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RENOUER AVEC NOTRE BASE SOCIALE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

« Une certaine idée de la gauche » 

L’unité est un combat. L’Histoire du parti socialiste a souvent été celle d’un combat, d’une longue marche vers une unité politique réalisée par deux fois, en 1905 avec la création de la SFIO et en 1971 avec l’émergence du parti socialiste.

Du POF de Jules Guesde, aux Jauressistes en passant par le parti révolutionnaire de Vaillant et au POSR d’Allemane et Herr, les différentes tendances, clans, courants d’action et de pensée eurent le courage et le mérite, au delà de leurs divergences, d’engager la bataille unitaire dés 1899, avant l’unification définitive à la salle du globe en avril 1905.

L’ Histoire de la gauche, du socialisme était en marche, fil conducteur qui nous ramène au présent.

Juin 2008. Le parti est à la recherche une nouvelle fois de son unité et de son identité.  C’est dans ce contexte et dans un état d’esprit constructif que les rénovateurs du Nord ont décidé de porter une contribution thématique autour d’un thème a priori fédérateur : le projet républicain. 

Ce projet républicain vise à recentrer les socialistes sur l’essentiel, le bien commun qui nous unis et sur lequel les français attendent, nous attendent…fermement.

Le projet dont le Ps a besoin, riche d’une doctrine rénovée, pour lui permettre de renouer avec toutes les catégories sociales et notamment celles qui se sentent abandonnées.

Désespérés de nos positionnements et de nos absences, nombreux ont été ceux qui se sont réfugiés au mieux dans l’abstention ou pire dans le vote à droite, dupés par le discours fallacieux de N.Sarkozy : ouvriers, employés, salariés et enseignants…

L’enjeu du projet républicain n’est pas de générer toutes formes de compromis mais de tracer une nouvelle voie, une troisième voie, entre le dogmatisme d’hier et le néo-réalisme d’aujourd’hui. 

Evoluer sans se renier, ®évolution sur laquelle de nombreux socialistes pourront demain se retrouver à la condition de tracer une ligne politique claire.

Bâtir en définitive un projet collectif qui prends pieds dans la réalité, entre en résonance avec les citoyens, l’idée qu’une troisième voie, qu’une alternative est possible… inévitable.

1)Renouer avec notre base sociale 

P.Mauroy a eu ces mots lors de la campagne de 2002 : «  Quand même ! Ouvrier n’est pas un gros mot ». De la bouche de Pierre, cette remarque prend tout son sens et reste d’actualité.

Oui, le PS, nous l’avons dit en préambule, à vocation à renouer avec les citoyens et en priorité  avec sa base politique et sociale. 

Ouvriers d’aujourd’hui, sous toutes leurs formes et statuts, précaires de tous horizons, de l’hôtesse d’accueil de nos hypers  aux intérimaires du monde automobile, chômeurs et Rmistes… la liste est longue de tous ceux et celles qui pour des raisons diverses sont fragilisés.

Phénomène de masse, la pauvreté s’est installée dans notre pays, confortablement et quasi-uniformément  chez les citoyens défavorisés, avec la naissance en particularité des travailleurs pauvres.

Travailleurs pauvres : ceux qui ont assez de chance pour avoir un emploi sinon deux mais qui ne peuvent vivre décemment de leur revenu !

Tous les indicateurs sont au rouge : nombre de chômeurs, de rmistes, de précaires, de ceux qui vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté ( 730 euros/mois)…

Enquêtes et études brossent cette France fragmentée, cette société dissociée, une France à 2 vitesses…

Réassocier ces populations à un projet d’avenir, redonner confiance en la démocratie à ces travailleurs pauvres, ouvriers et employés, telle doit être notre priorité.

A)Le droit au travail et au salaire 

La montée profonde et durable du chômage depuis 1973 et notamment dans notre région ( 10 % des actifs) , encore très fragile malgré nos efforts ,n’en fini plus d’inquiéter et de désespérer.

Pourtant la gauche n’a pas de complexe ou de problème avec le travail ou l’emploi ayant démontré tout au long de son histoire qu’elle pouvait assumer ses responsabilitès .

Ainsi entre 1997 et 2002 , les politiques économiques et sociales menées par L.Jospin et M.Aubry nous ont permis d’obtenir de bons résultats, combinant à la fois le soutien ( trop mesuré) à la consommation, le développement des emplois aidés ( fort utile dans de nombreux secteurs) et le partage du temps de travail, mesure emblématique.

3% de croissance par an, 930 000 chômeurs en moins, 2 millions d’emplois créés…les chiffres parlent d’eux mêmes. 

Sur ces bases positives, il nous faudra reprendre et amplifier ces politiques alors que la droite a choisi de leur tourner le dos avec l’adage «  travailler plus pour gagner plus ».

Oui, les 35 heures restent une bonne idée, oui elles méritent d’être généralisées avec conviction pour offrir à tous une part de travail réclamé à défaut d’être obtenu.  Dernière grande mesure issue des luttes sociales, du combat acharné à trouver un équilibre entre le travail et le salaire, les lois Aubry  sont les héritières de l’interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans ( 1841), de la loi limitant la durée du travail journalier ( 10h par jour en 1900), de la limitation de la semaine de travail (48h en 1919), des 40 heures et des congés payés de 1936, de la 3 ème et 4 ème semaine de congés payés ( 1956 et 1963), des 39 heures et de la 5 ème semaine de congés en 1982… 

Chronique d’une mort annoncée, les 35 h comme hier les 48h, les 40 h… sont stigmatisées et instrumentalisées politiquement pour dénoncer la France paresseuse et les errances de la gauche ayant commis l’irréparable, «  erreur majeure de la politique économique et sociable menée entre 1997 et 2002 ».  10 ans, une éternité, nous sépare de la mise en œuvre, certes difficile mais volontaire, de la réduction du temps de travail au bénéfice de tous. 

Abaissement des heures travaillées avec contreparties, flexibilité et modération salariale négociées, mais, rappelons- le aussi, lutte de tous les instants contre le chômage afin de ramener à l’emploi les trop nombreux demandeurs.  Le consensus trouvé après d’âpres négociations par branches, par entreprises a permis à l’époque aux syndicats et aux chefs d’entreprises de construire des accords pour pérenniser l’emploi, le densifier sans pénaliser ni les entreprises  ni les salariés, trouvant  dans la réduction du temps de travail, un temps de repos, de loisirs ou de famille. Juger aujourd’hui les 35 h par les seuls filtres de la modération salariale et du coût pénalisant pour les entreprises ou les finances publiques constituent une  faute politique nous conduisant sur le chemin de cette nouvelle pensée unique. 

 A l’heure où la pression sur les salariés est réaffirmée ( retour aux 40 heures chez Continental), à l’heure où la maxime vertueuse du « travailler plus pour gagner plus » pénètre les esprits se déconstruit lentement mais sûrement un siècle d’efforts et de luttes politiques. 

C’est sans conteste un  revirement après des décennies de progrès social et disons- le une revanche sur l’Histoire.  La question vitale de l’emploi est, 10 ans après, rejointe et dépassée par la question salariale, du pouvoir d’achat. Audibles, les socialistes le seront à nouveau lorsqu’ils réaffirmeront la nécessité impérieuse de construire une société de plein emploi tandis que les fruits du travail seront mieux répartis.  Les politiques de la Droite portent en elles un venin dangereux, celui de faire croire que le travail ne se partage pas, opposant durablement les uns et les autres. 

Il nous faudra de la même manière nous engager sur le front des salaires, permettant aux uns et aux autres de pouvoir vivre de sa juste rémunération. Les efforts consentis hier doivent trouver demain un débouché pour que les salariés ne se sentent pas floués.

C’est une question de justice sociale.

B)La protection du salarié 

Souvent pointés du doigt pour leur coût excessif, les salariés français s’estiment à la fois sous-payés et menacés. 

La question de la rémunération réglée par la droite ( l’augmentation du travail comme variable du salaire qui délégitimise toute demande d’augmentation !), celle-ci a aujourd’hui l’ambition de fragiliser le statut des salariés.

Du CPE au CNE en passant par le contrat de mission et  à la recodification du droit social… toutes les réformes de la droite depuis 2002 suivent la même logique : rendre  flexible  le marché du travail en répondant aux aspirations profondes des employeurs.

Les entrées et sorties du monde du travail, la durée légale du travail, les cotisations sociales, les syndicats.. tout pose problème aux employeurs. 

Pourtant le marché du travail n’est pas figé puisque chaque jour 16 000 personnes quittent ( souvent involontairement) leur entreprise ( CDD, intérim) et 2000 en raison d’un licenciement.

Chaque jour est dénoncé la réduction du temps de travail, chaque jour sont fragilisés et même quelquefois rompus les accords négociés sur le partage du temps de travail ( Bosch…)

Dans ce cadre, nos propositions restent dans le droit fil de nos textes précédents.

La limitation du recours à l’intérim et aux CDD avec pénalités financières,

La surveillance rigoureuse des licenciements alors que se multiplient les abus individuels et collectifs,

La généralisation de la réduction du temps de travail, instrument du retour au plein emploi,

La réforme des heures supplémentaires pour une incitation à augmenter d’abord et avant tout les salaires

Le travail pour tous : égalité homme/femme, lutte contre les discriminations, développement du travail des handicapés…

C) Refonder la démocratie sociale 

L’économie française rémunère de plus en plus le capital et de moins en moins les salaires !

Ce constat implacable doit être vigoureusement combattu en créant un nouveau rapport de force plus favorable aux salariés et à leurs syndicats. 

Le dialogue social nouvellement instauré est un faux semblant, offrant certes aux syndicats la possibilité d’êtres consultés mais sans volonté réelle de travailler avec eux au compromis.

Un cadre formel de réflexion mais avec une épée de Damoclès au dessus de la tête ! 

Il est vrai aussi que la faiblesse historique du syndicalisme dans notre pays, ses divisions, son émiettement et poids relatif ne concourent pas à créer les bases d’un rapport de force satisfaisant.

De son côté, le patronat de Mme Parisot reste souvent inflexible et dogmatique, ouvrant sur la scène médiatique des espaces conflictuels avec ses propres troupes pour s’affranchir d’un discours et de politique quelquefois « réactionnaires »

Cette situation ne peut plus durer, il faudra engager par la loi la refonte de notre démocratie sociale en prévoyant notamment :

L’extension des pouvoirs du CE et des délégués du personnel avec voix délibérative ( avis conforme sur la politique de l’entreprise),

Le financement public et transparent des syndicats pour couper court à toutes dérives,

La généralisation de l’accord majoritaire à tous niveaux de la négociation collective pour éviter que les choix ne soient faits par une minorité complaisante,

Un nouveau rapport entre ce qui relève de la loi et de ce qui procède du contrat, donner de l’air aux forces vives du pays.

Attendue, la rénovation de la démocratie sociale, exige de la part des politiques une prise de conscience et un volontarisme afin de redonner du souffle à la République.  Un des enjeux essentiel de la politique est d’être capable à la fois de définir un environnement favorable à la création de richesses, au bon fonctionnement des entreprises et de leur activité tout en permettant à chacun  de trouver sa place dans la société par l’emploiCet enjeu, clairement affiché par les socialistes, marque le volontarisme de leur démarche et ce principe de réalisme qui conduit leur politique. Celle-ci évidement devra être profondément renouvelée, réaffirmée posant explicitement les règles du jeu entre partenaire sociaux et l’Etat mais aussi et surtout entre partenaires sociaux, là où réside l’essentiel des difficultés. 

Ce renouvellement devra prendre en compte au moins 3 grandes articulations.  Celle de l’économique et du social puisque la question posée n’est plus seulement celle de la richesse produite mais celle du développement économique, la croissance des entreprises, tandis que le partage des richesses reprendrait le chemin de la justice sociale. La deuxième articulation est celle du rapport entre l’Etat et les acteurs sociaux. La caricature des positions du MEDEF ne doit pas nous faire oublier que l’Etat ne peut pas être omnipotent comme il ne peut être totalement absent, laissant la liberté de faire et défaire les normes sociales, objectif avoué de la Droite relayant les demandes du patronat. Cette préférence est donc celle du «  mieux Etat », celui qui ajoute de la plus value lorsqu’il le peut et s’efface lorsqu’il le doit, celui qui définit les règles de la protection sociale ( création de la CMU  hier) et détermine le cadre légal du travail. Enfin troisième articulation, plus actuelle, celle du rapport entre la vie familiale  et la vie professionnelle qui exige de prendre en compte les demandes de souplesse des salariés et des entreprises  tout en réglant la question salariale. 

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POUR UNE NOUVELLE ECOLE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Une premiére contribution sur le théme de l’éducation , un des axes du projet républicain que nous proposerons aux militants du parti. Une thématique forte, absolue, le coeur de notre projet politique, émancipateur.   

 

« Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple »
Danton

POUR UNE NOUVELLE ECOLE

Les Socialistes ont toujours eu à cœur de penser l’Ecole et d’en faire un lieu d’émancipation.
Celle-ci devait ainsi permettre à tous de se construire et de trouver sa place dans la société.
Des idéaux aux différents projets en passant par les responsabilités que nous avons eues au cours des 25 dernières années, l’action des Socialistes n’a jamais dévié : faire de notre système éducatif un lieu de construction intellectuelle, culturelle et sociale.
Pourtant le système éducatif est, nous le savons, aujourd’hui à la croisée des chemins.

I)D’hier à aujourd’hui

Le pari tenté et réussi de la massification a ainsi permis d’ouvrir l’accès à l’Ecole, là où des milliers d’enfants et d’adolescents quittaient précocement l’Institution.
Les années 50 –90 ont été en effet marquées par l’explosion des effectifs scolaires dans tous les ordres d’enseignement.
De 350000 en 1950, le nombre d’enfants scolarisés en maternelle est passé à 2,7 millions en 2000 pour 2 millions à 4 millions dans le primaire !
Le secondaire a vu ses effectifs croître de 775000 élèves à 4,6 millions aujourd’hui.
Cette école de masse est évidemment le fruit de l’explosion démographique de l’après guerre, du prolongement de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans à partir de 1967 et du rôle alors accordé à l’Ecole comme ascenseur social.
Cet afflux massif n’a pas été sans mal posant le redoutable problème de l’accueil des élèves dans des établissements en nombre insuffisant tout en générant un recrutement de personnel quasi exceptionnel.
Conséquences logiques de cette massification, les moyens globaux consacrés à l’Education ont explosé ( environ 100 milliards d’euros au titre du budget national et des collectivités locales) afin de faire face aux besoins tandis que se posait la question de l’égalité des chances derrière l’apparente uniformité des élèves.
Tout nous montre, résultats aux examens, pourcentage de sortie sans diplôme, insertion par l’emploi, les difficultés de l’Ecole à offrir la possibilité à chacun de s’insérer dans la société. Le problème n’est plus de savoir aujourd’hui qui peut et doit fréquenter l’Ecole, chacun considérant, au-delà des imperfections repérées, le rôle éminent du système scolaire quant à l’avenir collectif de la société et personnel des individus.
Le défi de notre temps est celui de la démocratisation, de l’élévation qualitative des effets de la scolarisation afin de garantir à chacun la possibilité de vivre et de se construire dans notre démocratie.
Utopie socialiste pour la Droite qui, à travers la seule notion du mérite ou l’accusation à peine voilée de responsabilité ( culpabilité ?), s’en remet comme souvent aux lois naturelles.
Projet majeur, structurant pour la Gauche qui doit reprendre politiquement la main sur l’Education, une des questions identitaires pour les socialistes.

Il serait inutile de concevoir un projet de plus sans prendre l’engagement formel de porter celui-ci devant les Français et leur proposer une alternative au système scolaire essoufflé.

II)Tracer une nouvelle voie

Quels objectifs doit-on assigner à l’Ecole ? Quels rôles le système scolaire doit-il remplir ?

Les questions ne sont pas nouvelles.
Il s’agit évidemment de former les élèves, d’atteindre des objectifs ambitieux quant aux connaissances, aux savoirs, de maturité intellectuelle mais aussi de construire les citoyens de demain afin de renforcer la cohésion de notre société.
Rendre autonome pour conduire à la Liberté et construire la Fraternité par l’Egalité.
Cette double mission de l’Ecole est attaquée par de nombreux défis : crise de la citoyenneté, montée du communautarisme et fracture sociale qui la fragilisent.
Ainsi à l’heure même ou l’Ecole éprouve-t-elle de plus en plus de difficultés à remplir son rôle, l’exigence des élèves et des parents au nom même du service public tend à augmenter.
Ce décrochage entre l’espérance d’une Ecole mobilisatrice, formatrice et citoyenne et le constat actuel inquiète l’opinion, organise la défiance, sollicite les politiques
.
Les Socialistes ne pourront plus penser l’Ecole sans tirer toutes les leçons de ce constat.

Le système scolaire marque le pas : le moment n’est pas venu d’accepter une pause, de renoncer.
Nos ambitions doivent être très concrètes : refuser les sorties des élèves sans diplôme, permettre une réelle égalité des chances, offrir à chacun un passeport pour l’emploi par la qualification.
15 % des effectifs d’une génération, environ 100000 élèves, quittent en effet l’Ecole sans diplôme reconnu !
Cette situation conduit naturellement à l’exclusion et naturellement tôt ou tard au traitement social.
Ce paupérisme scolaire ne semble guère gêner alors qu’il un des éléments les plus marquants et les plus choquants d’une société clivée.
Les Socialistes doivent réaffirmer et défendre le principe de 0 jeune quittant le système éducatif sans un véritable diplôme alors que d’autres pays font beaucoup mieux que nous : 4% au Danemark, 7% au Japon, 9% en Finlande…
Notre pays ne peut à contre-courrant renoncer à assurer à tous les enfants une formation de base commune.
Rien à voir évidemment avec la politqiue de la droite, de Fillon à Darcos, et de ses tentatives réactionnaires de filtrer, sélectionner, apurer et offrir un minimum vital.
Au l’autre bout de la chaîne, la situation n’est pas plus brillante. Ainsi un jeune sur 4 obtient un niveau de diplôme supérieur ou égal à la licence, moins que la moyenne des pays de l’OCDE, moins que dans tous les autres grands pays européens, Allemagne exceptée.
Malgré l’apparence des chiffres, la montée du nombre d’étudiants depuis des années 60, la France a loin d’avoir favorisé un large accès à l’enseignement supérieur.
Aujourd’hui avec un peu plus de 60% de bacheliers par génération notre pays est juste à la moyenne des pays de l’OCDE.
L’ambition de porter 80 % d’une génération jusqu’au bac est donc encore loin… devant nous.
Fait sans précédent dans l’histoire de notre système scolaire le % des bacheliers généraux a chuté d’environ 15% ces dernières années.
Incapable d’assurer l’égalité des chances d’accès aux formations les meilleures, le système a construit des stratégies de contournements avec le recours à la voie technologique et professionnelle.
Ces 2 voies ont été très largement utilisées comme alibi pour ne pas consentir les efforts nécessaires pour permettre aux enfants des milieux les plus défavorisés d’accéder au bac général.

Un enfant d’ouvrier a ainsi 3 fois plus de chances d’obtenir un bac professionnel qu’un enfant de cadre supérieur et 5 fois moins d’obtenir un bac général qu’un enfant d’enseignant.
Où se trouve l’égalité des chances ? Pourquoi ne parvient –on pas à réduire cet écart lié à la reproduction des inégalités sociales ? A-t-on tout fait pour construire cette école véritablement émancipatrice ?

III)Répondre aux attenteseduc.jpg

Les différents acteurs de l’Ecole, élèves, enseignants, parents sont en attente.

Au-delà des mots et des slogans qui claquent, chacun attend des actes, une politique de l’Education et de la formation qui dépasse et de loin des lois contestées et contestables.
L’Ecole exige, sinon l’adhésion de tous, au moins un consensus pour répondre aux difficultés du jour et préfigurer l’Ecole de demain.
Dans une société noyée par le chômage, torturée par les clivages sociaux et culturels, il est aussi du rôle de l’Ecole d’écouter la société, d’entendre les maux et de lui répondre par des mots.
Rien ne pourra se faire en renonçant à afficher la priorité de l’Education dépassant la simple lecture budgétaire là où les moyens sont absolument vitaux.
La Droite nous a d’ailleurs très souvent reproché d’accorder à l’Education Nationale toute notre attention considérant que le service public n’en valait pas la peine.
C’est une des grandes lignes de clivages entre nous et la Droite, là où elle s’efforce sous prétexte de réforme, de saupoudrer les moyens et de licencier les aides éducateurs, de sacrifier nombre de postes d’enseignants ou d’encadrement pourtant absolument nécessaires.

Il est  d’ailleurs particuliérement étonnant que le débat sur les moyens soit totalement déconnecté de l’ambition de l’école , la promotion des individus , l’égalité des chances et la lutte contre l’échec scolaire. ( 15 % d’illettrés dans notre région) 

40 000! L’etat licencieur a liquidé 40 000 postes en 5 ans. La peau a été touchée, les tissus attaqués, l’os est aujourd’hui menacé…

a)Pour une politique de l’Education ambitieuse

Le volontarisme des Socialistes doit s’afficher pour répondre aux attentes.
Volontarisme pour un plan de mandature de 5 ans permettant un recrutement de personnel enseignant et non –enseignant ( notamment infirmière, personnel d’éducation…) qui travailleront à la démocratisation de l’Ecole.
Il faudra pour cela travailler en amont la population étudiante lui donner l’envie de s’investir, de former les « nouveaux hussards noirs » de la République et évidemment les préparer aux lourdes tâches qui seront les leurs.
Le pari de l’avenir conjugué à l’ambition de ne laisser personne de côté suppose d’engager notre responsabilité budgétaire pratiquant une politique de rupture quant aux priorités affichées.
Qui peut aujourd’hui prétendre que l’Education Nationale ne connaît pas une situation de pénurie organisée?

Pénurie d’enseignants, de surveillants, d’infirmières, de médecin, de personnel TOS, de présence humaine tout simplement ?
Les lois mathématiques de taux d’encadrement sont-elles aussi à revoir.
Ne nous interdisons rien, en particulier pour les territoires qui accueillent des établissements défavorisés et qui nécessiteraient des moyens supplémentaires.
Cette pénurie organisée et assumée par la Droite ( la bonne réforme de Monsieur moins, X.Darcos!) des enseignants depuis 2002 devra être battue en brèche en créant le plan de recrutement de mandature.
Celui-ci est, nous le savons, d’autant plus impérieux que le départ massif des personnels, enfants du baby-boom, fait craindre des difficultés de recrutement.
Ainsi à l’heure où le taux de chômage dépasse les 10%, où le gouvernement maltraite les effectifs se profile une crise sans précédant autour de l’Ecole.
Quasi abandonné, toujours stigmatisé, largement déconsidéré dans l’opinion publique, le métier d’enseignant attire de moins en moins.
Ces enseignants ne pourront tous faire seuls. Le rôle de tous les personnels non-enseignants reste vital pour le bon fonctionnement des établissements qui sont en même temps que des lieux d’études et de travail, des lieux de vie.
Humaniser l’Ecole, remettre partout où cela est nécessaire de la présence, de l’encadrement comme le gouvernement Jospin avait lui-même décidé de créer les emplois-jeunes, aides éducateurs œuvrant à diverses tâches ( soutien et aide scolaire type RASED, accompagnateur de projets au niveau local P.E.G, encadrement des salles pupitres aujourd’hui désertées faute de troupes !)
Nous devons prendre l’engagement de procéder là encore à un vaste plan de recrutement d’aide-éducateurs pour compenser les trous béants puis s’attaquer à l’aspect qualitatif.

b)Ouvrir l’Ecole

Nous avons aussi besoin d’élargir notre vision de l’Education.

Celle-ci ne revêt plus simplement un âge fixe de la vie des français mais déborde sur tous les temps de vie : le temps familial, le temps scolaire, le temps social.
L’Education, restant autour du pivot central de la formation initiale, doit s’ouvrir vers les villes, les quartiers dans lesquels elles s’insèrent.
Il est de plus en plus contestable de concevoir l’Ecole comme isolée du reste de la société ( ce sanctuaire, cher à M.Bayrou) mais bien comme un élément interdépendant de nos politiques de la ville, de la culture, de la jeunesse et des sports.
Une Ecole ouverte dans laquelle la présence d’intervenants extérieurs ne serait plus l’exception mais la règle à travers des partenariats actifs et efficaces avec les équipes pédagogiques.
Le rôle des familles est à reconsidérer notamment pour les parents délégués auquel il faudra accorder des autorisations d’absence et leur accorder une place plus significative.
La véritable démocratisation de l’Ecole, l’accès à l’égalité des chances, le combat contre l’illettrisme la sortie précoce du système supposent un effort massif de la Nation convaincue de la nécessité de construire une nouvelle Ecole.

c)L’Ecole au plus prés

Un effort très sensible, déjà entrepris par les conseils généraux et régionaux, devra être amplifié afin de doter les élèves de manuels scolaires gratuits, de matériels informatiques tandis que les CDI et l’accès au NTIC seront eux aussi redimensionnés.
Un bilan rapide et complet des politiques d’actions vers les REP et ZEP devra être entrepris afin d’évaluer les besoins et reconsidérés les seuils.
Des moyens supplémentaires seront à dégager en lien avec les politiques communales( Contrat Educatif local), départementales ( Contrat Educatif Départemental) et régionales ( Contrat Educatif Régional) pour améliorer les efforts au plus prés du terrain.

La politique de mixité sociale inscrite dans la loi SRU doit impérativement être complétée par celle de la mixité scolaire refusant définitivement les ghettos scolaires comme nous refusons les ghettos urbains.

d)Fermer la porte

La droite a choisir sciemment de favoriser l’enseignement privé qui trépigne d’impatience pour ouvrir de nouvelles classes pretextant l’attente des familles. N.Sarkozy s’est engagé pendant la campagne présidentielle à remettre de l’équité entre les 2 systémes estimant injuste la différence de traitement contre le privé. Ces choix contestables déstabiliseront à court terme le public .

 

IV) Pour une société éducative

Rien ne serait pire que de ne rien faire et de renoncer.

Rien ne serait pire que de copier ou plagier des politiques déjà vues.

Le Projet Educatif Global que les Socialistes doivent construire sera, à coup sûr, un des éléments importants du débat et du combat contre la Droite.
L’orientation du Parti concernant l’Education doit résolument s’inscrire dans une perspective nouvelle constatant tous les changements intervenus dans la société depuis plus de 20 ans.
Notre système éducatif ne peut rester figé afin de répondre au double défi de la massification et de la démocratisation.
Ce défi ne pourra être gagné sans le concours des uns et des autres, la force de nos convictions et le poids de nos mesures.
Une loi d’Orientation devra donc à la fois organiser ces changements et conduire au consensus de la Nation.
Elle supposera des choix, des évolutions, du courage et l’investissement de tous les acteurs de l’Education : familles, associations, enseignants, élus….

Pour l’heure, défaits une nouvelle fois en 2007, nous demandons au parti de se ressaisir en repolitisant le débat sur l’Education.

V) Socialistes : au rendez-vous

Ce rapide constat choque d’autant plus que le parti socialiste ne s’est pas suffisamment saisi au niveau national de l’enjeu éducatif. Nous avons sur ce sujet comme sur d’autres, oubliés nos fondamentaux, répugnant à repolitiser le sujet en nous contentant trop souvent d’en faire un débat contradictoire sur les moyens.

Grave erreur alors que nous portons dans nos régions, dans nos départements et dans nos villes, partout ou nous le pouvons, le projet éducatif, le cœur de nos préoccupations, d’élus.

Nous proposons à ce titre deux dispositions : la création autour du premier secrétaire d’un vrai pole d’animation politique, de propositions et de ripostes qui se saisira de ces questions avec le souci d’alimenter constamment notre réflexion.  Là encore des conventions annuelles fixées dans nos statuts devront effectivement se tenir pour nous remettre au travail.

Enfin plus politique, il nous faudra revoir nos argumentaires les enrichir, dépasser le seul problème des moyens accordés à l’école (même s’il est vital) pour poser la seule vrai question qui vaille :

Comment résoudre l’échec scolaire et construire l’école de la réussite pour tous ?

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UN DEBAT DE FOND

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

La fédération a organisé un débat, lundi 19 mai,sur la déclaration de principes permettant aux sections et aux militants du Nord de s’exprimer.
De nombreux amendements ont pu ainsi être discutés portant sur la laïcité, notre rapport à l’Europe, au travail, sur les discriminations, les formes démocratiques…. Une envie de débat évidente et des discusions sur le fond du texte pour l’amender, c’est à dire le préciser et l’enrichir.
Gilles Pargneaux, premier fédéral, a assuré que tous ces amendements seront lundi 26 mai pris en considération, discutés, pour être finalement ou non retenus lors du prochain bureau fédéral ( qui jouera le role de commission des amendements)
Nous en serons évidemment avec le souci de porter nos amendements ( les sections d’Hautmont, provin , marquette, grande synthe… ont décliné nos propositions)tout en ayant un regard attentif sur 2 autres amendements qui nous semblent trés pertinents.
Celui de C.Bataille, député du Nord, sur la question de la laïcité qui mérite approfondissement ( nous souhaitons voir figurer le rappel à la loi et la notion de projet républicain) et de la section du vieux Lille portant sur l’Europe, plus précis et constructif que l’article initial.
Les sections voteront dans la foulée la déclaration avec les amendements retenus avant la convention fédérale du 07 juin.

Une soirée constructive!

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EN DEBAT

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Nous mettons en ligne le projet de la nouvelle déclaration de principes du PS dont les médias ont eu la primeure. Synthétisé pour ne fâcher personne le texte est, a priori, amendable.logops.jpg

L ‘Hebdo des socialistes du 26 avril précise les conditions du dépôt des amendements.

” J’invite les premiers secrétaires fédéraux à transmettre la déclaration à tous les secrétaires de section pour que ceux-ci organisent des réunions sur ce théme. Ensuite, les fédérations devront organiser une journée de travail départementale dont l’objectif sera après discussion, de déterminer les propositions que la fédération décide de transmettre à la commission nationale. La méthode de travail qui devra être retenue dans les fédérations est celle qui a présidé à l’organisation des débats au niveau national. Ainsi seules les propositions qui auront fait l’objet d’un travail collectif en vue de trouver un consensus au sein de la fédération pourront être transmises. Dixit Kader Arif

La méthode de discussion, d’élaboration et d’amendements du texte semble pour le moins curieuse.

Volontairement constructifs, nous proposerons donc 3 amendements .

La déclaration, à lire çi-dessous,  gagnerait  en lisibilité en renforcant 3 points importants:

•la notion absente de démocratie globale,

•la place et le rôle joués par la laïcité dans notre identité socialiste,

•la nécessaire affirmation de nos liens avec le monde du travail, peu évident à la lecture du texte.

 

Amendement n°1

Partie 1. Nos finalités fondamentales

Article 5

Ajout à la fin de l’article. ” Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative forment un tout pour permettre la délibération et la décision collectives”.Les socialistes ambitionnent cette démocratie globale pour lui donner une réalité concréte.

Amendement n°2 

Partie 3. Notre parti socialiste

Article 12

Ajout à la ligne 1. ” Le parti socialiste est un parti laïque et réaffirme son attachement à la loi de 1905.

Ajout à la fin de l’article. La laïcité est au coeur de notre projet républicain  pour construire la vraie démocratie, celle où la communauté de destin l’emporte sur les communautés d’origine.

 Amendement n°3

Partie 3. Notre parti socialiste

Article 20

Ajout à la ligne 1. “Le parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail.” Il est la représentation de toutes les catégories sociales, ouvriers et salariés… qui constituent sa base politique et sociale.

Parti socialiste 16 avril 2008

Projet

DECLARATION DE PRINCIPES

PREAMBULE

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie

des Lumières. Il fait siennes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, proclamées par la

Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et

l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de

l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société

solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il

revendique le souvenir de la Commune, l’héritage de la République et de son oeuvre

démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai

1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédés. Il participe des grands combats

politiques et intellectuels pour la liberté de l’homme, de l’Affaire Dreyfus à l’abolition de la

peine de mort.

Ces ambitions sont plus que jamais d’actualité. Pour les socialistes, l’être humain est un être

doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les

potentialités. C’est pour cela, que les conditions dans lesquelles il vit sont essentielles. Bâtir

un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde

de la planète, est la tâche première des socialistes, celle qui motive un engagement renouvelé

pour le progrès au fil des générations, par-delà les moyens mis en oeuvre, qui, eux, se

formulent différemment dans le temps selon les enjeux et les problèmes.

Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action,

un avenir pour l’humanité. Sa nature est « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel »,

d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions

qui en résultent et font la vie humaine.

I – NOS FINALITES FONDAMENTALES

Art 1

Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève,

à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de

l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la

planète.

2

Art. 2

L’égalité est au coeur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les

libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée

socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de

la nature. Elle porte un message universel, dès lors qu’il s’agit de défendre les droits

fondamentaux de chacun et de tous. Pour les socialistes, ces objectifs ne peuvent être atteints

à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société. La redistribution

permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité

des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, et réduire les écarts de conditions.

Art 3

Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans

compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les finalités du socialisme démocratique,

l’émancipation humaine, portent pleinement la volonté de préserver notre planète aujourd’hui

menacée, de protéger et de renouveler les ressources naturelles, de promouvoir la qualité de

l’environnement. Cette nécessité demande des réponses qui ne privilégient pas la rentabilité

immédiate, concilient les intérêts particuliers et l’intérêt général, le développement et

l’écosystème. Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes,

les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités

fondamentales que la promotion du progrès des sociétés humaines et la satisfaction équitable

de leurs besoins.

Art 4

Le progrès, synonyme d’amélioration de la vie humaine, est une valeur fondamentale

pour les socialistes. Ils pensent que l’exercice de la raison doit être accessible à tous,

acceptable par tous, applicable à tout. Ils promeuvent la connaissance, l’éducation, la

recherche, la culture. Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service

des hommes et de la planète. L’expansion technologique, le développement des nano et

biotechnologies, l’ingénierie génétique posent des questions essentielles pour l’avenir de

l’humanité. Le mérite du principe de précaution est de permettre de faire des choix collectifs,

à travers l’arbitrage des choix politiques, qui subordonnent l’acceptabilité des risques,

inséparables du développement de la science, à l’utilité des innovations et à la légitimité de

leur utilisation. Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule

croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide des indicateurs reflétant la

qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus.

Art 5

La démocratie représente, à la fois, une fin et un moyen. Elle incarne une valeur et un

combat universels. Elle conditionne la nature même de l’action socialiste. Elle ne se résume

pas à une méthode. Être socialiste, c’est penser que les hommes et les femmes décidés à agir

ensemble peuvent influer sur l’évolution de leur vie, de leur société et du monde. Notre

socialisme est une conception et une pratique de la citoyenneté dans tous les domaines et sous

toutes ses formes. Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et

démocratie participative forment un tout pour permettre la délibération et la décision

collectives.Les socialistes ambitionnent cette démocratie globale pour lui donner une réalité concréte.

3

II – NOS OBJECTIFS POUR LE XXIE SIECLE

Art 6

Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités,

porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation

dominée par le capitalisme financier.

Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une

économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.

Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé

dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale.

Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du

fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels. Les socialistes font de

la création durable et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.

Ils pensent que les politiques participant aux enjeux environnementaux doivent être

coordonnés par la puissance publique garante du long terme et de l’intérêt général.

Art 7

Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la

croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la

protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses

produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la

production.

C’est une société nouvelle, qui dépasse les contradictions du capitalisme, faisant toute sa

place au secteur non-marchand, que les socialistes veulent bâtir. Le travail humain est un

enjeu fondamental, c’est un moyen individuel et collectif d’insertion, de reconnaissance,

d’émancipation. Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus

de l’emploi et d’autres seraient enfermés dans l’assistance. La qualité de l’emploi est un

objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un

accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale.

Le travail doit aller de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre, l’accès à la culture

et au sport, offrant à chacun de construire sa vie et la possibilité de participer à la vie

publique.

Art 8

Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du

socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’État social, qui permet aux réponses

collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. Celui-ci privilégie d’abord

l’investissement productif au détriment de la rente. Il assure ensuite une protection contre les

risques sociaux. Il repose sur une redistribution assumée. Il doit garantir pour tous, la sécurité

des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle.La régulation est

également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie

et la cohésion sociale. Enfin, l’État moderne doit être un État, qui investit et émancipe en

privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture.

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Art 9

Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la

vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. Le

combat pour une communauté internationale pacifique est indissociable de la défense des

droits de l’Homme. Il demande également de reconnaître les intérêts propres des États et des

peuples, de travailler à dégager les intérêts communs pour construire un monde équilibré,

juste et sûr. Il exige aussi un double effort pour conforter et réformer les institutions

internationales. Nous avons besoin pour ce faire du renforcement des Nations unies et du

poids de l’Union européenne et de sa détermination.

Art 10

La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert,

respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement

durable. La France est, de par son histoire, à la fois, singulière et universaliste, elle doit être

fidèle à ce double héritage. Elle doit respecter tous ceux qui vivent sur son territoire en

combattant toutes les discriminations.

III – NOTRE PARTI SOCIALISTE

ART 11

Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il

s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la

liberté, l’égalité, la fraternité. Il combat pour la séparation des pouvoirs, garantie d’un régime

de responsabilité politique. Il défend le pluralisme et l’indépendance de l’information dans les

médias. Il ne considère pas la nation comme une juxtaposition de communautés, mais comme

un contrat entre citoyens libres et responsables, respectueux des droits de toutes celles et de

tous ceux qui vivent sur son territoire, attentif à ce que chacun accomplisse aussi ses devoirs

vis-à-vis de la collectivité.

Art 12

Le Parti socialiste est un parti laïque e. réaffirme son attachement à la loi de 1905. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il

veille au respect de la liberté de conscience. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance,

elle est un combat contre tous les fondamentalismes et tous les intégrismes. Elle entend

promouvoir et organiser un espace commun, prenant en compte les diversités culturelles et

religieuses, dès lors qu’elles ne sont pas un obstacle pour la liberté de chacun et de tous. La

laïcité est une condition de notre vivre ensemble.La laïcité est au coeur de notre projet républicain  pour construire la vraie démocratie, celle où la communauté de destin l’emporte sur les communautés d’origine.

Art 13

Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale

radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte

assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire. Le Parti socialiste

veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat. Il ne

5

considère jamais les rapports de force d’un moment comme figés ou indépassables. Il entend

lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d’injustices et d’inégalités.

Art 14

Le parti socialiste est féministe et agit n faveur de l’émancipation des femmes. Il oeuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la mixité de la société. Il garantit aux femmes, l’accès aux droits fondamentaux ( santé, éducation, contraception, IVG), et condamne la marchandisation du corps humain.

Il combat les atteintes à l’intégrité et à la dignité humaines en raison du sexe ou de l’orientaion sexuelle

Art 15

Le Parti socialiste est un parti décentralisateur. Il met le respect de la diversité, des

territoires, au coeur de ses valeurs. Il veut allier la présence d’un Etat régulateur et garant de

l’équilibre –y compris financier- entre les territoires, à une démocratie locale vivante et

innovante.

Art 16

Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Celle-ci est une

valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun. Elle doit être

accessible et égale pour tous. Elle a pour vocation non seulement de sanctionner mais aussi

d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.

Art 17

Le Parti socialiste met la culture au centre de ses valeurs. Celle-ci permet, à la fois, de

rassembler et de libérer. Face au danger d’une civilisation par trop uniformisée et

marchandisée, la culture, avec l’apport irremplaçable des artistes, contribue à construire un

monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. L’accès à la culture pour tous et la

démocratisation des pratiques culturelles sont notre objectif.

Art 18

Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l’Union européenne qu’il a non

seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de

l’Union européenne et de la construction d’une Europe politique. Pour les socialistes, celle-ci

doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d’assurer la paix sur le continent et d’y

contribuer dans le monde, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de

promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d’aider à relever les défis planétaires par

l’exemple d’association qu’elle offre. Membre du Parti socialiste européen, le Parti socialiste

entend tout mettre en oeuvre pour le renforcer afin que soit porté un message socialiste en

Europe.

Art 19

Le Parti socialiste est un parti internationaliste. Il condamne toutes les oppressions et

exploitations dont sont victimes les hommes et les peuples, qu’elles qu’en soient les origines

et les causes. Il agit pour le développement des pays du Sud. Il combat la xénophobie, le

racisme et l’antisémitisme sous toutes leurs formes. Il milite pour un ordre international juste

et respecté, pour une coopération entre les peuples. Il défend le rôle de l’ONU et des

institutions internationales. Il souhaite que l’Internationale socialiste, de forum international

pour les partis et les forces progressistes qu’elle tend à être aujourd’hui, devienne un véritable

mouvement progressiste et internationaliste.

Art 20

 

Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est la représentation de toutes les catégories sociales, ouvriers et salariés… qui constituent sa base politique et sociale.

Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long des XIXe et XXe

siècles. Il entend exprimer l’intérêt général du peuple français.Art 20

Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les

femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique

transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à

tous les niveaux. Il prend en compte dans un dialogue permanent, les forces et les

mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les

organisations non gouvernementales… Le Parti socialiste est un parti qui défend une éthique

politique dans l’engagement militant. Il repose sur une adhésion volontaire qui demande que

les décisions, les textes et les règles, délibérés et adoptés en commun, soient respectés.

Art 21

Le parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe.Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux. Il prend en compte dans un dialogue permanent , les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementales…Le parti socialiste est un parti qui défend une éthique politique dans l’engagement militant. Il repose sur une adhésion volontaire qui demande que les décisions , les textes et régles, délibérés et adoptés en commun, soient respectées. 

Art 22

Le Parti socialiste veut rassembler toutes les cultures de la gauche. Il ne se résigne pas

aux divisions de l’histoire. Organisant en son sein depuis toujours un libre débat, il appelle

tous les hommes et toutes les femmes qui partagent ses valeurs à rejoindre ce combat.

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UBUESQUE!

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Ce pastiche évidemment apocryphe , d’Ubu Roi, n’a qu’un but: faire sourire. Merci au grand Alfred pour son inspiration toujours moderne.    prefranois.jpg

Pére François : Merdre! De par ma chandelle rose!

Mére Ségo: Oh!Voilà du joli, Pére François, vous estes un fort grand voyou.

Pére François : Que ne vous assom’je, Mére Ségo.

Mére Ségo : Ce n’est pas moi, Pére François, c’est un autre qu’il faut remplacer.

 Pére François : De par ma chandelle rose, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait à moins: capitaines de dragons, officier de confiance du roi, décoré de l’ordre de l’Aigle rouge de Pologne et ancien roi de corrézon, que voulez-vous de mieux?

Mére Ségo : Comment! Aprés avoir été roi de corrézon, vous vous contentez de mener aux revues une cinquantaine d’estafiers armés de coupe choux, quand vous pourriez faire succéder sur votre fiole la couronne de France à celle de correzon.

Pére François : Ah! Mére Ségo, je ne comprends rien de ce que tu me dis.                                               

Mére Ségo : Tu es si bête!                                                                                                                                             

Pére François : De par ma chandelle rose, le roi est encore bien vivant; et même en admettant qu’il meure, n’a -t-il pas des légions d’enfants?

Mére Ségo : Qui t’empêche d’exiler toute la famille et de te mettre à leur place?

Pére François : Ah! Mére Ségo, vous me  faites injure et vous allez passer tout à l’heure par la casserole.

Mére Ségo: Eh, pauvre malheureux, si je passai par la casserole, qui te raccomoderait tes fonds de culotte?

Pére François: Eh vraiment! et puis aprés? N’aie- je pas un cul comme les autres.

Mére Ségo : A ta place, ce cul, je voudrais l’installer sur un trône. Tu pourrais augmenter indéfiniment tes richesses, manger fort souvent de l’andouille et rouler carosse par les rues.

Pére François : Si j’étais roi, je me ferais construire une grande capeline, comme celle que j’avais en corrézon et que ces gredins d’ESpagnols m’ont impudemment volé.

Mére Ségo : Tu pourrais aussi te procurer un parapluie et un grand caban qui te tomberait sur les talons.

Pére François : Ah! Je céde à la tentation. Bougre de merdre, merdre de bougre, si jamais je le rencontre au coin d’un bois, il passera un mauvais quart d’heure.

Mére Ségo: Ah! Bien Pére Françcois, te voilà devenu un véritable homme.

Pére François  : Oh non! Moi, capitaine de dragons, renverser le roi de France! Plutot mourir!

Mére Ségo : Oh! Merdre! Ainsi tu vas rester gueux comme un rat, pére François.

Pére François : Ventebleu, de par ma chandelle rose, j’aime mieux être gueux comme un maigre et brave rat que riche comme un méchant et gros chat.

Mére ségo : Et la capeline? et le parapluie? et le grand caban?

Pére François : Eh bien aprés Mére Ségo.

Mére Ségo : Vrout? Merdre, il a été dur à la détente mais vrout, merdre, je crois l’avoir ébranlé. Grâce à Dieu et moi-même, peut-être que dans quatre ans je serais reine.

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UNE FEDERATION DEMOCRATIQUE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Une fédération qui respire

Notre fédération est souvent qualifiée dans les médias par sa puissance, forte de ses nombreuses personnalités (l’ancien premier ministre, la ministre des 35 heures …) et ses nombreux militants et son réseau d’élus essaimant sur tout notre territoire. Cette vitalité démocratique doit être confortée davantage en développant une fédération plus proche des territoires, plus proche des militants.

◊Des espaces de débats diversifiés Abandonnées depuis 2005, nous proposons la réactivation de toutes les commissions fédérales, lieux d’échanges et de débats, afin de permettre une réflexion et une action politique pérennes des militants dans notre fédération. Tenues de manière effective et régulière, décentralisées pour gagner en proximité et rompre avec le centralisme métropolitain, animées par le secrétaire fédéral et un délégué fédéral chargé de la coordination, ces commissions sont aujourd’hui regrettées et attendues par les militants.

En parallèle de ces espaces importants de débats qui permettent de rester au contact des forces vives, syndicats, personnalités et associations invitées, nous proposons la tenue d’une grande convention fédérale annuelle qui avec l’université de rentrée rythmera l’année politique.. Le conseil fédèral , sur proposition du premier fédéral ,déterminera la thématique annuelle retenue.

◊Une organisation renouvelée

Redéveloppement de la réflexion et du travail de militance politique donc mais aussi réflexion sur l’organisation et le fonctionnement interne de notre fédération avec des propositions claires :

∙Un secrétariat fédéral resserré (une quinzaine de membres) désignés à la proportionnelle, sur proposition du premier fédéral et voté par le CF. Ces secrétaires fédéraux disposeront de délégations pleines et entières pour travailler aux mandats qui leur seront confiés, au profit de tous les socialistes et de toute la fédération.

∙Les délégués fédéraux nommés, une quinzaine pour éviter « l’armée mexicaine » se coordonneront avec les secrétaires fédéraux pour l’animation politique et la représentation de la fédération dans toutes les réunions internes et répondre aux invitations régulières que reçoit le PS du nord et évidemment les instances nationales.

Après 2 ans d’expérimentation, les délégués fédéraux des territoires présentent un bilan mitigé, nous leur préférerons une mise en synergie des secrétaires de circonscriptions, régulièrement élus par les militants comme nos statuts le prévoient, avec participation ponctuelle aux travaux fédéraux, SF et Bureau fédéral.

∙Un bureau fédéral réunit de manière plus fréquente et porteur des décisions politiques en lien avec le conseil fédéral

∙Un conseil fédéral à la représentation plus démocratique avec au moins un représentant par section, permettre d’associer tous les militants de toutes les sections de notre fédération à la vie de notre parlement.

◊Une communication plus efficace

Revu en 2005, Nord Demain a retrouvé une seconde jeunesse mais manque d’une ligne éditoriale claire. Nous proposons la mise en place d’une véritable équipe de rédaction autour du secrétaire fédéral chargé de la communication.

La diffusion attendue pourrait à ce titre devenir pleinement mensuelle en donnant l’occasion aux militants eux aussi de s’exprimer sous formes de tribunes ou de compte rendus de la vie des sections ou de participations aux commissions et groupe de travail.

Le site internet sera lui aussi revu , corrigé et alimenté de manière beaucoup plus régulière. Créer via ce site un nouvel espace démocratique de proximité avec les militants, un délégué fédéral aux compétences reconnues sera entièrement affecté à la gestion lourde de cet outil de communication.

◊Une obligation de résultats

Sur cette base rénovatrice, nous engagerons une politique volontaire sur les choix collectifs quant à la désignation de nos élus.

Les progrès réels mais timides que nos avons enregistré quant à la parité, le renouvellement des générations et la place accordée à la diversité devront être amplifiés, avec obligation de résultats.

Les résultats électoraux des dernières législatives et cantonales démontrent une nouvelle fois que le chemin est encore long, entre un parti et une fédération légitimistes à un parti et une fédération plus transparents dans ses choix et sa volonté d’agir.

Là encore, nous proposons que la fédération anticipe pleinement ses choix, en travaillant an amont la carte électorale, favorise et exploite l’émergence de jeunes talents sur tous les territoires, engageant la rénovation de nos pratiques sur la constitution des listes…

Si la loi sur la parité a amélioré mécaniquement la représentation des femmes sur les scrutins de listes, leur poids dans les scrutins uninominaux reste, notamment dans notre fédération, marginal, un révélateur parmi d’autres de nos pesanteurs .

Cette nécessaire féminisation de nos élus rejoint celle d’un changement programmé de génération par des choix collectifs maitrisés, concilier la respiration démocratique du parti avec l’impérieuse nécessité de gagner.

C’est à l’heure où nous débattons un des point négatifs majeurs que nos voulons régler afin d’éviter la confiscation structurelle des mandats par quelques uns et son corolaire : l’adoubement…

Nous demanderons au premier fédéral de s’engager personnellement ,par le mandat que lui confieront les militants du nord, sur ces questions : amélioration de la représentation des femmes, rajeunissement des équipes, place de la diversité, limitation des cumuls de mandats.

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REPOLITISER LA QUESTION EDUCATIVE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

De Dunkerque à Maubeuge : un congrès utile ! 

Militants et élus de la fédération du nord, nous souhaitons par ce texte contribuer à 2 points essentiels, l’évolution de notre fonctionnement interne comme toute organisation démocratique et la promotion du projet républicain, pierre angulaire du fait socialiste.

PROJET REPUBLICAIN

« Aprés le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple » 

Danton 

 Cœur du projet émancipateur de la gauche et du parti socialiste en particulier, l’Ecole de la république est en danger ! 

1)Une école fragilisée 

De la massification à la démocratisation 

Fragilisée car à la massification de l’école n’a pas, pour l’heure, suivi la nécessaire  démocratisation comme l’attestent encore trop souvent les inégalités qui se creusent dans et par l’école. Ces «  exclus de l’intérieur », minorité silencieuse, sont les victimes d’un système scolaire qui a de la peine à rétablir de l’égalité quant les inégalités sociales, matérielles et culturelles prédominent dans les familles. De multiples enquêtes et études de l’Inspection Générale brossent le portrait d’une école qui tout en élevant le niveau de formation d’une génération à une autre laisse aussi, contradiction insupportable, de plus en plus d’élèves sur la route, le poids de l’illettrisme en France et dans notre région  en est l’indicateur le plus criant (respectivement 9 et 15 % de la population !)  Aux difficultés internes du système ( lourdeur du ministère malgré la décentralisation, absences de réformes d’envergure et de lisibilité à long terme, corporatisme quelquefois exacerbé, manque de pilotage dans les académies) s’ajoute une pression externe de plus en plus élevée de la société, preuve , de l’importance de l’école dans la conscience des familles. Aujourd’hui non plus appréhendée comme un outil d’égalité et d’émancipation, l’école est avant tout perçue par son utilité quant au devenir légitime de chacun, la marchandisation du savoir en filigrane.  Le poids de l’école privée, considérée  comme porte de secours ou école alternative,  reste symptomatique des attentes des français, du nomadisme qui peut les caractériser avec son corollaire la montée en charge des officines de toutes sortes sur le champ du soutien scolaire et des stages commandos préparatoires aux examens. La rupture scolaire 

 Si cela ne suffisait pas, la droite radicale impose depuis 2002 sa nouvelle vision et conception quant à l’école, la fin annoncée du modèle de l’école républicaine créé sous la 3 éme république et développé depuis plus de 100 ans

La suppression des postes, 40 000 en 5 ans, a touché la peau, attaqué les tissus, menace l’os avec un nouvel adage populaire pour les naïfs, « faire mieux avec moins ». 

De la même façon, toutes les orientations prises depuis 2002 et amplifiées depuis 2007 vont dans la même direction, celle d’un affaiblissement du rôle d’éducation renvoyant à la responsabilité individuelle voire à la culpabilité. Les propos du  recteur de   l’académie sont en cela révélateurs : «Arrêtons de dépenser autant pour si peu de résultats ! ». Le reste suit, généralisation des bac pro en 3 ans pour gagner une année de cours de formation, réforme des programmes du primaire avec des horaires allégés ( samedi matin), attaques préventives sur le statut des fonctionnaires et des enseignants en particulier par le recours aux vacataires et au privé, développement de l’aide à l’enseignement privé qui répondrait  à « une demande sociale… ».  De la même manière, l’instauration du service minimum répond à des fins idéologiques, non pas la volonté de marquer la continuité du service public d’éducation mais celle de pointer du doigt les enseignants, la mobilisation syndicale, en balayant d’un revers de main les raisons profondes des conflits générés par la politique gouvernementale.

 2)Un enjeu essentiel pour le parti socialiste 

Repolitiser 

Ce rapide constat choque d’autant plus que le parti socialiste ne s’est pas suffisamment saisi au niveau national de l’enjeu éducatif.  Nous avons sur ce sujet comme sur d’autres, oublié nos fondamentaux, répugnant à repolitiser le sujet en nous contentant trop souvent d’en faire un débat contradictoire sur les moyens.  Grave erreur alors que nous portons dans nos régions, dans nos départements et dans nos villes, partout ou nous le pouvons, le projet éducatif, le cœur de nos préoccupations, d’élus. La réussite du Projet Educatif global à Lille, Lomme, Hellemmes en est le meilleur exemple avec l’implication de tous les acteurs d’éducation et notamment la prise en compte du rôle important des parents. 

Retravailler 

Le parti socialiste doit se remettre au travail et trouver les moyens de repolitiser la question éducative. Nous proposons à ce titre trois dispositions :  La création autour du premier secrétaire d’un vrai pôle d’animation politique, de propositions et de ripostes qui se saisira de ces questions avec le souci d’alimenter constamment notre réflexion.   La tenue effective, prévue pourtant dans nos statuts, de conventions annuelles pour nous remettre collectivement et politiquement au travail. (Rencontres avec parents d’élèves, forces vives, audit du groupe des experts, débats militants…)  Enfin, il nous faudra revoir nos argumentaires les enrichir, dépasser le seul problème des moyens accordés à l’école (même s’il est vital) pour poser la seule vrai question qui vaille :   ∙→Comment résoudre l’échec scolaire et construire l’école de la réussite pour tous ?

 3) Pour une nouvelle école 

●Pour une politique de l’ éducation ambitieuse  Le volontarisme des Socialistes doit clairement s’afficher pour répondre aux attentes. Volontarisme pour un plan de mandature de 5 ans permettant un recrutement de personnels enseignants et non –enseignants ( notamment infirmière, personnel d’éducation…) qui travailleront à la démocratisation de l’Ecole.

Qui peut aujourd’hui prétendre que l’Education Nationale ne connaît pas une situation de pénurie organisée? 

Humaniser l’Ecole, remettre partout où cela est nécessaire, de la présence, de l’encadrement. Comme le gouvernement Jospin avait lui-même décidé de créer les emplois-jeunes, aides éducateurs œuvrant à diverses tâches (soutien et aide scolaire type RASED, accompagnateur de projets au niveau local, P.E.G, encadrement des salles pupitres aujourd’hui désertées faute de troupes !) , nous devons prendre l’engagement de procéder à un vaste plan de recrutement d’aide-éducateurs pour compenser les trous béants puis s’attaquer à l’aspect qualitatif. 

▪Reconsidérer le métier et le statut des enseignants. La communauté éducative, au sens large, est aujourd’hui confrontée à une crise de défiance et à de nouvelles problématiques qui ont changé de manière considérable son travail. La question du temps et de l’organisation du travail mérite une véritable concertation pour redéfinir les missions et améliorer les conditions d’exercice. Dans le même temps, la formation continue largement défaillante devra être impérativement consolidée offrant la possibilité aux enseignants de se former tout au long de leur carrière (lien avec les associations, les collectivités ou les entreprises) 

 ●Ouvrir l’Ecole 

Nous avons aussi besoin d’élargir notre vision de l’Education. 

Celle-ci ne revêt plus simplement un âge fixe de la vie des français mais déborde sur tous les temps de vie : le temps familial, le temps scolaire, le temps social.  L’Education doit s’ouvrir vers les villes, les quartiers dans lesquels elle s’insère pour garantir effectivement la mixité sociale mise à mal par la carte d’implantation de l’enseignement privé. Nous reviendrons sur la suppression de la carte scolaire et stopperons la mise en concurrence des établissements en ayant l’objectif de garantir à chacun le meilleur accueil de proximité. 

Il est de plus en plus contestable de concevoir l’Ecole comme isolée du reste de la société (ce sanctuaire, cher à M.Bayrou) mais bien comme un élément interdépendant de nos politiques de la ville, de la culture, de la jeunesse et des sports. 

 Une Ecole ouverte dans laquelle la présence d’intervenants extérieurs ne serait plus l’exception mais la règle à travers des partenariats actifs et efficaces avec les équipes pédagogiques. 

Le rôle des familles est à reconsidérer notamment pour les parents délégués auquel il faudra accorder des autorisations d’absence ainsi qu’ une place plus significative. La véritable démocratisation de l’Ecole, l’accès à l’égalité des chances, le combat contre l’illettrisme et la sortie précoce du système supposent un effort massif de la Nation, convaincue de la nécessité de construire une nouvelle Ecole. 

●L’Ecole au plus près

 ∙Un effort très sensible, déjà entrepris par les conseils généraux et régionaux, devra être amplifié afin de doter les élèves de manuels scolaires gratuits, de matériels informatiques tandis que les CDI et l’accès aux TIC seront eux aussi redimensionnés. Les politiques de transport et leur prise en charge mériteront là aussi d’être revues pour tendre à la gratuité alors que l’accès aux bourses devra être plus largement ouvert.

 Un bilan rapide et complet des politiques d’actions vers les REP et ZEP devra être entrepris afin d’évaluer les besoins et reconsidérer les seuils, 15 élèves en primaire, 25 maximum au collège…  ∙Des moyens supplémentaires seront à dégager en lien avec les politiques communales (Contrat Educatif local), départementales (Contrat Educatif Départemental) et régionales            (Contrat Educatif Régional) pour améliorer les efforts au plus prés du terrain tout en veillant aux effets de substitutions par rapport à la politique de l’état.  [1]  ∙La politique de mixité sociale inscrite dans la loi SRU doit impérativement être complétée par celle de la mixité scolaire refusant définitivement les ghettos scolaires comme nous refusons les ghettos urbains.   

●Fermer la porte 

La droite a choisi sciemment de favoriser l’enseignement privé qui trépigne d’impatience pour ouvrir de nouvelles classes prétextant l’attente des familles.  N.Sarkozy s’est engagé pendant la campagne présidentielle à remettre de l’équité entre les 2 systèmes estimant injuste la différence de traitement contre le privé. Ces choix contestables déstabiliseront à court terme le public. Sur ce constat, nous rétablirons la préférence pour le service public d’éducation en lui donnant tous les moyens pour une ambition retrouvée. Aucun moyen supplémentaire pour l’enseignement privé ne pourra être décidé tant que le service public d’éducation n’aura pas retrouvé sa place ! Nous contestons le choix politique, clientéliste, de vouloir confier, dans le cadre du plan « espoir banlieue », de nouveaux moyens à l’enseignement catholique quand, dans le même temps, est démantelé le service public d’éducation ! Nous reviendrons sur l’amendement Charasse et le financement des écoles privées par les collectivités, double peine pour les communes ; contraintes de voir partir les enfants vers le privé et de financer dans le même temps les structures « libres »…  ●Garantir la laïcité  

Enfin, attaquée et fragilisée de toute part, la laïcité ; notre laïcité sera réaffirmée, revivifiée alors que la droite en défend une conception décalée et que la marchandisation de l’école menace ses fondements ainsi que toutes les pressions religieuses. 

Notre laïcité est rappelons-le une dimension fondamentale du socialisme Elle fixe le périmètre du vivre ensemble pour garantir à chacun le respect de ses convictions et croyances alors que les services publics et notamment l’école sont quelquefois malmenés.  Les tentatives de la droite de revisiter ou redéfinir la loi de 1905  nous engage à la vigilance. 

Non pas une laïcité ouverte ou positive mais une laïcité permettant de vivre ensemble sans communautarisme, pour l’émancipation de tous.

Le reste de notre contribution est pour l’heure en débat. La semaine prochaine , la partie économique et sociale

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UNE CONTRIBUTION UTILE!

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

La contribution thématique fédérale que nous déposerons sera mis en ligne au fur et à mesure de nos débats. 

Elle répondera à 2 sujets importants: le projet politique du parti autour du projet Républicain et l’amélioration du fonctionnement démocratique de notre fédération. 180pxmariannedetheodoredoriot.jpg

3 entrées seront développées dans le projet Républicain, l‘école et la laïcité( la contribution éducation est déjà en ligne), les institutions et les citoyens et la démocratie sociale et notre rapport avec le monde du travail.

 

Une partie sera réservée aux propositions concrétes et constructives que nous ferons à la fédération, pour tous les militants, afin de renforcer le fonctionnement  démocratique de notre fédération.

pnyxmarches.jpg  La bêma de la Pnyx. Au IV° siècle, la voix des démagogues sy fait souvent entendre mais c’est aussi de cette tribune qu’ont été prononcés les plus beaux plaidoyers pour la démocratie.

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VERS LE NOUVEAU PARTI SOCIALISTE

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Vers le nouveau parti socialiste  Quelques mois après la défaite, l’épuisement politique, moral, programmatique et organisationnel de notre dispositif est patent. Interrogations stratégiques, troubles crées par l’ouverture, popularité insolente du nouveau Président, absence de leadership, parole inaudible : Tout semble concourir a la démoralisation militante.

Pourtant, malgré l’échec, nous ne considérons pas que le résultat du printemps dernier soit le point ultime d’une désagrégation de notre parti. Car il y eu, dans la campagne présidentielle, les premières promesses d’une rénovation possible, fragile certes, mais bien réelle : vote important des jeunes, score élevé dans les banlieues et de nombreux territoires, amorce de reconquête des votes populaires. Autant de leviers pour notre rénovation. Et sur de nombreux terrains, les coups de boutoir de notre candidate ont utilement bousculé nos certitudes établies : changements de l’école, lucidité économique, démocratie sociale, réforme institutionnelle, redéfinition d’un projet européen volontariste : nous ne sortons pas sans idées de notre défaite.

Dès lors, sans masquer l’importance du travail à engager, nous croyons qu’il est possible de refaire la gauche. Sans attendre, sans se résigner, sans trembler, avec la volonté d’aller plus loin qu’une simple rénovation. Car il est temps de redéfinir notre pensée pour l’adapter au monde d’aujourd’hui et de bâtir le nouveau parti socialiste qui portera ces orientations. Ce texte entend en proposer quelques pistes.

1 – Leçons de la défaite  1.1    - De l’importance d’une ligne Dès avant la campagne, au congrès du Mans, puis lors de l’adoption quasi unanime du projet, nous le soulignions : le problème du parti socialiste était beaucoup plus de n’avoir aucune ligne véritable que d’en avoir une qui nous aurait coûté : ainsi, durant toute la campagne, on a pu nous reprocher à la fois d’être trop à droite et… trop à gauche ! Définitivement libéraux-sociaux ou au contraire indéniablement gauchisants, mondialistes résolus ou étatistes dépassés, européistes ou souverainistes : on pouvait nous accuser de tous les maux puisque notre ligne était indéfinissable. C’est avant tout cette absence de ligne qui nous a coûté. Dès lors nous ne serons pas  de ceux qui iront chercher dans un repositionnement réaliste-centriste

la rénovation du parti socialiste, pas plus que nous ne partagerons les éternelles invitations au coup de barre à gauche des soirs de défaite. La tache principale est de redéfinir ce que doit être la ligne d’une gauche d’aujourd’hui a partir d’une analyse du monde dans lequel nous vivons, et de la remise en cause de nos moyens d’actions.

Il appartiendra à nos prochains débats de congrès de caractériser cette gauche d’aujourd’hui que nous appelons de nos vœux. Mais, d’ores et déjà, les points essentiels de notre nouvelle doctrine apparaissent clairement. Parce qu’ils seront le socle de notre rénovation, nous voudrions en souligner les deux bases :

§ Développer un rapport critique avec la mondialisation :

Le temps n’est plus à débattre sans fin de l’intérêt ou des menaces de la globalisation des échanges commerciaux et financiers mondiaux. Pendant que nous cherchons à savoir s’il faut défendre ou combattre la mondialisation, celle-ci gagne tranquillement du terrain. Pays émergeants dont la croissance, à défaut de résoudre tous les problèmes sociaux de ces mêmes pays, tire l’activité mondiale autant qu’elle l’a déstabilise ; bousculement des identités qui normalisent des comportements de consommation sur des standards planétaires (pour le meilleur ou pour le pire) tout en recroquevillant  sur elles-mêmes des identités nationales, culturelles voire cultuelles, trop brutalement déstabilisées par cette globalisation ; Croissance exponentielle et déséquilibrée des échanges financiers qui voit des pays excédentaires disposer de fonds d’état aux ressources considérables tandis que des riches économies financièrement déficitaires dépendent de plus en plus de leurs fournisseurs pour l’équilibre de leur compte ; globalisation des conséquences des déséquilibres environnementaux, climatiques et démographiques… L’urgence commande de développer des moyens d’actions nouveaux pour réguler cette libéralisation effrénée. C’est ce que nous entendons par rapport critique : ni opposition dogmatique, ni espoirs angéliques. A l’image des socialistes qui, à la fin du XIXème siècle, s’interrogant sur leur position par rapport à la République naissante, décidèrent finalement de s’y intégrer pleinement pour la faire évoluer (ce fut la synthèse Jauressienne), nous devons aujourd’hui prendre pleinement pied dans ce mouvement mais y développer de nouveaux modes d’action pour que nos idéaux puissent s’y traduirent concrètement. Cela impliquera :

- Un projet européen offensif : En s’organisant davantage et en ne cherchant plus a devenir l’avant-garde du mouvement de libération globalisée, l’Europe peut devenir l’espace de régulation qui manque à la mondialisation. Entre les pays émergeants qui prétendent s’affranchir de la régulation au nom du rattrapage et le monde anglo-saxon, pour lequel il y a toujours trop de règles et d’interférences publiques vis-à-vis du marché, l’Europe doit trouver un modèle politique et culturel plus équilibré. La remise sur pied d’un fonctionnement collectif Européen, l’organisation de noyaux moteurs dans quelques politiques clés et de nouveaux mécanismes démocratiques, sont les clés de cette réaffirmation d’une volonté européenne. C’est dans ce contexte qu’il faudra se prononcer sur la ratification du mini traité. Dans celui-ci, le renforcement des procédures intergouvernementales devra nous amener à clarifier et évaluer les chances d’un approfondissement politique de l’Union. D’évidence, le projet fédéraliste de la social-démocratie européenne devra être repensé dans le cadre délimité de pays en convergence sur un socle de valeurs démocratiques et sociales qui constituent le bien commun de plusieurs Etats-membres. 

- Un commerce international mieux régulé : Après les différents accords commerciaux de ces dernières années, doit venir le temps de la conditionnalité des nouvelles libéralisations du commerce mondial. Conditionnalité environnementale ; conditionnalité sociale ; conditionnalité anti corruption ; conditionnalité de « juste monnaie » : Tout nouvel accord multinational devra intégrer plus largement les conditions d’une durabilité du développement commercial faute de quoi les tensions protectionnistes renaîtront sur les bases nationales.

- La démocratisation des instances de régulation internationale : A l’occasion de la récente élection de DSK au FMI, on a vu l’importance de l’élargissement des pays décideurs aux économies émergentes afin de consolider le rôle et les moyens du Fonds Monétaire International. Même ambition pour l’ONU et pour un Conseil Mondial de l’Environnement doit être crée rapidement. Plus la démocratisation de ces instances sera forte, plus nous retrouverons des moyens de peser par une stratégie d’alliances appropriées.

- Une nouvelle stratégie diplomatique : Dans l’ère de la politique globalisée, la seule affirmation nationale ne peut suffire à faire changer les choses. Les stratégies d’alliances et de compromis sont indispensables. A la nouvelle droite qui confond stratégie d’alliance et intégration au bloc anglo-saxon, nous devons opposer un modèle de relations consolidées avec des partenaires dont nous partageons la vision du monde : En Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud beaucoup croient à la nécessité d’un monde qui développerait des régulations sociales, environnementales ou commerciales de la mondialisation. C’est avec ces pays que nous devons bâtir une véritable alliance pour la régulation.

§ Rebâtir le projet républicain

 Repensé dans le cadre national, le projet républicain est forcément déstabilisé par la mondialisation des enjeux politiques et des décisions. Mais l’approfondissement des problèmes sociaux, la crise financière des services publics, les difficultés d’intégration des migrants et un rapport plus distancé des individus au collectif sont tout autant responsables de la dilution de ce projet Républicain. Hier, la République protégeait ; elle organisait la promotion sociale des individus, des classes sociales et des générations. L’ensemble des droits et des devoirs qu’elle édictait traçait le cadre du vivre ensemble et définissait au moins en partie l’identité nationale. Aujourd’hui, elle est contestée dans toutes ses fonctions. Qu’il s’agisse de ses résultats concrets (quelle protection ? quelle promotion ?) voire, sous l’influence de l’offensive idéologique de la droite, dans sa légitimité même (tentative de déléguer la protection des individus aux communautés, leur protection sociale à l’assurance individuelle et la promotion au mérite individuel opposé à l’action émancipatrice des services publics ses bases remises en cause). De même, penser à l’ère du développement industriel du pays et renforcé lors des 30 glorieuses, le projet Républicain ne s’est jamais véritablement construit en pensant sa pérennité économique et financière. A l’ère de la croissance économique durablement faible, des conséquences financières de ce ralentissement pour les services publics et de l’interrogation même sur le mode de croissance à venir face à la crise environnementale, le projet Républicain semble pris de vertiges. Rebâtir notre projet Républicain impliquera donc des nombreuses remises en causes de nos conceptions d’aujourd’hui :

 - Définir une nouvelle stratégie économique pour garantir les bases de la croissance : Innovation, Recherche, développement d’un maillage serré de PME/PMI auxquelles on donnera les moyens de leur émergence et de leur croissance ; stratégie de filières technologiques sur les créneaux de croissance de demain ; articulation de l’action nationale et européenne ; valorisation de l’ « Or vert » agricole ; Toutes ces actions indispensables ne peuvent être mises en œuvre sans être engagées dans une stratégie de moyen terme. C’est la raison pour laquelle une mission du développement stratégique industriel du pays doit être mise en place sur les malheureux décombres du Plan, détruit par les gouvernements de droite. A partir de cette projection dans l’avenir, des actions d’émergence doivent être définies et engagées, leur financement pouvant largement s’appuyer sur la transformation d’aides directes aux grandes entreprises aujourd’hui passives et bien souvent utilisées comme effet d’aubaine.

- Multiplier les possibilités d’éducation, de qualification et de formation pour tous : L’école et la formation restent les outils privilégiés  d’une plus grande égalité réelle. Mais les coupes budgétaires successives et la rigidité d’un système bloqué malgré les efforts des enseignants ont rendu plus difficile la réussite scolaire et le développement de qualification de haut niveau. De nombreuses réformes s’imposeront, tant dans l’organisation du système que des moyens à donner à l’école et à l’université pour tous.

- Consolider par la réforme négociée notre pacte social et engager la définition d’un véritable pacte territorial : En laissant, sous contrainte financière, notre système de protection santé, famille et vieillesse rogné petit à petit, notre pays précarise la clé de voûte de notre République sociale. Le temps est venu d’un véritable débat national, participatif, qui refonde globalement notre pacte social, redéfinisse les charges et droits entre génération, entre capital et travail, entre les citoyens et la puissance publique. A la méthode de réforme partielle, brutale et parcellisée de la droite, nous devons opposer la démarche d’un nouveau pacte fondateur. Ce pacte social devra être élargi aux territoires, quartiers ou départements étouffés par les problèmes économiques et sociaux et qui décrochent de la marche de la société.

- Approfondir notre construction démocratique : La dérive institutionnelle née de l’usage par N. Sarkozy de la Vème République rend plus urgente que jamais la réflexion globale sur les institutions. Mais bien d’autres causes poussent à cette réflexion : méfiance des citoyens vis-à-vis de la politique que toutes les enquêtes d’opinion démontrent ; volonté sans issue des individus – citoyens de s’intégrer à des processus de décision participative ; faiblesse structurelle de la démocratie sociale ; complexité des décentralisations successives ; émergence sans régulation véritable d’un pouvoir médiatique livré aux intérêts des plus grands acteurs économiques ; carence de l’Etat de droit avec une justice et une police débordées. La gauche ne peut exister et agir dans cet état d’insuffisance démocratique. Son projet, c’est d’abord et avant tout par la démocratie qu’il se développe. Au cœur de notre refondation Républicaine, devra donc figurer notre conception renouvelée de la démocratie (proposition cf infra…)

1.2 - Redéfinir notre vision des  programmes

Puisque, de fait, nous avions renoncé à la définition d’une ligne globale qui aurait donné un sens à notre campagne présidentielle, nous condamnant aussi au pragmatisme pur et dur, au moins aurions nous pu travailler à l’élaboration d’un programme performant. La façon dont les propositions élaborées avant l’élection par le PS ont volé en éclats sous les coups de boutoir de Nicolas Sarkozy et de la réalité en dit long sur notre impréparation collective.  Malgré des propositions audacieuses sur de nombreux sujets (carte scolaire, logement, environnement…) Ségolène Royale ne pu, à elle seule, combler nos nombreuses lacunes. Comment a-t-on pu en arriver là ? L’explication principale tient au retard pris dans l’analyse de la réalité des problèmes économiques et financiers de notre pays depuis au moins 5 ans.

Sur toutes les grandes questions, la plateforme de 2007 ressemblait curieusement à celle de 2002 : extension des 35 heures, limitation du travail précaire, retour à la retraite à 60 ans, encadrement des licenciements économiques, renforcement des grands services publics de l’Etat (Education, Police, Justice…) hausse des salaires et du SMIC, augmentation des prélèvements sur le capital : A croire que la situation économique de 2007 était identique à celle de 2002.

Parce qu’elle refusait d’affronter la question des déficits budgétaires et financiers, notre plateforme ressemblait beaucoup plus à la méthode Coué qu’à un programme de gouvernement crédible. Le toujours plus social faisait craindre le toujours plus fiscal, renforçant l’image d’une gauche conservatrice finançant ses largesses à crédit. Des propositions courages en matière de réforme fiscale ou de maîtrise des déficits auraient pu donner à notre volonté sociale une réalité. Faute de ce minimum de réalisme, nos propositions perdaient toute crédibilité.

D’autant plus que, sans que nous l’ayons suffisamment perçu, des changements profonds dans la société remettaient en cause notre vision du progrès social. Par tradition, et par culture politique, la gauche croit aux réformes globales qui touchent de manière indifférenciée des catégories entières de la population. Depuis 1936, elle est persuadée que tout exercice gouvernemental doit être caractérisé par ce type de mesures : congés payés, retraite à 60 ans, 35 heures, emplois jeunes : chaque exercice de préparation programmatique est un concours d’idées autour de la proposition emblématique qui caractérisera l’ensemble de notre projet. Pour cette élection on s’est contenté du SMIC à 1 500 €, faute de mieux. Mais, outre que des évaluations ont très vite montré que cet engagement serait réalisé mécaniquement dans quelques 3 – 4 ans, ce type de proposition créait beaucoup plus de problèmes qu’il n’en résolvait. Il donnait le sentiment qu’une fois de plus nous ne nous préoccupions que des plus fragiles des salariés, laissant de côté une grande partie des couches moyennes salariées. Plus grave, il montrait que nous en étions restés à une vision du social globalisant, c’est-à-dire une vision du progrès social résultant d’une proposition décidée d’en haut qui, comme par enchantement, apporterait naturellement le bien-être aux salariés. Dans la vision traditionnelle que nous avions d’une société  de classes homogènes et larges cette conception pouvait se comprendre. Mais cette société est morte il y a bien longtemps. Sur ses décombres est née une société dissociée, faite d’une multitude de groupes sociaux entremêlés, définis principalement par le partage d’une même position dans un monde du travail éclaté et parcellisé ou dans la sphère sociale. Face à cet éclatement du social, une nouvelle stratégie de réforme sociale s’impose. Elle interdit l’affirmation répétitive d’une proposition vainement englobante pas plus qu’elle ne peut se satisfaire du recours systématique à la négociation, sésame propositionnel sensé masquer notre vertige devant ce nouveau social insaisissable. Notre stratégie d’intervention sociale doit être repensée en fonction d’objectifs précis et ciblés, l’effort doit porter sur la mise en œuvre de ceux-ci à partir d’objectifs quantifiés et une évaluation systématisée doit vérifier l’efficacité des nouvelles politiques publiques engagées. Changement essentiel dans nos façons de faire, cette attitude de pilotage fin de la réforme sera désormais la condition de notre crédibilité en matière sociale. C’est peu dire qu’entre 2002 et 2007 nous ne nous y sommes pas préparés.

Facteur aggravant, nous en sommes restés à notre penchant naturel : la préparation d’un programme en vase clos. Dans le travail programmatique engagé par le parti socialiste après le congrès du Mans, ne manquait qu’un acteur : la société. Enfermés dans notre bocal et sacrifiant abondamment à nos privates joutes, nous avons tenu éloigné de nos débats tous ceux qui pouvaient, par leur expérience, leur compétence ou leur poids y apporter du neuf et de l’efficience.

Pourtant ces dernières années de nombreux acteurs ont émergé de l’éclatement du social : intermittents du spectacle, génération précaire, mouvement des chercheurs, syndicalistes de terrain aux premières loges des mutations du tissu économique et industriel, mobilisation pour les sans logis. Comme si ces acteurs écrivaient une autre histoire que celle à laquelle nous travaillons, nous les avons observé avec méfiance et grande prudence tandis que nous ressassions nos mêmes certitudes. Rien d’étonnant à ce que notre programme collectif à peine adopté, il n’ait été réduit à une peau de chagrin tandis que notre candidate, en mettant l’accent sur des propositions nouvelles portées par ces mêmes acteurs su créer dans un premier temps, une véritable dynamique. Pour être durable, cette démarche aurait du être portée collectivement. Entre une candidate qui ouvrait et un parti qui se barricadait, les contradictions ont eu raison de ce frémissement. L’ouverture d’un dialogue profond avec les forces du changement dans la société reste pourtant la condition d’un renouveau.

1.3 - Repenser notre rapport à l’élection présidentielle

Au vu de la répétition de nos échecs, c’est une question que nous ne pouvons plus éviter désormais.

Depuis 1962, chaque élection présidentielle est un échec pour le Parti socialiste. Battu sept fois sur neuf, il ne doit qu’à François Mitterrand d’avoir emporté une élection qui semble avoir été conçue pour lui échapper.

La personnalisation de l’enjeu et, depuis peu la pipolisation du débat, sont d’autant plus éloignés des traditions du PS que celui-ci, parlementaire de culture, s’est construit contre la logique de la Ve République. Il prétend choisir souverainement son candidat, sans pression de l’opinion, élaborer librement son projet et négocier des alliances en fonction des rapports de force du moment, transposant dans la République d’aujourd’hui une culture et des mœurs politiques nés sous la IIIe République parlementaire. Parce qu’en 1971 il a rebâti le Parti socialiste sur un mode charismatique, François Mitterrand a pu dépasser cet atavisme. Sitôt disparu, les gênes ont repris le dessus : représentation proportionnelle en interne de courants plus soucieux de se disputer des parts de marché idéologiques que de fédérer autour d’un projet commun, ce qui rappelle les modes de cohabitation des sept sensibilités socialistes qui, en 1905, constituèrent la Ire SFIO ; unité  qui ne s’exprime que dans l’opposition au pouvoir (et encore !), défiance à l’égard du candidat investi, placé sous surveillance de l’observation stricte de la ligne du parti. Avec de tels fers aux pieds, le plus agile des candidats présidentiels est condamné d’avance : impossible unité, conflits programmatiques et organisationnels récurrents entre le candidat et le parti, difficulté à assumer collectivement un projet décomplexé de gouvernement. Défaite de 2002, défaite de 2007 ? Frère et sœur.

Voila pourquoi s’en tenir à une rénovation pragmatique du Parti socialiste, pourtant revendiquée à l’unisson, c’est consolider la machine à perdre. Car la seule rénovation de la plateforme programmatique, la redéfinition d’une ligne politique claire, la génuflexion devant les « réalités du marché », de la mondialisation et de l’individualisation seront vaines tant que n’aura pas été tranchée la question de l’adaptation même  du Parti socialiste la Vème république présidentielle. Autant que d’un déficit idéologique, ce dont souffre le PS c’est d’un travers ontologique qui le rend inapte à agir dans un système politique fondé sur le présidentialisme. Celui-ci ne changera pas véritablement de nature après les travaux du comité Balladur et le problème restera entier d’un régime diminué par l’irresponsabilité totale de son chef. Tout en continuant à penser l’évolution indispensable de ce régime, il faut donc s’adapter à ses règles actuelles. Pour cela, un réarmement d’envergure sur la question démocratique est indispensable. Désormais, le P.S devra intégrer dans sa stratégie présidentielle l’acquis construit sur une nouvelle séparation des pouvoirs conforme au patrimoine constitutionnel des Etats-membres de l’Union Européenne. 

Pour avoir une chance de remporter une élection présidentielle, le Parti socialiste devra donc repenser son rôle et adapter son fonctionnement à cette réalité.

2 – Refaire la gauche         

Parce que nous croyons que les causes de la défaite sont profondes, nous plaidons pour une stratégie de refondation de la gauche par sa redéfinition : cette stratégie ne signifie pas que les traditions qui ont forgé le socialisme soient à bannir, au contraire. Mais c’est toute une histoire qui est à repenser et notre projet d’émancipation sociale et de communauté politique est à refonder. Il y faut une méthode, elle est dans ce paradoxe historique : le socialisme, né de la question sociale au XIX° siècle est rattrapée par elle au début du XXI° siècle. Voilà pourquoi il faut partir des changements qui ont affecté la nature même du capitalisme tout en tenant compte des spécificités du socialisme français.

2.1Quel capitalisme ?  Retenons l’essentiel : le nouveau capitalisme n’est plus seulement industriel. Intégrant toujours plus de technologie sous pression financière, il fait désormais une large place à l’immatériel dans tous les secteurs de l’activité économique traditionnelle. Depuis 20 ans, l’investissement immatériel a dépassé celui des équipements matériels. Parmi ces investissements, tous ceux qui concourent à la capacité d’innovation jouent un rôle essentiel pour la croissance économique et la compétitivité. Dès lors, pour tout acteur économique  la capacité de capter  ces capacités d’innovation devient un élément stratégique. Ce nouveau capitalisme, appelons le capitalisme des connaissances, n’a que peu de rapports avec le capitalisme industriel du 20ème siècle. Dans l’entreprise, afin de maximiser la captation des potentiels d’innovation, il détruit les modes d’organisation hiérarchisés, encourage les structures en réseaux dans et hors les murs et encourage l’individualisation du travail. Mais son champ d’action ne se limite plus à l’entreprise. Car la valorisation de tous les savoirs, usages et pratiques dans la société représente aussi des potentiels d’innovation « gratuits » qui peuvent augmenter la productivité (l’effet cluster ou le style banlieue recyclé dans l’industrie du vêtement, par exemple…). Dès lors, en cherchant à maximiser tout potentiel d’innovation dans et hors l’entreprise, ce capitalisme des connaissances remet en cause les visions traditionnelles de l’accumulation de la plus value que nous avons pour l’essentiel bâtie à partir du capital industriel. Il oblige a repenser le travail, en accordant beaucoup plus de place a son contenu concret (dans ce capitalisme le travail de nombre de salariés peut n’être pas spontanément vécu comme aliénant) la fiscalité (l’entreprise  ne pouvant valoriser des savoirs sociétaux tout en réclamant des baisses d’impôts sur ses résultats), la relation travail-salaire (le « travail » de la société n’étant pas rémunéré, comment peut-il l’être ?), la puissance publique (contestée culturellement par le développement de la production en réseaux) les droits de propriété (qui finalement sont une limitation des capacités d’innovation collective) la concurrence (qui démultiplie le potentiel d’innovation) bref, bon nombre de nos conceptions séculaires. D’autres changements induits par le nouveau capitalisme nous sont mieux connus notamment le bouleversement des anciens rapports entre le travail et le capital (en rémunérant toujours plus le capital difficile à taxer car bien plus mobile et immatériel que le travail par ailleurs parcellisé ; en désarticulant les stratégies financières multinationales et la fragmentation localisée de la production réelle ; en dissociant les intérêts des firmes de ceux des Etats et des organisations collectives de salariés.) D’évidence, la social-démocratie ne peut plus s’en tenir à ses réponses traditionnelles, celles des politiques de protection sociale corrélées à des situations stables ou à des statuts professionnels particuliers. Elle doit garantir des parcours, aider à prévenir les risques sociaux dans des conditions équitables, prendre en compte la responsabilité des individus dans une société du risque. Elle doit garder le cap sur l’émancipation et donc partir des transformations sociales de l’économie plus segmentée, plus individualisée. De nouvelles formes d’aliénation et de souffrance sont apparues  avec de nouvelles possibilités de développement personnel. Les réformes ne dépendent pas seulement d’un changement des  règles par la loi mais d’une extension du capital social des individus et tout spécialement des plus démunis. Il y aurait danger à considérer que tout progrès de l’individualisme est un point marqué par le capital et que l’extension des libertés ne vaut que pour les capitalistes. Le socialisme c’est, dés ses origines, l’émancipation de l’individu du plus grand nombre possible de ses aliénations. Comme le disait le grand antifasciste et socialiste italien Carlo Rosselli « le socialisme c’est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ». La capacité d’éducation, l’indemnisation du chômage, la réinsertion, tout ce qui est lié aux problèmes spécifiques des individus est devenu central. Dans des sociétés où grandit l’individualisation des préférences, il faut repenser la demande collective de justice, l’égalité d’accès aux services collectifs, la définition de nouveaux biens publics et les règles de leur  propriété (la brevetabilité du vivant), la promotion de nouveaux services publics (de la formation, du logement, de la ville…). Il faut réfléchir aux conséquences de « la complication changeante et de la transformation perpétuelle de la propriété » comme Blum déjà le demandait en 1901. Il faut imaginer des modes de contrôle de la politique par les citoyens, revoir les institutions qui produisent  un système oligarchique,   créer des procédures démocratiques qui soient autant de contraintes efficaces sur l’économie. Ce programme ne sera jamais l’affaire d’experts ou de professionnels de la politique. Il passe par les partis socialistes tels qu’ils sont et donc par leur transformation. Nous proposons d’engager dès à présent ce grand chantier de réflexion par la mise en place d’un laboratoire de réflexion politique, ouvert sur la société.   

2.2Réorienter Au-delà d’une vision globale des conditions d’intervention de la gauche dans le nouveau capitalisme apparaissent d’ores et déjà quelques points clés de ce que devra être notre réorientation programmatique.La révolution écologique :

Un certain nombre d’évènements considérables va révolutionner tous les comportements, que ce soit celui du consommateur, du producteur agricole ou même du citoyen. Des ménages aux industries en passant par les exploitations agricoles, tout, à brève échéance, sera impacté par la nouvelle donne environnementale. Question démographique – nous serons bientôt 9 milliards à la table de l’humanité en 2050 – et question climatique se conjuguent aujourd’hui pour bâtir un nouvel horizon politique. Depuis des décennies, l’économie a puisé sans limite et sans aucun frein dans les ressources de la planète, Hubert Védrine parle à juste titre « d’économie suicidaire ». Cette économie nous mène à la mort collective. Voilà pourquoi les socialistes doivent investir pleinement ce sujet qui est un projet de réponse régulatrice à la mondialisation. La tâche est immense : Nous aurons notamment à réorganiser la solidarité à l’intérieur de l’humanité, réduire drastiquement nos émissions de gaz carbonique, revoir les conditions de localisation des productions pour mettre un terme aux contrats environnementaux de la logistique dérégulée au plan mondial. Pour la première fois dans l’histoire politique, l’impératif moral écologique sera plus fort que la force des marchés où, à tout le moins, devra l’être. C’est un élément radicalement nouveau qui renforcera la position de ceux qui pensent indispensable la régulation des marchés. C’est pourquoi, nous devons investir pleinement ces sujets et en faire la clé politique de l’évolution de nos choix profonds.

La montée des devoirs individuels :

La mode est à l’individu, et à l’individualisation de ses droits : soit. Depuis Jaurès, les socialistes croient à l’individu, à son émancipation et à partir d’effort de relecture de notre histoire, il ne sera pas difficile de le rappeler. Mais, dès lors que nous avançons vers les enjeux politiques nouveaux, celui de la révolution écologique en est un bon exemple, apparaît la question de la responsabilité et des devoirs individuels. Dès lors que le modèle de développement doit évoluer, la quantité de devoirs individuels pesant sur chaque citoyen devient une question clé. Le civisme doit changer de nature, il doit être un élément de notre mutation accélérée. Certains choix aujourd’hui considérés comme relevant exclusivement de la vie privée devront supporter un regard public, qu’il s’agisse de comportements de consommation, sociaux ou environnementaux. Nous devons nous réapproprier la part de responsabilité individuelle et la mettre en rapport avec la quantité d’intérêt général que nous voulons assumer ensemble. Au-delà des questions écologiques, cette démarche doit s’appliquer à plusieurs grands choix collectifs parmi lesquels la question des systèmes sociaux, celle des inégalités comme celle du fonctionnement des services publics.

Une nouvelle conception de l’Etat :

L’Etat, est notre bras armé, c’est l’outil du volontarisme. Quand il n’est pas efficace, il se retourne contre nous et contre ses fonctionnaires. Là encore, nous devons remettre en question un certain nombre de conceptions. Pour nous, par principe, l’intervention de l’Etat est légitime et son efficacité préposée. Nous passons plus de temps à inventorier les domaines dans lesquels l’intervention publique devrait s’employer qu’à nous interroger sur les résultats concrets de son intervention. Cet à priori de légitimité n’est pourtant que de l’ordre du discours. Dans une période de difficultés financières récurrentes de l’Etat et des puissances publiques territoriales, chacun sait que ce discours n’est pas tenable : résultat : derrière les déclarations, sous l’emprise de la nécessité, il nous est arrivé de concéder des privatisations sans autre raison que financières, que cela soit au niveau national comme au niveau local. Qu’il faille évoluer dans notre conception du périmètre de l’action publique, soit. Mais que cela se fasse à l’issue d’une réflexion, après analyse des secteurs dans lesquels l’action de l’Etat est légitime ou  le marché plus efficace, que soient aussi évalués les résultats concrets de ses interventions. Bref, que nous bâtissions l’Etat efficient dont le périmètre sera peut être moins large qu’aujourd’hui mais les actions plus fortes. C’est la meilleure façon de valoriser le travail des fonctionnaires que de se préoccuper de l’organisation globale dans laquelle ils effectuent leurs missions. Belle perspective de réforme authentique que celle qui visera à s’attaquer frontalement aux procédures bureaucratiques entremêlées, aux superpositions des compétences entre les différentes strates de décisions publiques et à soumettre à l’examen indépendant les façons de mettre en œuvre nos choix et décisions politiques.

  Le nouvel âge démocratique

La nouvelle donne politique doit nécessairement s’accompagner d’un nouvel âge démocratique. Nous avons été les promoteurs de la VI République. C’était un outil comme, dans l’histoire industrielle, le fut la naissance de la République comme espace de mise en œuvre de compromis sociaux. La question de ce nouvel âge démocratique renvoie nécessairement aux régulations nouvelles, à l’exigence de responsabilité individuelle et à la redéfinition de l’action publique. On ne peut plus faire des lois décidées d’en haut et les faire tomber sur une société qui refuse les potions amères d’un pouvoir isolé et accablé par l’excès d’enfermement. Ce qui était déjà vrai depuis 1958 le sera plus  encore après l’hyperprésidence de N. Sarkozy. Pour cela, il nous faudra ajuster et améliorer notre projet de VI République. Car, puisqu’elle est durablement installée, la toute puissance présidentielle implique une pensée renouvelée des contres pouvoirs.

Les socialistes partagent la même vision de la valorisation du rôle parlementaire et de l’indépendance de la justice. Mais, pour ce qui est de l’indépendance véritable des médias, de la création d’autorités indépendantes d’évaluation des politiques publiques et l’utilité de la concurrence pour endiguer la toute puissance de certains monopoles, il reste un important travail à engager : notre VI République sera forte de l’ensemble de ses dispositions nouvelles. Soucieux d’une plus large participation des citoyens à la vie de leur pays, notre VI République sera d’abord et avant tout celle du développement des contres pouvoirs rendus indispensable par l’effet de concentration des pouvoirs du Président, du fait des logiques cumulatives du quinquennat et de la médiatisation.

2.3 – Pour un nouveau parti socialiste  Rééquilibrer l’architecture institutionnelle ne devra pas nous dispenser d’adapter notre parti  à la présidentialisation renforcée de la Vème République. Cette démarche implique une réforme profonde, le parti socialiste intégrant pleinement la logique de l’élection présidentielle et se redéfinissant à partir de cette élection, pour n’être plus prisonnier dans son organisation comme dans son fonctionnement du processus de désignation. Il confie à des élections  primaires à l’italienne, c’est-à-dire rassemblant les électeurs d’une coalition de partis, le soin de désigner le candidat à l’élection présidentielle. N’ayant plus à investir lui-même le candidat, ni à arrêter son programme définitif dont la finalisation dépendra des arbitrages de la coalition, le Parti socialiste se redéfinit à partir de fonctions nouvelles : il se dote d’outils pour s’ancrer davantage dans la société à partir d’une  force militante renouvelée (organisation de ses relais dans le monde économique et les services publics ; départements  entreprise et services publics ; réappropriation de la coordination de ses élus locaux ; développement des liens avec les acteurs associatifs…) ; travaille à penser les évolutions de la société à moyen terme en créant un outil de réflexion ambitieux ; développe des services pour ses militants et sa base sociale (assurances, mutuelles…), voire constitue un fonds de placement social lui permettant de prendre des participations financières minoritaires pour contribuer à des objectifs précis (pluralisme dans les médias, émergence de nouvelles formes économiques…). À côté de ces missions nouvelles, il continue bien sûr à définir les orientations et investir les candidats pour les élections locales et législatives. Reprécisant aussi en profondeur son rôle et ses moyens d’actions, le parti socialiste peut donner des motivations nouvelles à l’action militante et devenir durablement le pôle qui tirera  l’ensemble de la gauche vers les succès. C’est la voie à laquelle nous croyons. Réincarner l’esprit de réforme dans la société implique d’abord de se l’appliquer à soi-même. Il n’est  pas tâche plus urgente que  de bâtir un nouveau parti socialiste pleinement adapté aux institutions de son temps. Nouveau capitalisme, social, démocratie, écologie, Etat, mondialisation. Peu à peu, pierre après pierre, se dessine un visage du socialisme nouveau, différent, qui mute, qui se transforme sous nos yeux. Il synthétise tous les apports de la pensée politique de gauche : l’écologie, l’altermondialisme, la social-démocratie également, la tradition politique du socialisme français. Il redéfinit un grand nombre de choix sans jamais trahir les valeurs. C’était l’esprit initial du NPS. Enracinés dans nos valeurs, modernisant nos positions, c’est ce que nous devons poursuivre avec une reprise de l’effort toujours ininterrompu car le monde change à une vitesse accélérée, tellement les rénovateurs ont le devoir de changer eux-mêmes avec lui.

C’est une vision de l’histoire, de la planète, de l’humanité. C’est une vision de la civilisation Le partage et l’obligation que les êtres humains ont de se donner la main et de décider ensemble la façon de partager, ou de restreindre ou de se contraindre eux-mêmes. C’est une vision extraordinairement humaniste comme le socialisme, disait Jaurès, était un humanisme. Car il consiste à dire que nous maîtrisons nos destinées, que nous sommes ensemble, les copropriétaires de notre avenir. C’est une force considérable que nous devons imposer à l’agenda de la rénovation socialiste. La réévaluation des outils qui sont les nôtres, la réévaluation de la place de l’individu dans le dispositif collectif, ces réévaluations là sont fondamentales. Et ce sont toujours derrière, en plus de ce rêve, de ces valeurs, des propositions concrètes pour e pays. C’est ainsi que nous forgerons une offre politique nouvelle pour le pays, peu à peu et le plus rapidement possible. Il n’y a pas tâche plus urgente pour tous les socialistes que de se rassembler et, au-delà des clivages dépassés de ces dernières années que de travailler à cette perspective.

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POUR UN CONTRAT DE RENOVATION

Posté par toulouse2008 le 24 mai 2008

Pour un contrat de rénovation” : le texte complet et les premiers signatairesDécembre 2007

Au-delà des responsabilités et des dysfonctionnements de quelque nature que ce soit, la défaite présidentielle de 2007, la troisième consécutive, renvoie aux lacunes fondamentales, idéologiques et programmatiques des socialistes français.

Malgré la mobilisation des jeunes, des cités, la reconquête d’une partie des votes populaires, nous n’avons pas répondu aux attentes essentielles des français : la protection face à la mondialisation, la préservation de la sécurité sociale, la juste répartition des revenus et des prélèvements, la place, la valeur et juste rémunération du travail, la garantie de la promotion individuelle, l’articulation des droits et des devoirs… Face à un Sarkozy organisant les divisions internes des couches populaires et moyennes, nous n’avons pas su proposer à l’ensemble de notre base électorale un nouveau pacte social et territorial fédérateur.

Nous pensons aussi que si les objectifs précis que nous poursuivons – réduire les inégalités, protéger collectivement des aléas de la vie, renforcer l’égalité réelle par l’augmentation et la démocratisation de l’éducation et de la formation – restent pertinents, nous devons inventer les moyens d’en garantir l’effectivité pour tous et la pérennité financière. Dans le capitalisme d’aujourd’hui, il ne suffit pas d’affirmer pour réformer. Il faut définir des stratégies d’action ciblées, rechercher des résultats perceptibles concrètement par les individus et évaluer en permanence. Inventer de nouveaux modes d’action est une condition de notre rénovation.

Miser sur les difficultés de Sarkozy, la dégradation de sa popularité, ne suffira pas. Nous ne devons pas réitérer l’expérience stérile des années 2002-2006 qui nous a conduit d’une défaite à une autre. Nous devons désormais prendre à bras le corps le véritable agenda de la rénovation. Trente cinq ans après Epinay et près de vingt ans après la chute du mur de Berlin, nous devons réviser notre doctrine pour clarifier nos principes, refonder le clivage gauche / droite, et répondre aux nouveaux défis historiques posés par la mondialisation, les chocs écologiques, l’individualisation sociale et culturelle, la crise de l’Etat social et du modèle Républicain.

Ce défi ne peut être relevé que collectivement. Il suppose un travail approfondi et sincère qui dépasse les jeux de rôles traditionnels et les contradictions artificielles, un processus politique qui fasse le pari des idées avant celui des stratégies personnelles. C’est le sens et l’ambition de la démarche que nous avons décidé d’entreprendre ensemble.

Nous convergeons sur le diagnostic fondamental, le sentiment de l’urgence de sauver le parti socialiste en le rassemblant et en le faisant muter en profondeur. Et nous avançons d’ores et déjà dans le débat du Parti et de la gauche toute entière avec cinq orientations communes :

1) Fonder le modèle socialiste dans la mondialisation

-  Fidèle à la vocation de la gauche, nous voulons plus que jamais lutter contre les déséquilibres économiques, les dégâts écologiques et les injustices sociales engendrées par le fonctionnement du système capitaliste. Loin d’avoir perdu sa raison d’être, ce combat retrouve une acuité face à la mondialisation financière et les nouvelles formes de domination qu’elle impose. Nous refusons l’alignement de notre modèle social sur les standards néo-libéraux que la droite voudrait nous imposer. Socialistes, internationalistes, nous militons plus que jamais pour une autre répartition des richesses à l’échelle planétaire et ne pouvons nous résoudre à l’approfondissement de la fracture entre le Nord et le Sud.

Ces dernières années, cette évidence n’était pas partagée au sein des partis de gauche de gouvernement. Deux écoles se sont affrontés : partisans de la “3ème voie” qui plaidaient pour un socialisme beaucoup plus libéral et individualisé et socialistes plus classiques s’affrontaient sur le rôle et les moyens d’action de la puissance publique. Aujourd’hui, ce débat est dépassé. Tous les grands partis de gauche se repositionnent en réaffirmant la nécessité d’une régulation publique plus marquée qu’au début du 21ème siècle : que ce soit vis-à-vis de la mondialisation ou de la protection sociale aux Etats-Unis, du fonctionnement des services publics en Angleterre, du marché du travail en Allemagne ou de la plus forte prise en compte de la durabilité du développement dans l’Europe du Nord, le mouvement progressiste se redéfinit en opposition marquée aux dégâts du libéralisme. C’est dans cette nouvelle phase que nous inscrivons notre démarche.

-  Pour autant ce rapport critique au capitalisme ne peut suffire à définir le socialisme du 21ème siècle. Ayant tiré les leçons de l’échec du « socialisme réel », nous avons reconnu depuis longtemps dans nos actes l’utilité du marché pour produire les richesses nécessaires au développement des sociétés, tout en s’avérant insuffisant dans des domaines comme l’éducation, la santé, la culture ou la recherche. Il est donc inutile d’en faire un sujet de clivage artificiel. Conscients que l’on ne peut redistribuer que ce qui est produit, il est indispensable que le socialisme soit attentif aux conditions de la création des richesses. Par opposition au choix de la rente et de la spéculation financière, la gauche doit également prendre le parti de l’innovation et de la prise de risque entrepreunariale, car c’est l’intérêt bien compris des salariés. Les gains de productivité ainsi obtenus devront être équitablement répartis entre le capital et le travail.

-  La mondialisation étant aujourd’hui déréglementée et dérégulée, nous voulons construire sa maîtrise par le retour d’une réglementation internationalement négociée adossée à toutes les formes possibles de régulation. Nous plaidons aussi pour un rapport constructif à la mondialisation : les excès de celle-ci ne remettent pas à l’ordre du jour la révolution socialiste mais appellent une exigence accrue de régulation. A l’image des socialistes qui, à la fin du 19ème siècle, s’interrogeant sur leur position par rapport à la République naissante, décidèrent finalement de s’y intégrer pleinement pour la faire évoluer (ce fut la synthèse Jaurésienne), nous devons aujourd’hui également y développer de nouveaux modes d’action et de nouveaux outils pour que nos idéaux puissent s’y traduire concrètement.

-  Nous plaidons pour un commerce international régulé : celui-ci ne peut se faire au détriment des pays du sud et une puissante régulation doit imposer des garanties sociales et environnementales afin d’assurer la loyauté dans les échanges mondiaux, une démocratisation des instances de régulation internationale, une nouvelle stratégie diplomatique alternative à la stratégie sarkozyste d’intégration au bloc anglo-saxon.

-  Nous voulons bâtir des solidarités politiques transnationales qui permettent de faire face au déploiement du capital. Cette orientation se traduit notamment par un engagement résolu dans l’unification politique européenne. Nous voulons une Europe unifiée et puissante, capable de peser dans les négociations sur le commerce mondial et d’établir en son sein des formes de gouvernance économique et d’harmonisation sociale. Cette conviction nous conduit à militer pour des transferts de compétence, des procédures de décision simplifiées, l’affirmation de principes sociaux, des institutions plus fédérales et parlementarisées. Nous appelons ce projet la République Européenne.

En réaffirmant ces finalités partagées, nous ne voulons pas ignorer les insatisfactions engendrées par la construction européenne telle qu’elle est, ni occulter les débats qui ont surgi sur l’appréciation du Traité Constitutionnel Européen. Mais nous croyons nécessaire de dépasser ces divergences et de travailler ensemble à la définition d’une stratégie politique des socialistes français pour faire avancer leurs objectifs communs dans le champ de forces européen. L’Europe est pour nous l’espace nécessaire à la régulation dans la mondialisation.

2) Une vision renouvelée du progrès et du développement humain

Issus de la tradition rationaliste, nous voulons le progrès des sociétés et proposons de renouveler notre vision de la croissance, et du rôle de la technologie comme sources d’évolution de notre civilisation. Le développement scientifique est l’une de nos valeurs et nous soutenons que la recherche fondamentale fait partie des moyens d’émancipation de l’humanité. Nous ne pouvons par contre pas adhérer à un scientisme béat renvoyant à un progrès technologique hypothétique le soin de réparer les désastres engendrés par l’exploitation insouciante des ressources naturelles. Notre socialisme réaffirme notre responsabilité vis-à-vis de l’ensemble de l’humanité, au Nord comme au Sud, comme envers les générations futures.

-  La révolution écologique que nous aurons à engager d’urgence devra réorganiser la solidarité à l’intérieur de l’humanité. Pour la première fois depuis très longtemps, l’impératif moral écologique sera plus fort que la force des marchés et constituera un levier nouveau pour imposer par la voie de l’action politique des disciplines à cette économie suicidaire qui puise sans aucune limite et sans aucun frein dans les ressources de la planète.

-  La nouvelle donne écologique renouvelle plus fondamentalement encore notre vision même des besoins humains. Aux antipodes d’une approche purement matérialiste du bien être, nous entendons accorder désormais aux questions de santé, de qualité de vie, de préservation des cadres naturels, une importance décisive. Nous croyons nécessaire d’enrichir la notion et la mesure même de la croissance, pour faire une place aux dimensions qualitatives, aux enjeux sanitaires et éducatifs, au développement des services à la personne, à l’économie sociale et solidaire, et à la sphère non marchande

Nous ne voulons pas contribuer à une société anxiogène, qui serait structurée par la peur de l’avenir. Mais nous plaidons de même pour un progrès socialement maîtrisé, passant par le primat de l’humain sur la technique, et la nécessité de placer le développement technologique, les grands choix énergétiques et industriels, sous le contrôle effectif des instances démocratiques et des citoyens.

3) Légitimité du modèle républicain français et efficacité de l’Etat social

-  Face au « réformisme » néo-libéral de la droite qui vise à étendre la société de marché, nous défendons les objectifs de « l’Etat social » mis en place en France et en Europe au siècle dernier, et à ses grands instruments : services publics, sécurité sociale, retraites par répartition, fiscalité progressive, aide sociale, droit du travail, salaire minimum,…

Au nom de ces convictions, nous sommes les partisans d’un socialisme efficace qui regardons les mutations de la société telles qu’elles sont, refusant d’enfermer la gauche dans l’immobilisme, la défense systématique de tous les corporatismes. Pour rétablir la légitimité et l’efficacité de l’Etat social et du modèle républicain, nous estimons que le PS doit avoir le courage d’assumer et de porter les réformes structurelles nécessaires, ainsi qu’en garantir la pérennité politique et financière y compris en assumant la part de prélèvement public nécessaire.

-  Nous devons ainsi répondre à l’enjeu de la croissance et de la compétitivité française en réhabilitant le volontarisme économique. Aux antipodes du désengagement néo-libéral, nous pensons que la puissance publique – Etat, régions, villes – même imbriquée avec l’économie, doit recouvrer un rôle stratégique pour favoriser la reconversion des territoires fragilisés, encourager le financement de l’investissement productif et de la recherche, la diffusion des progrès technologiques, la prospection des marchés internationaux, ou encore le développement des nouveaux services et de l’économie sociale et solidaire.

-  L’augmentation de la durée de la vie, la qualité de la santé, la nécessaire solidarité avec les populations du Sud pour l’éradication des maladies associées à la pauvreté (HIV, paludisme, Tuberculose) exigent la vérité sur les coûts. Il faut instaurer de nouveaux mécanismes de financement, les charges assises sur les salaires des actifs ne pouvant suffire.

-  Face à la dérive des finances publiques, nous devons améliorer l’efficacité et la qualité des services publics – qualité de gestion, transparence des dépenses, qualité du service rendu au public et aux usagers – afin de réaffirmer leur légitimité. Qu’il s’agisse de la lutte contre le chômage, de l’éducation, de la police ou de la justice, nous militons pour un Etat efficient dont les actions soient mieux ciblées sur les besoins réels.

Pour endiguer la dérive communautariste qui menace l’identité républicaine de la France, nous estimons qu’il faut faire de la lutte contre les discriminations un axe central de la politique sociale.

4) L’émancipation de l’individu et l’individualisme destructeur

-  Socialistes français, nous sommes les héritiers du combat républicain contre le carcan religieux, pour la séparation de l’église et de l’Etat, et de celui des années 1960-70 contre un ordre moral étouffant, pour le droit des femmes et la libéralisation des mœurs. Cette volonté d’étendre les libertés et de permettre à chaque individu de s’émanciper en choisissant sa façon de vivre, ses liens, ses affiliations, ses références, ses pratiques culturelles demeure un principe directeur de notre action.

-  Elle rejoint la nécessité de tenir compte du processus d’individualisation sociale et culturelle qui travaille en profondeur notre société et remodèle les classes traditionnelles. Qu’il s’agisse des retraites, de l’éducation, des conditions de travail, nous pensons que le socialisme doit mieux prendre en compte la diversité des situations et des attentes qu’elles créent. Il ne doit pas craindre à nos yeux de contourner le niveau trop homogénéisant du groupe social ou du territoire pour faire désormais davantage descendre, quand c’est possible, l’action correctrice de la politique au niveau même de l’individu.

Cet engagement en faveur des libertés ne nous rend pas sourd à la demande d’autorité et de règles qui émane de la société contemporaine. Si elle résulte pour une part essentielle des effets déstructurants de la crise économique et sociale, la montée des phénomènes d’insécurité au cours des dernières décennies nous a rappelés aux nécessités d’une liberté ordonnée, d’une meilleure articulation des droits et des devoirs.

-  Cette prise en compte des réalités et des aspirations individuelles ne nous conduit pas non plus à cautionner les dérives de l’individualisme contemporain. Nous combattons la réduction de la politique au consumérisme et à la juxtaposition des revendications catégorielles. Nous travaillons à une société d’individus où ne pèseraient plus les privilèges de naissance et les déterminations de classe, où chacun aurait tous les moyens de réussir et de s’accomplir sans l’intervention de la collectivité. Attachés au pari des Lumières et à la force des solutions collectives, nous refusons la perspective d’une société atomisée et défendons la nécessité de construire et de faire vivre des institutions communes au service de la justice sociale.

Loin d’épouser les antagonismes internes à notre base sociale, loin de vouloir jouer à notre tour sur la division des « inclus » et des « exclus », nous souhaitons au contraire que la gauche élabore dans les années qui viennent un nouveau pacte social et territorial pour relever le défi de la société « fragmentée » et « dissociée ». Celui-ci devra afficher des thèmes fédérateurs (protection contre la mondialisation, sauvegarde de la protection sociale, promotion individuelle) et indiquer aux couches populaires et moyennes, aux habitants des cités comme à ceux du monde rural et péri urbain ce qu’ils peuvent attendre de la gauche. Nous pensons notamment que la gauche doit continuer à faire de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté une priorité politique et morale mais qu’elle doit veiller à ne pas alimenter la critique contre l’assistanat et qu’elle doit mieux répondre, de son côté, à l’enjeu du pouvoir d’achat et, en particulier, aux biens premiers que sont le logement, la santé et l’éducation, et à l’enjeu de la juste répartition des revenus à travers une réforme fiscale courageuse.

-  Cet attachement au projet collectif constitue notre manière de répondre, aujourd’hui encore, aux demandes de sens et aux besoins d’appartenance qui traversent la société contemporaine. Il constitue notre réponse à la question de l’identité nationale, dont nous ne voulons pas concéder le monopole à la droite. Nous continuons d’opposer la conception, ouverte, dynamique, contractuelle, d’une « communauté de citoyens » à la vision étriquée, figée, ethniciste, portée par une partie de la droite. Nous continuons d’opposer l’idée d’un espace public composé de citoyens égaux en droit et débattant librement du bien commun à celle d’une démocratie régulée par les rapports entre des « communautés ».

5) Un nouvel âge démocratique pour notre République

-  Héritiers de Jaurès et de Blum, issus du choix fondamental qui a provoqué la séparation entre socialistes et communistes au Congrès de Tours, nous considérons la démocratie comme une valeur inconditionnelle, la source de toute légitimité, le seul levier dont nous disposions pour mettre en œuvre les instruments de régulation du capitalisme.

-  Fidèles à la tradition républicaine française, nous continuons également de croire à la vertu des institutions représentatives et au rôle irremplaçable des partis politiques pour élaborer les options en présence, rationaliser, éclairer, incarner les choix possibles et permettre ainsi aux citoyens de choisir l’orientation donnée aux grandes politiques publiques. Mais nous pensons qu’un système démocratique ne peut plus fonctionner au début du 21ème siècle sur le seul principe de la délégation et qu’avec l’élévation du niveau d’éducation et d’information de nos concitoyens, il faut entendre l’aspiration à une souveraineté populaire effective. Appuyés sur les expériences engagées depuis longtemps par leurs élus locaux, les socialistes doivent étendre les mécanismes de démocratie participative.

-  Nous pensons plus généralement qu’il est temps d’inventer une nouvelle sociale – démocratie, appuyée sur les réseaux, les collectifs, le formidable vivier du monde associatif ; de renouveler les formes mêmes de notre démocratie politique, sociale et territoriale.

-  La nouvelle donne politique doit nécessairement s’accompagner d’un nouvel âge démocratique, de l’avènement d’une nouvelle République. Le projet de VIème République est un acquis de la gauche, mais son contenu devra être renouvelé au regard de la pratique personnelle et absolutiste de Nicolas Sarkozy, qui renforce les excès déjà considérables de la présidentialisation. Faute de revenir sur le principe même de l’élection présidentielle, nous plaidons pour la mise en place de contres pouvoirs réels. Nous voulons un Parlement réellement renforcé, une justice et des médias indépendants, une limitation du cumul des mandats.

6) L’utopie concrète de l’égalité réelle

-  Méfiants vis-à-vis de la fausse radicalité d’une rupture annoncée avec le capitalisme mais jamais mise en œuvre, adeptes d’une politique qui s’appuie sur les réalités, nous ne résignons pas pour autant à réduire le socialisme à un pragmatisme gestionnaire ou à un réformisme purement défensif, qui ne ferait que combattre les dégradations de l’Etat social et du modèle républicain. Nous pensons que la gauche doit continuer d’offrir un débouché au besoin légitime de sens, d’utopie qui est, depuis la Révolution française, au cœur de sa vocation.

-  Notre nouvel horizon de transformation sociale réside dans une lutte massive contre les mécanismes de « reproduction sociale » qui font perdurer dans notre société les privilèges de naissance. Nous devons faire de l’égalité des chances, « l’égalité réelle », c’est-à-dire affirmer la volonté de donner à chacun les moyens d’accéder au « capital culturel », de déployer ses talents et de trouver sa juste place dans la société, de définir une frontière essentielle et nouvelle du socialisme contemporain. Notre projet pour l’école et pour l’université y tiendra un rôle central.

7) Notre stratégie politique

Rassembler les gauches demeure évidemment l’objectif. Mais quelles gauches aujourd’hui ? La question est dans toutes les têtes. La situation est profondément différente du moment d’Épinay où deux grands partis structuraient pour l’essentiel l’électorat de gauche. Le parti socialiste n’a jamais été plus fort qu’aujourd’hui. Mais, avec des alliés faibles électoralement, le Parti communiste et les Verts, et de petits partis, le PRG et le MRC, il peut être durablement impuissant à construire un rapport de forces majoritaire. Tel est le paradoxe. Et celui-ci est rendu plus compliqué encore par la double concurrence que fait peser, à l’extrême-gauche, un « gauchisme compassionnel » qu’incarne la figure d’Olivier Besancenot, qui n’a pas la volonté de participer à une alternative politique réelle, et un « centrisme présidentiel », qui n’a comme espérance qu’une percée solitaire et se réfugie dans un ni-ni perpétuel !

Dans ces conditions, il n’y a pas d’autre solution que d’atteindre une « masse critique » indispensable à une dynamique victorieuse. La visée d’un « parti de toute la gauche » est utile. Mais elle peut être trompeuse si par là, nous entendons seulement un accord avec quelques « morceaux » d’appareils. Le problème resterait pour l’essentiel. Non, il s’agit d’une mutation qu’il nous faut accomplir qui demande un profond renouvellement.

C’est là que la question stratégique est liée étroitement à la nature du parti et à la nécessité de sa mutation. Le parti d’aujourd’hui a ses forces -tout particulièrement son réseau d’élus qui en fait une « social-démocratie municipale ». Mais il n’est plus adapté, d’une part, aux réalités d’une démocratie moderne, d’autre part, à l’enjeu stratégique.

Nous avons besoin d’un parti beaucoup plus proche de son électorat, qui donne à ses militants un rôle nouveau d’animation politique, qui, à côté de ses fonctions traditionnelles et essentielles, la définition de programme, les sélections des candidats, prend en charge de nouveaux besoins.

Une discussion a été ouverte sur la manière dont les responsabilités sont réparties à tous les niveaux. Faut-il changer le mode de scrutin interne et renoncer à la proportionnelle intégrale ? L’idée d’un scrutin à dominante majoritaire est présentée. Mais elle n’a pas l’évidence que certains lui prêtent. Car, le parti a connu (et connaît) de fausses majorités, qui sont autant des facteurs de paralysie. Et, vouloir construire un parti plus large, ouvert à toute la gauche, suppose que chacun puisse se sentir représenté. Nous pensons que sa mutation tiendra à la mise en œuvre de deux évolutions majeures.

Il faut d’abord sortir du piège de la présidentialisation exclusive du parti qui conduit le plus souvent, à la crise. Pour cela, il faut organiser de véritables élections primaires au sein de notre électorat, à l’extérieur du parti, selon des règles d’ouverture large expérimentées par les gauches italiennes, pour donner au candidat désigné une pleine légitimité. Cela donne deux avantages : d’une part, associer notre électorat à la décision en le rendant parti prenante -et cela a bien été le sens de la vague d’adhésions que nous avons connue en 2006-, d’autre part, associer les autres partis à ce processus, en leur donnant la possibilité d’établir leur influence et de participer ensuite à une dynamique politique.

Ensuite, donner des fonctions nouvelles à notre parti à côté de ses missions fondamentales. Nous devons concevoir et construire un parti-réseau, qui associe en permanence les citoyens et les associations à ses définitions programmatiques, qui organise ses relais dans le monde économique et social, non sous la seule forme de la section « thématique », mais, en acceptant des associations temporaires autour de telle ou telle tâche, de tel ou tel projet, qui prend beaucoup plus en charge la communication sous ses formes multiples, se dote d’outils nouveaux, qui développe des services pour ses militants et sa base sociale, en réinventant l’éducation populaire, qui, enfin, et sans doute d’abord, accorde toute sa place au travail d’analyse pour comprendre et anticiper les évolutions du monde et de la société, ce qui suppose de rationaliser les outils aujourd’hui dispersés qu’il a à sa disposition et d’en créer d’autres.

Ce sont des conditions pour changer de taille critique, faire du parti socialiste autre chose qu’un rassemblement d’intérêts petits et grands ? Souvent locaux, pour résoudre le problème stratégique d’aujourd’hui.

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Voilà les raisons pour lesquelles les signataires de ce texte décident de travailler ensemble à la naissance de ce nouveau parti socialiste et de proposer cette démarche dans la forme d’un « pacte pour la reconstruction » à toutes celles et tous ceux qui ont conscience de la gravité du moment et qui partagent cette ambition.

Les premiers signataires  

« Pour un contrat de rénovation » :

Adam Patricia, députée du Finistère ; Baumel Laurent, responsable national aux études ; Bergounioux Alain, secrétaire national du PS aux études ; Bourguignon Pierre, député de Seine Maritime ; Cambadélis Jean-Christophe, député de Paris ; Demontès Christiane, sénatrice du Rhône ; Destot Michel, député de l’Isère ; Durain Jérôme, 1er fédéral de Saône et Loire ; Fioraso Geneviève, députée de l’Isère ; Hoffmann-Rispal Danièle, députée de Paris ; Joly Patrice, 1er fédéral de la Nièvre ; Lantoine Christophe, secrétaire général de “Rénover, maintenant” ; Launay Jean, député du Lot ; Le Bris Gilbert, député du Finistère ; Le Guen Jean-Marie, député de Paris ; Lemorton Catherine, députée de Haute Garonne ; Loiselet Eric, 1er fédéral de Haute Marne ; Mandon Thierry, 1er vice-président du Conseil Général de l’Essonne ; Marsac Jean-René, député d’Ille et Vilaine ; Mazetier Sandrine, députée de Paris ; Montebourg Arnaud, député de Saône et Loire ; Paul Christian, député de la Nièvre ; Roujas Gérard, sénateur de Haute Garonne ; Sabban Michèle, vice-présidente du Conseil Régional d’Ile de France ; Sutour Simon, sénateur du Gard ; Tasca Catherine, sénatrice des Yvelines ; Touraine Marisol, députée de l’Indre et Loire ; Urvoas Jean-Jacques, député du Finistère ;

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