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  • Damien CAREME

    Damien CAREME

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POUR UNE NOUVELLE ECOLE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Une premiére contribution sur le théme de l’éducation , un des axes du projet républicain que nous proposerons aux militants du parti. Une thématique forte, absolue, le coeur de notre projet politique, émancipateur.   

 

« Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple »
Danton

POUR UNE NOUVELLE ECOLE

Les Socialistes ont toujours eu à cœur de penser l’Ecole et d’en faire un lieu d’émancipation.
Celle-ci devait ainsi permettre à tous de se construire et de trouver sa place dans la société.
Des idéaux aux différents projets en passant par les responsabilités que nous avons eues au cours des 25 dernières années, l’action des Socialistes n’a jamais dévié : faire de notre système éducatif un lieu de construction intellectuelle, culturelle et sociale.
Pourtant le système éducatif est, nous le savons, aujourd’hui à la croisée des chemins.

I)D’hier à aujourd’hui

Le pari tenté et réussi de la massification a ainsi permis d’ouvrir l’accès à l’Ecole, là où des milliers d’enfants et d’adolescents quittaient précocement l’Institution.
Les années 50 –90 ont été en effet marquées par l’explosion des effectifs scolaires dans tous les ordres d’enseignement.
De 350000 en 1950, le nombre d’enfants scolarisés en maternelle est passé à 2,7 millions en 2000 pour 2 millions à 4 millions dans le primaire !
Le secondaire a vu ses effectifs croître de 775000 élèves à 4,6 millions aujourd’hui.
Cette école de masse est évidemment le fruit de l’explosion démographique de l’après guerre, du prolongement de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans à partir de 1967 et du rôle alors accordé à l’Ecole comme ascenseur social.
Cet afflux massif n’a pas été sans mal posant le redoutable problème de l’accueil des élèves dans des établissements en nombre insuffisant tout en générant un recrutement de personnel quasi exceptionnel.
Conséquences logiques de cette massification, les moyens globaux consacrés à l’Education ont explosé ( environ 100 milliards d’euros au titre du budget national et des collectivités locales) afin de faire face aux besoins tandis que se posait la question de l’égalité des chances derrière l’apparente uniformité des élèves.
Tout nous montre, résultats aux examens, pourcentage de sortie sans diplôme, insertion par l’emploi, les difficultés de l’Ecole à offrir la possibilité à chacun de s’insérer dans la société. Le problème n’est plus de savoir aujourd’hui qui peut et doit fréquenter l’Ecole, chacun considérant, au-delà des imperfections repérées, le rôle éminent du système scolaire quant à l’avenir collectif de la société et personnel des individus.
Le défi de notre temps est celui de la démocratisation, de l’élévation qualitative des effets de la scolarisation afin de garantir à chacun la possibilité de vivre et de se construire dans notre démocratie.
Utopie socialiste pour la Droite qui, à travers la seule notion du mérite ou l’accusation à peine voilée de responsabilité ( culpabilité ?), s’en remet comme souvent aux lois naturelles.
Projet majeur, structurant pour la Gauche qui doit reprendre politiquement la main sur l’Education, une des questions identitaires pour les socialistes.

Il serait inutile de concevoir un projet de plus sans prendre l’engagement formel de porter celui-ci devant les Français et leur proposer une alternative au système scolaire essoufflé.

II)Tracer une nouvelle voie

Quels objectifs doit-on assigner à l’Ecole ? Quels rôles le système scolaire doit-il remplir ?

Les questions ne sont pas nouvelles.
Il s’agit évidemment de former les élèves, d’atteindre des objectifs ambitieux quant aux connaissances, aux savoirs, de maturité intellectuelle mais aussi de construire les citoyens de demain afin de renforcer la cohésion de notre société.
Rendre autonome pour conduire à la Liberté et construire la Fraternité par l’Egalité.
Cette double mission de l’Ecole est attaquée par de nombreux défis : crise de la citoyenneté, montée du communautarisme et fracture sociale qui la fragilisent.
Ainsi à l’heure même ou l’Ecole éprouve-t-elle de plus en plus de difficultés à remplir son rôle, l’exigence des élèves et des parents au nom même du service public tend à augmenter.
Ce décrochage entre l’espérance d’une Ecole mobilisatrice, formatrice et citoyenne et le constat actuel inquiète l’opinion, organise la défiance, sollicite les politiques
.
Les Socialistes ne pourront plus penser l’Ecole sans tirer toutes les leçons de ce constat.

Le système scolaire marque le pas : le moment n’est pas venu d’accepter une pause, de renoncer.
Nos ambitions doivent être très concrètes : refuser les sorties des élèves sans diplôme, permettre une réelle égalité des chances, offrir à chacun un passeport pour l’emploi par la qualification.
15 % des effectifs d’une génération, environ 100000 élèves, quittent en effet l’Ecole sans diplôme reconnu !
Cette situation conduit naturellement à l’exclusion et naturellement tôt ou tard au traitement social.
Ce paupérisme scolaire ne semble guère gêner alors qu’il un des éléments les plus marquants et les plus choquants d’une société clivée.
Les Socialistes doivent réaffirmer et défendre le principe de 0 jeune quittant le système éducatif sans un véritable diplôme alors que d’autres pays font beaucoup mieux que nous : 4% au Danemark, 7% au Japon, 9% en Finlande…
Notre pays ne peut à contre-courrant renoncer à assurer à tous les enfants une formation de base commune.
Rien à voir évidemment avec la politqiue de la droite, de Fillon à Darcos, et de ses tentatives réactionnaires de filtrer, sélectionner, apurer et offrir un minimum vital.
Au l’autre bout de la chaîne, la situation n’est pas plus brillante. Ainsi un jeune sur 4 obtient un niveau de diplôme supérieur ou égal à la licence, moins que la moyenne des pays de l’OCDE, moins que dans tous les autres grands pays européens, Allemagne exceptée.
Malgré l’apparence des chiffres, la montée du nombre d’étudiants depuis des années 60, la France a loin d’avoir favorisé un large accès à l’enseignement supérieur.
Aujourd’hui avec un peu plus de 60% de bacheliers par génération notre pays est juste à la moyenne des pays de l’OCDE.
L’ambition de porter 80 % d’une génération jusqu’au bac est donc encore loin… devant nous.
Fait sans précédent dans l’histoire de notre système scolaire le % des bacheliers généraux a chuté d’environ 15% ces dernières années.
Incapable d’assurer l’égalité des chances d’accès aux formations les meilleures, le système a construit des stratégies de contournements avec le recours à la voie technologique et professionnelle.
Ces 2 voies ont été très largement utilisées comme alibi pour ne pas consentir les efforts nécessaires pour permettre aux enfants des milieux les plus défavorisés d’accéder au bac général.

Un enfant d’ouvrier a ainsi 3 fois plus de chances d’obtenir un bac professionnel qu’un enfant de cadre supérieur et 5 fois moins d’obtenir un bac général qu’un enfant d’enseignant.
Où se trouve l’égalité des chances ? Pourquoi ne parvient –on pas à réduire cet écart lié à la reproduction des inégalités sociales ? A-t-on tout fait pour construire cette école véritablement émancipatrice ?

III)Répondre aux attenteseduc.jpg

Les différents acteurs de l’Ecole, élèves, enseignants, parents sont en attente.

Au-delà des mots et des slogans qui claquent, chacun attend des actes, une politique de l’Education et de la formation qui dépasse et de loin des lois contestées et contestables.
L’Ecole exige, sinon l’adhésion de tous, au moins un consensus pour répondre aux difficultés du jour et préfigurer l’Ecole de demain.
Dans une société noyée par le chômage, torturée par les clivages sociaux et culturels, il est aussi du rôle de l’Ecole d’écouter la société, d’entendre les maux et de lui répondre par des mots.
Rien ne pourra se faire en renonçant à afficher la priorité de l’Education dépassant la simple lecture budgétaire là où les moyens sont absolument vitaux.
La Droite nous a d’ailleurs très souvent reproché d’accorder à l’Education Nationale toute notre attention considérant que le service public n’en valait pas la peine.
C’est une des grandes lignes de clivages entre nous et la Droite, là où elle s’efforce sous prétexte de réforme, de saupoudrer les moyens et de licencier les aides éducateurs, de sacrifier nombre de postes d’enseignants ou d’encadrement pourtant absolument nécessaires.

Il est  d’ailleurs particuliérement étonnant que le débat sur les moyens soit totalement déconnecté de l’ambition de l’école , la promotion des individus , l’égalité des chances et la lutte contre l’échec scolaire. ( 15 % d’illettrés dans notre région) 

40 000! L’etat licencieur a liquidé 40 000 postes en 5 ans. La peau a été touchée, les tissus attaqués, l’os est aujourd’hui menacé…

a)Pour une politique de l’Education ambitieuse

Le volontarisme des Socialistes doit s’afficher pour répondre aux attentes.
Volontarisme pour un plan de mandature de 5 ans permettant un recrutement de personnel enseignant et non –enseignant ( notamment infirmière, personnel d’éducation…) qui travailleront à la démocratisation de l’Ecole.
Il faudra pour cela travailler en amont la population étudiante lui donner l’envie de s’investir, de former les « nouveaux hussards noirs » de la République et évidemment les préparer aux lourdes tâches qui seront les leurs.
Le pari de l’avenir conjugué à l’ambition de ne laisser personne de côté suppose d’engager notre responsabilité budgétaire pratiquant une politique de rupture quant aux priorités affichées.
Qui peut aujourd’hui prétendre que l’Education Nationale ne connaît pas une situation de pénurie organisée?

Pénurie d’enseignants, de surveillants, d’infirmières, de médecin, de personnel TOS, de présence humaine tout simplement ?
Les lois mathématiques de taux d’encadrement sont-elles aussi à revoir.
Ne nous interdisons rien, en particulier pour les territoires qui accueillent des établissements défavorisés et qui nécessiteraient des moyens supplémentaires.
Cette pénurie organisée et assumée par la Droite ( la bonne réforme de Monsieur moins, X.Darcos!) des enseignants depuis 2002 devra être battue en brèche en créant le plan de recrutement de mandature.
Celui-ci est, nous le savons, d’autant plus impérieux que le départ massif des personnels, enfants du baby-boom, fait craindre des difficultés de recrutement.
Ainsi à l’heure où le taux de chômage dépasse les 10%, où le gouvernement maltraite les effectifs se profile une crise sans précédant autour de l’Ecole.
Quasi abandonné, toujours stigmatisé, largement déconsidéré dans l’opinion publique, le métier d’enseignant attire de moins en moins.
Ces enseignants ne pourront tous faire seuls. Le rôle de tous les personnels non-enseignants reste vital pour le bon fonctionnement des établissements qui sont en même temps que des lieux d’études et de travail, des lieux de vie.
Humaniser l’Ecole, remettre partout où cela est nécessaire de la présence, de l’encadrement comme le gouvernement Jospin avait lui-même décidé de créer les emplois-jeunes, aides éducateurs œuvrant à diverses tâches ( soutien et aide scolaire type RASED, accompagnateur de projets au niveau local P.E.G, encadrement des salles pupitres aujourd’hui désertées faute de troupes !)
Nous devons prendre l’engagement de procéder là encore à un vaste plan de recrutement d’aide-éducateurs pour compenser les trous béants puis s’attaquer à l’aspect qualitatif.

b)Ouvrir l’Ecole

Nous avons aussi besoin d’élargir notre vision de l’Education.

Celle-ci ne revêt plus simplement un âge fixe de la vie des français mais déborde sur tous les temps de vie : le temps familial, le temps scolaire, le temps social.
L’Education, restant autour du pivot central de la formation initiale, doit s’ouvrir vers les villes, les quartiers dans lesquels elles s’insèrent.
Il est de plus en plus contestable de concevoir l’Ecole comme isolée du reste de la société ( ce sanctuaire, cher à M.Bayrou) mais bien comme un élément interdépendant de nos politiques de la ville, de la culture, de la jeunesse et des sports.
Une Ecole ouverte dans laquelle la présence d’intervenants extérieurs ne serait plus l’exception mais la règle à travers des partenariats actifs et efficaces avec les équipes pédagogiques.
Le rôle des familles est à reconsidérer notamment pour les parents délégués auquel il faudra accorder des autorisations d’absence et leur accorder une place plus significative.
La véritable démocratisation de l’Ecole, l’accès à l’égalité des chances, le combat contre l’illettrisme la sortie précoce du système supposent un effort massif de la Nation convaincue de la nécessité de construire une nouvelle Ecole.

c)L’Ecole au plus prés

Un effort très sensible, déjà entrepris par les conseils généraux et régionaux, devra être amplifié afin de doter les élèves de manuels scolaires gratuits, de matériels informatiques tandis que les CDI et l’accès au NTIC seront eux aussi redimensionnés.
Un bilan rapide et complet des politiques d’actions vers les REP et ZEP devra être entrepris afin d’évaluer les besoins et reconsidérés les seuils.
Des moyens supplémentaires seront à dégager en lien avec les politiques communales( Contrat Educatif local), départementales ( Contrat Educatif Départemental) et régionales ( Contrat Educatif Régional) pour améliorer les efforts au plus prés du terrain.

La politique de mixité sociale inscrite dans la loi SRU doit impérativement être complétée par celle de la mixité scolaire refusant définitivement les ghettos scolaires comme nous refusons les ghettos urbains.

d)Fermer la porte

La droite a choisir sciemment de favoriser l’enseignement privé qui trépigne d’impatience pour ouvrir de nouvelles classes pretextant l’attente des familles. N.Sarkozy s’est engagé pendant la campagne présidentielle à remettre de l’équité entre les 2 systémes estimant injuste la différence de traitement contre le privé. Ces choix contestables déstabiliseront à court terme le public .

 

IV) Pour une société éducative

Rien ne serait pire que de ne rien faire et de renoncer.

Rien ne serait pire que de copier ou plagier des politiques déjà vues.

Le Projet Educatif Global que les Socialistes doivent construire sera, à coup sûr, un des éléments importants du débat et du combat contre la Droite.
L’orientation du Parti concernant l’Education doit résolument s’inscrire dans une perspective nouvelle constatant tous les changements intervenus dans la société depuis plus de 20 ans.
Notre système éducatif ne peut rester figé afin de répondre au double défi de la massification et de la démocratisation.
Ce défi ne pourra être gagné sans le concours des uns et des autres, la force de nos convictions et le poids de nos mesures.
Une loi d’Orientation devra donc à la fois organiser ces changements et conduire au consensus de la Nation.
Elle supposera des choix, des évolutions, du courage et l’investissement de tous les acteurs de l’Education : familles, associations, enseignants, élus….

Pour l’heure, défaits une nouvelle fois en 2007, nous demandons au parti de se ressaisir en repolitisant le débat sur l’Education.

V) Socialistes : au rendez-vous

Ce rapide constat choque d’autant plus que le parti socialiste ne s’est pas suffisamment saisi au niveau national de l’enjeu éducatif. Nous avons sur ce sujet comme sur d’autres, oubliés nos fondamentaux, répugnant à repolitiser le sujet en nous contentant trop souvent d’en faire un débat contradictoire sur les moyens.

Grave erreur alors que nous portons dans nos régions, dans nos départements et dans nos villes, partout ou nous le pouvons, le projet éducatif, le cœur de nos préoccupations, d’élus.

Nous proposons à ce titre deux dispositions : la création autour du premier secrétaire d’un vrai pole d’animation politique, de propositions et de ripostes qui se saisira de ces questions avec le souci d’alimenter constamment notre réflexion.  Là encore des conventions annuelles fixées dans nos statuts devront effectivement se tenir pour nous remettre au travail.

Enfin plus politique, il nous faudra revoir nos argumentaires les enrichir, dépasser le seul problème des moyens accordés à l’école (même s’il est vital) pour poser la seule vrai question qui vaille :

Comment résoudre l’échec scolaire et construire l’école de la réussite pour tous ?

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