement après des décennies de progrès social et disons- le une revanche sur l’Histoire.  La question vitale de l’emploi est, 10 ans après, rejointe et dépassée par la question salariale, du pouvoir d’achat. Audibles, les socialistes le seront à nouveau lorsqu’ils réaffirmeront la nécessité impérieuse de construire une société de plein emploi tandis que les fruits du travail seront mieux répartis.  Les politiques de la Droite portent en elles un venin dangereux, celui de faire croire que le travail ne se partage pas, opposant durablement les uns et les autres. 

Il nous faudra de la même manière nous engager sur le front des salaires, permettant aux uns et aux autres de pouvoir vivre de sa juste rémunération. Les efforts consentis hier doivent trouver demain un débouché pour que les salariés ne se sentent pas floués.

C’est une question de justice sociale.

B)La protection du salarié 

Souvent pointés du doigt pour leur coût excessif, les salariés français s’estiment à la fois sous-payés et menacés. 

La question de la rémunération réglée par la droite ( l’augmentation du travail comme variable du salaire qui délégitimise toute demande d’augmentation !), celle-ci a aujourd’hui l’ambition de fragiliser le statut des salariés.

Du CPE au CNE en passant par le contrat de mission et  à la recodification du droit social… toutes les réformes de la droite depuis 2002 suivent la même logique : rendre  flexible  le marché du travail en répondant aux aspirations profondes des employeurs.

Les entrées et sorties du monde du travail, la durée légale du travail, les cotisations sociales, les syndicats.. tout pose problème aux employeurs. 

Pourtant le marché du travail n’est pas figé puisque chaque jour 16 000 personnes quittent ( souvent involontairement) leur entreprise ( CDD, intérim) et 2000 en raison d’un licenciement.

Chaque jour est dénoncé la réduction du temps de travail, chaque jour sont fragilisés et même quelquefois rompus les accords négociés sur le partage du temps de travail ( Bosch…)

Dans ce cadre, nos propositions restent dans le droit fil de nos textes précédents.

La limitation du recours à l’intérim et aux CDD avec pénalités financières,

La surveillance rigoureuse des licenciements alors que se multiplient les abus individuels et collectifs,

La généralisation de la réduction du temps de travail, instrument du retour au plein emploi,

La réforme des heures supplémentaires pour une incitation à augmenter d’abord et avant tout les salaires

Le travail pour tous : égalité homme/femme, lutte contre les discriminations, développement du travail des handicapés…

C) Refonder la démocratie sociale 

L’économie française rémunère de plus en plus le capital et de moins en moins les salaires !

Ce constat implacable doit être vigoureusement combattu en créant un nouveau rapport de force plus favorable aux salariés et à leurs syndicats. 

Le dialogue social nouvellement instauré est un faux semblant, offrant certes aux syndicats la possibilité d’êtres consultés mais sans volonté réelle de travailler avec eux au compromis.

Un cadre formel de réflexion mais avec une épée de Damoclès au dessus de la tête ! 

Il est vrai aussi que la faiblesse historique du syndicalisme dans notre pays, ses divisions, son émiettement et poids relatif ne concourent pas à créer les bases d’un rapport de force satisfaisant.

De son côté, le patronat de Mme Parisot reste souvent inflexible et dogmatique, ouvrant sur la scène médiatique des espaces conflictuels avec ses propres troupes pour s’affranchir d’un discours et de politique quelquefois « réactionnaires »

Cette situation ne peut plus durer, il faudra engager par la loi la refonte de notre démocratie sociale en prévoyant notamment :

L’extension des pouvoirs du CE et des délégués du personnel avec voix délibérative ( avis conforme sur la politique de l’entreprise),

Le financement public et transparent des syndicats pour couper court à toutes dérives,

La généralisation de l’accord majoritaire à tous niveaux de la négociation collective pour éviter que les choix ne soient faits par une minorité complaisante,

Un nouveau rapport entre ce qui relève de la loi et de ce qui procède du contrat, donner de l’air aux forces vives du pays.

Attendue, la rénovation de la démocratie sociale, exige de la part des politiques une prise de conscience et un volontarisme afin de redonner du souffle à la République.  Un des enjeux essentiel de la politique est d’être capable à la fois de définir un environnement favorable à la création de richesses, au bon fonctionnement des entreprises et de leur activité tout en permettant à chacun  de trouver sa place dans la société par l’emploiCet enjeu, clairement affiché par les socialistes, marque le volontarisme de leur démarche et ce principe de réalisme qui conduit leur politique. Celle-ci évidement devra être profondément renouvelée, réaffirmée posant explicitement les règles du jeu entre partenaire sociaux et l’Etat mais aussi et surtout entre partenaires sociaux, là où réside l’essentiel des difficultés. 

Ce renouvellement devra prendre en compte au moins 3 grandes articulations.  Celle de l’économique et du social puisque la question posée n’est plus seulement celle de la richesse produite mais celle du développement économique, la croissance des entreprises, tandis que le partage des richesses reprendrait le chemin de la justice sociale. La deuxième articulation est celle du rapport entre l’Etat et les acteurs sociaux. La caricature des positions du MEDEF ne doit pas nous faire oublier que l’Etat ne peut pas être omnipotent comme il ne peut être totalement absent, laissant la liberté de faire et défaire les normes sociales, objectif avoué de la Droite relayant les demandes du patronat. Cette préférence est donc celle du «  mieux Etat », celui qui ajoute de la plus value lorsqu’il le peut et s’efface lorsqu’il le doit, celui qui définit les règles de la protection sociale ( création de la CMU  hier) et détermine le cadre légal du travail. Enfin troisième articulation, plus actuelle, celle du rapport entre la vie familiale  et la vie professionnelle qui exige de prendre en compte les demandes de souplesse des salariés et des entreprises  tout en réglant la question salariale. 

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